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éditorial du n° 1543

Le jeudi 12 février 2009.

La jobardise des idéologues dorés sur tranche qui nous gouvernent se conjugue de plus en plus avec un cynisme effarant. Voyez plutôt. Selon ces cuistres, si des millions de salariés et de chômeurs manifestent de plus en plus ouvertement leur volonté de ne plus être sacrifiés sur l’autel du capital, c’est — disent-ils — à cause d’un déficit de… pédagogie. N’étant à une contradiction près, ces créatures atteintes de psittacisme cognent sur l’école — dans une acception large — pour l’aligner le plus vite possible sur le nec plus ultra de leur modèle, le marché bien entendu.

Conséquence de quoi, depuis les lointaines Antilles (bravo aux Guadeloupéens et Martiniquais en lutte) jusqu’aux quartiers germanopratins tous les individus sont sommés de se prosterner devant Niconducator et sa pédagogie de la « réforme ». C’est que, dame, ne sommes nous pas — sous différentes latitudes — des millions de feignants à nous être accoutumés au farniente permanent ?

Bref, sous la férule de leur maître une kyrielle de répugnants propagandistes veut lobotomiser le cerveau des masses réfractaires pour les soumettre à sa doxa. Observons que s’il est relativement facile d’identifier les objectifs poursuivis par le pouvoir et ses nombreux « passe-plat », tout autant le décryptage des stratégies des syndicats confédérés est simplissime. Ces faux amis des travailleurs redoutent comme la peste un mouvement qui s’émanciperait de leur pesante tutelle. La méthode pour arriver à leurs fins consiste à jouer au petit régulateur des crues en transformant la rue en une sorte de bassin déversoir recueillant les flots composés par toutes les victimes des orages capitalistes.

Lorsque vous lirez cet article, la date d’une nouvelle ouverture des vannes, euh pardon d’une nouvelle « journée nationale d’action pouvant aller jusqu’à la grève accompagnée de grandes manifestations » aura été choisie par ces noyeurs de luttes. Sans doute la perspective de ce modeste délestage d’eau de colère foutra à zéro le trouillomètre de François le jaune ou d’un autre patron (!) d’un syndicat « historique », auquel cas, de soulagement le restant de nos lutteurs d’opérette s’épongera le front pouvant arguer qu’à cause de cette entourloupe très… prévisible le front syndical est rompu, conséquence de quoi nous devons tous retourner au ruisseau. Il n’empêche, toutes ces pitoyables manœuvres seront impuissantes à canaliser le flot montant, flot qui un jour ou l’autre fracassera tous les barrages érigés devant lui.





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