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Gayssot-Pons même combat ; Juppé-Jospin même destin ?

Le jeudi 15 octobre 1998.

« Le service public est un enjeu de civilisation. S’opposent (actuellement) une conception figée du service public et une conception plus démocratique, plus ouverte (par exemple). J’ai proposé une certaine ouverture du capital d’Air France. »

J-C Gayssot



Ma pôvre dame, ils ne respectent plus rien. Jean-Claude Gayssot s’est fait siffler, huer il y a quinze jours à Grenoble par des gens (selon la terminologie en cours au PCF) qui, selon leurs chefs, savent à peine lire et écrire : des cantonniers ! Ces fainéants qui dorment dans les fossés en été. Pourtant, il était venu leur annoncer une bonne nouvelle : la « création » de 400 emplois ! Mais les cantonniers en question savent compter. Le budget 1999 supprime environ 490 postes contre 900 en 1998.

Accueilli (par ses camarades de la CGT) aux cris de « Pons-Gayssot même combat, non aux suppressions d’emplois, non aux privatisations », le ministre a dû demander aux travailleurs d’être raisonnable. Mais il a beau faire des risettes, des discours lénifiants et mettre en avant son étiquette politique : les cantonniers — comme beaucoup d’autres — s’en foutent, seuls les résultats comptent et ils ne sont plus dupes !

Pour un service public libertaire

La politique de casse des services publics a été mise en place par la gauche au milieu des années 80, renforcée par les différents ministres et confirmée par la gauche plurielle (Gayssot à l’Équipement, Voynet à l’Environnement). Les heures supplémentaires augmentent, les « précaires » réapparaissent et dans l’Équipement, par exemple, 16 000 emplois ont disparu en quelques années. La future mise en place des 35 heures se fera — comme dans le privé — en échange d’un effort de « modernisation » : réductions d’effectif, pertes de salaires, création d’emplois précaires, fermeture de subdivisions rurales. Les technocrates de la gauche plurielle n’ont que le choix des propositions.

Même si le terme peut choquer (service public étant assimilé à l’appareil d’État), la bataille pour l’égalité sociale passe par le combat en faveur de services publics efficaces : éducation, santé, transports, distribution de l’énergie, communication, logement, services de proximité urbains. Les anarchistes doivent en profiter pour expliquer que la disparition de l’État et du capitalisme n’est pas incompatible avec la renaissance de services publics de qualité. Nous devons démontrer qu’il est possible, dès aujourd’hui, de combattre pour l’égalité sociale en améliorant au quotidien les services qui nous sont dus : le droit à un logement décent, la gratuité des transports, des soins pour tous… mais j’arrête là les évidences afin d’y travailler concrètement à mon boulot, dans mon quartier.

L’homme « orange »





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