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Italie

Umanita nova au cours du siècle

Le jeudi 25 mai 1995.

Devant la masse d’articles de présentation de journaux anarchistes reçus pour le supplément au n° 1000, nous avons dû effectuer des choix.

Nous vous livrons ici l’historique d’Umanita Nova, hebdomadaire de la Fédération anarchiste italienne.



Umanita Nova naît en 1920 comme quotidien anarchiste, dans une période d’une importance capitale pour le développement du mouvement anarchiste organisé de langue italienne.

Il naît en conclusion de tout un débat qui traversa le mouvement, par rapport aussi à la présence des autres périodiques existants à l’époque, et qui à la fin saisissent l’occasion d’une collaboration, aussi sur des positions distinctes, entre toutes les forces anarchistes, pour éditer le quotidien Umanita Nova, dont le directeur sera plus tard Errico Malatesta.

Dès le début, pourtant, il y eut une tentative de sabotage, la livraison de papier étant empêchée, même quand elle était déjà payée, par les papeteries, toutes sous contrôle gouvernemental. Ce sont les mineurs du Valdarno (Toscane) qui, utilisant la menace de la grève dans les mines de lignites fournisseuses des papeteries, imposèrent la livraison ponctuelle du papier pour Umanita Nova. On arriva rapidement au tirage de 50 000 exemplaires.

Durant la période des occupations d’usine en 1920 Umanita Nova est au côté des travailleurs. Avec l’avénement du fascisme et le carcan qu’il impose, la vie d’Umanita Nova devint quasi impossible. Il ne parvient pas en province, comme l’ensemble de la presse antifasciste il est détourné à la poste ; les revendeurs sont agressés et bastonnés. À cause de tout cela, Umanita Nova est contraint, en août 1922, de devenir hebdomadaire.

Après les années du fascisme, de l’exil, de la guerre d’Espagne… on commence, avec la résistance, à reparler d’Umanita Nova, avec en parallèle la volonté de réorganiser le mouvement. Il est donc décidé de publier Umanita Nova dans le maquis.

Au congrès de fondation de la Fédération anarchiste italienne, en 1945 à Carrare, il fut discuté de la publication à Rome d’Umanita Nova hebdomadaire comme instrument de propagande et de discussion à l’intérieur de l’ensemble du mouvement. De cette époque à nos jours, ce titre a tant bien que mal représenté la plus grande part du mouvement d’inspiration libertaire dans toutes ses contradictions, présent avec des fortunes diverses dans le monde du travail, dans la culture de gauche, dans les mouvements de lutte, dans les manifestations des antagonismes de classes.

Umanita Nova, hebdomadaire depuis l’après-guerre, a été témoin de ce qui s’est produit de notable dans la société italienne, dans la gauche, dans le mouvement anarchiste lui-même tout au long de ces années.

Umanita Nova continue à vivre, depuis 1920, exerçant une fonction de contre information, agitation et propagande anarchiste et libertaire, refusant même le plus minime financement privée ou d’État, chose pas du tout anodine compte-tenu du monopole et de la concentration de l’information actuellement en vogue.
Et c’est pour cela aussi que comme structure effectivement autogérée, pour sa subsistance, dans son organisation interne, et dans ses collaborations, pour l’univers et les objectifs de lutte des mouvements autogestionnaires et libertaires, qu’il se révèle être un espace hebdomadaire de mise en relief pour tout ceux qui continuent à nourrir un fort désir d’affranchissement, de liberté et d’égalité, surtout dans cette vie particulière de la société italienne dont le fantomatique passage de la première à la seconde République (à part une ultime avancée de la domination et de l’exploitation) voit augmenter à travers les moyens de communication de masse un fort conformisme politique et social qui a, entre autres objectifs, celui d’étrangler toute forme de contestation.

« Umanita Nova »





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