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L’UAS disparait…

vive l’anarcho-syndicalisme
septembre 1970.

Il y a une dizaine d’années, quelques camarades anarchistes, militant dans les syndicats, décidaient de se regrouper au sein de l’Union des anarcho-syndicalistes dont ils précisaient ainsi l’objectif :

« L’UAS est l’outil, le moyen d’organisation qu’ont choisi des anarcho-syndicalistes pour organiser leur tendance dans la classe ouvrière, et plus particulièrement dans les syndicats. »

Patiemment, au fil des ans, des contacts s’établirent, des groupes se formèrent. Un bulletin publié régulièrement (nous en sommes au 100e numéro) aida à l’implantation de l’UAS.

Disposant d’un réseau solide d’abonnés, cette publication a permis à de nombreux camarades de faire connaissance avec l’anarcho-syndicalisme, et par voie de conséquence avec l’anarchisme.

Certes, nous ne sommes pas devenus une organisation de masse, capable d’entrainer à l’action de larges fractions de la classe ouvrière. Notre intention n’était d’ailleurs pas celle-là.

Mais l’organisation fédéraliste de l’UAS, les assemblées fréquentes entre militants, la confrontation permanente des opinions au sein de l’union, lui ont donné les moyens d’intervenir positivement, à plusieurs reprises, tant dans le mouvement ouvrier organisé que dans les luttes engagées par les travailleurs.

Cela ne veut pas dire que la vie interne de l’IAS était sans nuages ! Depuis deux ans, l’UAS n’a pas échappé aux conflits d’idées qui ont agité l’ensemble des groupes et mouvements révolutionnaires. Mais les adhérents de l’union, parce qu’ils sont libertaires, ont accepté les divergences comme des raisons supplémentaires de continuer leurs travaux de recherches, leurs analyses, afin de dominer cette situation, plutôt que d’appliquer la solution de facilité, la scission.

C’est ainsi que l’assemblée générale de 1969, constatant ces divergences, décidait la poursuite de la discussion, en rejetant l’idée de séparation qui commençait à gagner quelques-uns d’entre nous.

Car un fait nouveau plaçait l’UAS devant un choix.

la constitution de l’ « Alliance syndicaliste révolutionnaire et anarcho-syndicaliste » (c’est-à-dire d’un nouveau mouvement présentant de nombreux points de convergence avec l’UAS) démontrait que les possibilités de l’anarcho-syndicalisme grandissent, mais posait le problème de la coordination entre militants se réclamant des mêmes idées fondamentales.

Au mois se septembre 1970, après plusieurs contacts avec l’ASRAS, l’UAS a pris une décision heureuse, et qui, je pense, devrait être accueillie très favorablement par tous les anarcho-syndicalistes.

Cette décision est contenue dans la résolution suivante :

« L’UAS, réunie en assemblée générale les 5 et 6 septembre 1970 ; à Chef-Boutonne (Deux-Sèvres), après avoir analysé l’état de l’implantation de notre tendance dans la classe ouvrière et dans les régions ; après avoir examiné le problème posé par le regroupement national des “anarcho-syndicalistes et syndicalistes révolutionnaires antiautoritaires” (ASRAS) décide :
- 1° de fusionner avec l’ “Alliance syndicaliste” ;
- 2° que le bulletin L’Anarcho-syndicaliste continue de paraitre en se transformant officiellement en tribune libre de discussion des anarcho-syndicalistes.

L’intégration complète de ce bulletin dans “L’Alliance syndicaliste” sera étudié ultérieurement au cours d’une réunion nationale.

L’AG de l’UAS fait appel à tous les militants anarcho-syndicalistes et syndicalistes révolutionnaires antiautoritaires pour hâter le regroupement de notre tendance, pour renforcer l’impact des idées socialsites libertaires dans la classe ouvrière.

l’AG demande qu’une prochaine conférence nationale de l’alliance syndicaliste examine très attentivement la parution d’un journal d’action et d’expression anarcho-syndicaliste, journal dont les camarades ont besoin dans les entreprises.

Les camarades qui ont participé à cette assemblée générale sont convaincus que cette fusion contribuera au regroupement de tous les syndicalistes révolutionnaires antiautoritaires, étape indispensable à la constitution d’un mouvement ouvrier authentique. »

Cette position n’est pas dictée par le souci de l’unité à tout prix. Elle correspond aux besoins du moment, et aux possibilités nouvelles que mai 1968 a mis au jour.

« Étape indispensable », disons-nous dans la résolution.

D’autres étapes, aussi indispensables, devront progressivement suivre.

Car nous connaissons de nombreux camarades qui hésitaient à s’engager, prétextant la dispersion des efforts.

Ils peuvent constater que, désormais, le processus de disparition de cette dispersion est amorcé. Leur adhésion active à la nouvelle association pourra contribuer à une coordination encore plus efficace.

Joachim Salamero


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