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Un Militant : Albert de Jong

septembre 1970.

par Jean Barrué



Nous avons appris, par nos camarades de la Fédération Socialiste libertaire de Hollande, la mort d’Albert de Jong dont le nom évoque les luttes anarchistes d’un demi-siècle. Voici l’article que lui a consacré dans Vrij Nederland (La Hollande libre), organe de la gauche indépendante (tirant à 1000 000 exemplaires) A.-L. [Anton Levien] Constandse, auteur d’ouvrages sur l’anarchisme et sur Bakounine :

« Le 28 juillet 1970, dans sa maison d’Heemstede (Hollande), est mort Albert de Jong, un des plus vieux et des plus fidèles représentants des idées anarcho-syndicalistes. Né en 1891 et acquis encore jeune aux idées de Domela Nieuwenhuis, de Jong devint un des militants les plus actifs — orateur et écrivain — du mouvement antimilitariste et anarchiste.

De Jong fut un propagandiste inlassable du Vrij Socialiste, journal dont Domela était l’éditeur et le rédacteur principal et il fit connaitre l’œuvre de Domela mort en 1919, en publiant un choix de ses écrits ainsi que son autobiographie : De Chrétien à anarchiste.

Pendant et après la Première Guerre mondiale il se fit l’apôtre des idées antimilitaristes : Pas un homme, pas un sou ! refus du service militaire ! C’est lui qui, avec Bart de Ligt, organisa en 1921 l’“Action-Groenendaal” pour obtenir la mise en liberté du réfractaire Herman Groenendaal qui faisaient la grève de la faim. De Ligt et de Jong furent arrêtés et condamnés pour appel à la révolte. Avec Arhur Lehning qui militait dans l’Union antimilitariste internationale (IAMV), ils furent l’âme du Bureau international antimilitariste (IAMB) qui essaya de coordonner l’action des forces pacifistes. Ils trouvaient des partisans dans les mouvements anarcho-syndicalistes et en particulier en Espagne. De Jong — tout en continuant son métier de sténographe — assura durant de longues années la rédaction de l’hebdomadaire De Syndikalist.

À l’annonce de le Seconde Guerre mondiale, de Jong réussit à faire transporter en Angleterre un capital important qui servit en 1945 à l’édition du périodique Buiten de Perken de caractère théorique et informatif. Tant que ce journal pu paraitre, de Jong eut comme corédacteur son fils Rudolf qui a publié un livre sur la guerre civile espagnole, et en 1965 avec la collaboration d’Igor Cornelissen et de Ger Harmsen un ouvrage documentaire sur le socialisme entre les deux guerres. Dans ce périodique, de Jong a donné des mémoires d’un grand intérêt historique et il ne faut pas oublier qu’il est aussi l’auteur de toute une série de publications sur l’anarcho-syndicalisme. La mort de de Jong met un point final à toute une période de l’histoire sociale s’étendant sur soixante ans.

La renaissance des idées libertaires, l’intérêt qu’elles éveilent de nouveau ont été une des dernières joies d’Albert de Jong qui leur a consacré toute une vie de fidélité inébranlable. jusqu’à la fin, de Jong a été actif et optimiste et il s’était résigné à sa mort prochaine avec un grand calme de l’esprit et une acceptation philosophique. »

Les Troubles d’Amsterdam

Notre correspondant de la Fédération libertaire hollandaise nous communique quleques renseignements sur les incidents de la dernière semaine d’aout ainsi qu’un article paru à ce sujet dans De Volkskrant, du 2 septembre 1970. De nombreux jeunes Hollandais et de divers pays avaient pris l’habitude de se réunir au cœur d’Amsterdam, sur le Dam, autour du Monument national (40-45) : ils vendaient des bibelots, jouaient de la guitare et y dormaient. Le maire socialiste Samkalden décida de « dégager » la place et d’interdire ce genre de stationnement sous prétexte de saleté, mendicité, colportage, gêne à la circulation, indécence, etc. Comme le titre du journal cité plus haut : « Un simple geste d’autorité a suffi pour déchainer une explosion de haine contre les Damslapers » (les dormeurs du Dam). Les gens corrects, décents et conformistes ont participé à un véritable pogrom contre cette jeunesse non conformiste. La police a été aidée par les bourgeois bien pensants, par l’infanterie de marine et par les souteneurs qui bénéficient sans doute de « tolérances » spéciales.

Nous reviendront plus longuement sur ces incidents dont la portée dépasse singulièrement le cadre local.

[Jean Barrué]


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