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Congrès de SUD-Éducation : une véritable alternative syndicale ?

Le jeudi 10 septembre 1998.

À l’issue du congrès de constitution de la fédération SUD-Éducation, nous avons rencontré les deux délégués du syndicat PAS 38 (Pour une alternative syndicale), qui nous ont fait part de leurs positions, de leurs critiques.



En tant que syndicat invité, nous avons donc assisté au congrès fondateur de la fédération SUD-Éducation, qui s’est déroulé les 29, 30, 31 mai et 1er juin, à la Bourse du travail à Lyon. Vingt syndicats étaient représentés, ce qui constitue actuellement, au regard des mandats, environ 1 200 adhérents. Des syndicats ont estimé prématurée la tenue de ce congrès du fait de leur création trop récente et du rythme trop rapide de construction nationale. Quelques syndicats, n’ayant qu’une poignée d’adhérents, n’ont pu avoir de mandat du fait de leur création trop récente. Ce congrès a également accueilli de nombreux invité venus saluer et encourager la création de la fédération SUD-Éducation : SUD-PTT et SUD-Rail ; un représentant de la CGT espagnole, un représentant de l’Unicobas italien, un représentant de la coordination des MA, un de la branche enseignement de la CGT…

Tout au long de ce congrès, les possibilités de débat ont été réelles et intéressantes. Les textes ont été discutés et les délégués ont pu argumenter leurs positions de façon tout à fait appréciable. Les différentes conceptions de l’alternative syndicale ont pu véritablement apparaître et les points de divergences que nous avions soulevés au cours des réunions précédentes se sont confirmés.

La souveraineté de l’AG n’a pas été retenue comme critère essentiel d’organisation d’un syndicat ni de la fédération, au nom du « respect de la diversité de fonctionnement des syndicats, et pour ne pas imposer à tous les syndicats SUD le fonctionnement en AG souveraine », alors que la majorité des syndicats présents s’est constituée sur ce critère essentiel.

Ce point a d’ailleurs été souligné dans l’intervention de SUD-PTT qui a rappelé qu’il était vital que la fédération SUD-Éducation soit structurée comme une fédération centralisée, tout comme l’est la fédération SUD-PTT !

Nous avons retrouvé dans cette intervention ce que nous avons toujours dénoncé, soit dans les centrales que nous avons quittées soit dans les débats antérieurs : une lutte de courants oppositionnels à coups d’amendements, de négociations de virgules, ou de commissions de congrès rédigeant une dernière mouture habile permettant aux plus nombreux, mais surtout aux plus « avisés » d’emporter le morceau et aux autres d’être musclés, au nom du « respect de la différence ».

Démarches différentes

Ce n’est radicalement plus ce que nous voulons.

Nous ne voulons pas d’une fédération qui se construit autour d’un « exécutif qui sera le bras armé du conseil national », laissant loin des débats centraux, l’ensemble des adhérents.

Qu’est-ce qu’un syndicat alternatif si son fonctionnement met en place les verrous qui limitent le droit de chaque syndiqué à un simple droit de regard ? Qu’est-ce qu’un syndicat solidaire qui évacue des statuts du syndicat et de la fédération l’idée et le terme de souveraineté de l’AG, déjà retenu par les structures locales qui vont le composer ?

Dans ces conditions-là nous ne construisons effectivement pas la même alternative syndicale car nous ne faisons pas les mêmes analyses des centrales quittées. Et dans ces conditions-là, nous ne pouvons pas envisager de fusionner structurellement.

Pour nous, il y a nécessité mais il n’y a pas urgence à être représenté nationalement. Nous affirmons l’importance du temps nécessaire aux débats sur le fonctionnement, alors qu’il a été sacrifié. Apparaît alors la prédominance à vouloir reproduire le fonctionnement et la structure des centrales que nous avons tant dénoncés.

Pourtant depuis deux ans, nous avons eu des échanges riches avec certains syndicats locaux qui sont proches de notre démarche de construction ; ceux-ci privilégient le travail syndical local et les possibilités de convergences, d’échanges avec d’autres syndicats.

Nous avons besoin d’un syndicalisme efficace, capable de réagir aux mauvais coups portés par les politiques. Mais nous ne voulons pas, au nom de l’efficacité, sacrifier les principes qui privilégient la place de l’individu dans les débats, les revendications et l’action. Nous avons rompu avec le syndicalisme de délégation et de manipulation. Nous travaillons à la construction d’un syndicalisme différent. Ce n’est pas par la magie d’un label, fût-il nouveau, que nous aurons la garantie d’une démarche syndicale alternative.

Philippe et Lisbeth





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