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articles du ML1205

du 11 au 17 mai 2000
Le jeudi 11 mai 2000.

https://web.archive.org/web/20031229193940/http://federation-anarchiste.org/ml/numeros/1205/index.html

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Précaires, chômeurs, salariés

Ne laissons pas les patrons dicter leur loi

Le nouveau rapport de force qui est en train de s’esquisser sur l’initiative du MEDEF est une offensive sans précédent. Le MEDEF a proposé une « refondation sociale » qui a tout d’une dégradation sociale programmée. Il invite donc les syndicats les jours qu’il veut, à l’heure qu’il veut, à domicile, pour évoquer ses propositions avec l’épée de Damoclès de son départ de toutes les institutions paritaires à la fin de l’année si les syndicats refusent cette discussion qui n’en est pas une. On a là un patronat arrogant qui profite d’un rapport de force que lui donne le chômage, la précarité et la concurrence syndicale… tout cela avec la bénédiction du gouvernement qui ne dit rien et ainsi consent.

Les garanties salariales battues en brèche

Depuis deux décennies, plusieurs attaques ont été formulées contre les protections sociales et juridiques inclues dans le salariat. Ainsi des espaces de plus en plus grands ont été aménagés dans le code du travail pour accroître la précarité et la flexibilité du travail. L’autorisation de licenciement a disparu. Des contrats de sous-emploi se sont développés comme les contrats de qualification ou les contrats de retour à l’emploi. En fait, sous prétexte de lutte contre l’exclusion, les gouvernements de droite comme de gauche ont multiplié les atteintes aux garanties salariales notamment avec tous les dispositifs qui font que le sous-emploi et le temps partiel imposé se sont énormément développés (contrat emploi solidarité, contrat emploi consolidé et autres). Surtout, des offensives pratiques ont eu lieu. Quand la précarité se développe dans les faits, les protections juridiques existantes deviennent inopérantes car le droit ne tient compte que des rapports de force.

Il s’agit cette fois de s’attaquer au cœur même du dispositif, à savoir le contrat de travail, le code du travail et la protection sociale. En ce sens, le MEDEF met le paquet pour ce qui pourrait s’avérer être un des tournants dans les relations sociales et dans la condition salariale.

Concernant le code du travail, deux mesures sont proposées : le contrat à durée déterminée ou contrat de chantier et le contrat à durée déterminée de cinq ans. À travers ces deux initiatives, c’est le contrat de travail à durée indéterminée qui est mis en cause alors qu’il est le pivot qui organise la protection juridique des travailleurs. Il organise sûrement en même temps leur exploitation mais y fixe des limites qui ont souvent été acquises de haute lutte. Du coup, cela permettrait de s’émanciper de toute la protection du code du travail qui ne concerne que les CDI. Le contrat de chantier, c’est celui qui existe par dérogation dans le bâtiment, à savoir que les personnes sont embauchées pour une mission ou un projet sans considération des heures de travail, ni d’une durée assurée. Le travail dure le temps que l’objectif soit assuré. C’est ni plus, ni moins le travail à la tâche. La généralisation de ces contrats pour tous les travailleurs amènerait une flexibilité et une précarité absolue. En fait, ce sont les prémices d’une suppression progressive du salariat pour aller vers des contrats de collaboration qui s’apparentent à un contrat commercial. L’antagonisme de la relation est nié et le droit du travail est foutu au panier. Il y a bien disparition du salariat mais par le bas, alors que les travailleurs ne peuvent que souhaiter une disparition du salariat par le haut, c’est-à-dire dans l’autogestion.

L’entreprise fait sa loi

Quant au contrat à durée déterminée de cinq ans sans motif nécessaire (remplacement, maladie…), le patronat demande l’application du statut des emplois-jeunes de la fonction publique dans les entreprises. L’État de gauche innove et le patronat en redemande !

Mais le patronat va encore plus loin puisqu’il propose aussi de faire de l’accord d’entreprise la seule référence légale pour le travail en y soumettant la loi. Son projet de « constitution sociale », c’est de faire en sorte que les patrons fassent la loi dans tous les sens du terme. Il veut que les accords conclus dans l’entreprise soient plus forts que la loi, l’inverse de la situation actuelle. C’est la déréglementation généralisée du salariat. C’est se retrouver, pour les travailleurs, dans la situation du début du mouvement ouvrier au milieu du XIXe siècle. Certes, on peut recommencer et surtout essayer de faire mieux mais la situation actuelle n’emporte pas des espoirs démesurés.

Concernant la protection sociale, le patronat propose de liquider l’indemnisation des chômeurs avec le dispositif des CARE et de mettre en pièce les assurances maladie et les retraites. Les CARE, ce sont des contrats de retour à l’emploi de façon à contraindre les chômeurs d’accepter des sous-emplois et de soumettre l’indemnisation à l’acceptation du travail forcé. Le patronat ne supporte plus l’indemnisation « passive » qui lui revient cher d’après lui. Alors il propose que les chômeurs soient mis en formation ou en sous-emploi avec une suppression des aides si jamais il y a un refus. C’est pour cela que les discussions sur la convention UNEDIC sont centrales car si ça passe à ce niveau, il y a un risque que l’ensemble du projet passe. La riposte se prépare, notamment avec la manifestation organisée le samedi 20 mai à Paris par les organisations de chômeurs, essentiellement en dehors des syndicats dont aucune fédération (si ce n’est la FSU) n’appelle à cette manifestation nationale.

En effet, face à cette offensive, les syndicats semblent dociles et calculateurs. Aucun syndicat, ni porte-parole n’a refusé la discussion. Les plus réformistes, comme la CFDT ou la CFTC, allant jusqu’à se dire intéressés. Leur crainte que le paritarisme, et donc leur principale source de financement, soit mis en cause, suffit à obtenir leur participation à ce Waterloo social.

Il faut donc lutter à l’intérieur des syndicats et en dehors pour que les syndicats ne participent pas à ce massacre. Ou alors, cela voudra dire que les directions syndicales ne tiennent qu’à leur propre pérennité. En tout cas, elles feraient bien de se méfier car l’ambiance actuelle est à la contestation que ce soit dans la fonction publique ou sur les 35 heures.

De même, les syndicats radicaux ne cessent d’affirmer leur succès comme on a pu le voir le 1er Mai à Paris. La base finit toujours par imposer ses vues, comme on a pu le voir aussi dans le conflit des postiers. Et les anarchistes mettront tout leur poids pour amplifier cette radicalité nouvelle et à venir.

Most


colloque FA du 30 avril

Des perspectives pour l’anarchisme

Sans présenter un panorama exhaustif de l’investissement des militants de la Fédération anarchiste, le colloque qui s’est tenu à l’AGECA le 30 avril 2000 à Paris n’en a pas moins livré un raccourci significatif. Au menu de la journée, les trois sujets abordés : le jubilé de l’église catholique, la précarité et les services publics recoupent les préoccupations anarchistes. Militants, intervenants et sympathisants ont tenu à réfléchir et échanger leurs pratiques sur ces thèmes. Il est ressorti des discussions la nécessité d’une approche sociétaire et libertaire globale.

Le retour en force de l’autorité et de la soumission

À l’évidence, le reflux des « grands mythes collectifs (associations, syndicats…) » dont les journaux bien-pensants nous ont abreuvés depuis une vingtaine d’années, laissent place nette au repli sur un système de valeurs individuelles. La contrepartie du discours sur les « gagneurs » des années 80 fut l’intériorisation de la misère, vécue comme un échec personnel face à une société d’abondance, les gouvernements successifs consacrant la fin du chômage zéro et l’installation de la misère endémique. La précarité, comme son nom ne l’indique pas, est conçue pour durer. Rmistes, intérimaires, chômeurs, emplois-jeunes, CEC, CES, sans papiers constituent l’essentiel d’un dispositif qui vise à pérenniser la misère dans une économie où les profits explosent. C’est le moment où l’église catholique, mais plus encore les vendeurs de spiritualité, sont appelés à la rescousse pour entériner le statu-quo social. Ce triumvirat (État, patrons, curés) de plus en plus arrogant recompose les relations sociales qu’il entend nous imposer : atomisation de l’individu, essor du contrôle social, criminalisation croissante du mouvement social, acceptation des conditions de vie présentes, le tout saupoudré d’une dose de charité chrétienne.

L’apprentissage de la liberté

La chute du mur de Berlin a marqué la fin d’une bipolarisation politique autour des schémas marxiste et capitaliste. Les tenants du système règnent en maître sur les rouages de la société. Ils ont réussi à transformer leurs anciens adversaires en partenaires sociaux (c’est-à-dire ceux qui jouent le même jeu). L’ATTAC, forte de ses dizaines de milliers d’adhérents, en est réduite à discuter du tarif auquel le capitalisme est humainement acceptable. Quelle dérision ! Il existe cependant un pôle de radicalité fortement imprégné par la culture et les pratiques libertaires qui doit œuvrer au quotidien pour prendre et faire vivre la parole confisquée.

Des membres de collectifs de chômeurs et précaires ont tenu à présenter leurs luttes au quotidien. L’ensemble du mouvement social embryonnaire doit faire face aux pièges de la délégation de pouvoir, de la médiation de la lutte par des structures représentatives, sortir de l’ornière localiste et parcellaire. Il a de plus à inventer des moyens de luttes permettant la prise de décision collective et le contrôle de ses représentants.

De plus, pour les anarchistes, la lutte sociale est un moment privilégiée où l’individu se construit : refus de la soumission, acquisition d’une dignité bafouée, lutte pour l’égalité sociale dans la liberté. Espérons que cette journée où nous avons échangé points de vue et expériences aura contribué à enrichir nos expériences et fortifier nos actions futures.

Bruno. — groupe de la Villette


Nouvelle attaque contre la Formation professionnelle

[ article manquant : https://web.archive.org/web/20031229193940/http://federation-anarchiste.org/ml/numeros/1205/article_4.html ]


Du bon usage gouvernemental de l’islam

La lutte actuelle que les anarchistes mènent (trop souvent seuls hélas) contre le jubilé et le catholicisme ne doit pas nous faire oublier que ce sont toutes les religions que nous combattons. Et on peut le dire, avec juste raison ! Parmi toutes les variantes de l’obscurantisme, bien que minoritaire en France mais majoritaire dans la population immigrée, l’Islam n’en est pas la moins dangereuse. L’actualité du premier mai justifie encore une fois notre analyse et notre combat. Passée inaperçue pour cause de manifs traditionnelles et de muguet, s’est pourtant tenue, au Bourget, là aussi c’est une tradition, la 17e rencontre de l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF). Cette union serait la représentante en France de la tendance fondamentaliste de l’Islam, que certains annoncent proche de la fraction modérée (sic) des frères Musulmans. Tout un programme, on le devine, de joie de vivre et de tolérance ! En fait, c’est plutôt une affirmation d’un Islam pur et dur, cette rencontre étant une manifestation identitaire avec moult jeunes gens barbus et jeunes femmes voilées…

Barbus et État font bon ménage

Bien sûr, on n’y a pas prôné le Jihad (la guerre sainte), mais c’est bien un Islam de combat, de prosélytisme qui y a été défendu. Et ça ressemble comme deux gouttes d’eau à la re-évangélisation proclamée par l’Église. En bref, tout cela participe de la reconquête religieuse, ce fameux retour du sacré, et rien que cela suffit à nous hérisser le poil. Les religions pratiquent l’union sacrée (elles ne s’attaquent pas aux mêmes créneaux et ne sont donc pas en concurrence) pour faire reculer encore plus une laïcité qu’elles n’ont jamais réellement admise.

Mais ce n’est pas le plus grave, en l’occurrence : « Adepte d’une symbiose entre laïcité et fondamentalisme musulman [ben voyons], l’UOIF, très présente sur le terrain des banlieues [tiens, tiens] mais privée de mosquée prestigieuse, a décidé de soutenir le processus du ministère de l’Intérieur qui a entamé, le 28 janvier, une grande consultation en vue de créer une instance représentative de l’Islam de France. D’autant qu’un de ses penseurs, le théologien Tariq Ramadan (le bien nommé et petit-fils du fondateur des Frères Musulmans, basés à Genève), a récemment lancé un appel pour prendre au mot le ministre de l’Intérieur. Représenté par son conseiller Alain Billon, celui-ci a insisté sur le retard historique de l’Islam par rapport aux autres religions, que la consultation pourrait permettre de combler. » (Libération du 2 mai).

Ce n’est pas la première fois que nous dénonçons dans ces colonnes le marché qu’est en train de passer l’État avec les imams. Nous voyons qu’il n’est pas loin d’être signé. Grosso modo, et pour résumer, l’essentiel de ce pacte consiste à échanger la paix sociale dans les banlieues contre la prise en mains par les barbus de la jeunesse immigrée. Faut pas chercher ailleurs, tout ce que l’État demande aux frérots, c’est de tenir d’une main de fer, à coups de sourates ou de bâtons, une jeunesse désespérée trop encline à se révolter. Autant leur promettre le paradis d’Allah, puisqu’on est incapable de leur donner des perspectives de s’en sortir. Et cette fameuse consultation (qui est consulté ?), ce ne sont jamais que les tractations que le gouvernement conduit avec des interlocuteurs soigneusement choisis.

L’argent est grand !

L’appel du pied des frères musulmans, c’est avant tout une façon de dire qu’ils sont prêts à aller à la soupe. On oublie un peu trop qu’il y a beaucoup d’argent en jeu, notamment par la délivrance du certificat « Halal », ce qui veut dire autorisée, nourriture compatible avec le Coran notamment.

Chaque fois, par exemple, qu’une bête est abattue selon le rite musulman, il faut la présence d’un imam pour le certifier, moyennant bien sûr espèces sonnantes et trébuchantes. Et c’est valable pour toute la bouffe… Et plus il y a de religiosité, plus les croyants feront attention et plus il y aura de certificats à délivrer, un vrai pactole. Allah est grand et le tiroir-caisse aide le prophète ! Et qu’on ne nous fasse pas le coup du respect des populations immigrées qui ont le droit (c’est vrai) comme les autres à pratiquer leurs religions. Si vraiment l’État respectait les immigrés, il y a belle lurette qu’il leur aurait accordé des titres de séjour illimité et le droit de vote, qu’il aurait fait cesser les discriminations à l’embauche, qu’il combattrait sérieusement le racisme (à commencer chez ses flics) et qu’il aurait donné des vrais boulots aux jeunes des quartiers.

Le respect, il ne passe pas par la construction et la multiplication des mosquées et des écoles coraniques. Ça, c’est pour mieux encadrer une jeunesse qu’on veut garder bien sage et à sa place dans le ghetto. Les imams seront les nouveaux éducateurs de rue et les nouveaux auxiliaires de police pour faire régner l’ordre dans les cités.

Après l’alliance du sabre et du goupillon, voici venue l’alliance de la matraque et du Coran !

Éric Gava. — groupe de Rouen


Syndicalistes menacés

La CGT mobilise à Nîmes

Ils venaient de partout : de région parisienne, de Bretagne, de tout le Languedoc-Roussillon, de la région PACA, de Vénissieux… par bus, par train, en voiture… pour former un cortège rouge et jaune, les couleurs de la CGT. Cette affluence de militants syndicaux à Nîmes le 4 mai était due à un procès en appel. Ce procès est celui des « dix d’Alès ».

Mais d’abord, il faut résumer des faits qui remontent à 1996 et qui se placent dans le cadre des mouvements de 1995. Après trois semaines de grèves, les agents communaux de la mairie d’Alès entament des négociations avec leur employeur. Au cours de la troisième rencontre, le maire interrompt les négociations alors qu’il avait promis la signature d’un protocole d’accord. Le 30 janvier 1996, un nouveau mouvement de grève est déclenché par la CGT et un rassemblement se tient dans le hall de la mairie cévenole.

La police municipale empêche les manifestants de rencontrer le maire dont le frère intervient en arrosant tout le monde avec une bombe lacrymogène. S’ensuit alors le blocage de dix élus municipaux retenus par les manifestants qui évacueront les lieux le soir même. Les élus portant plainte, les « dix d’Alès » vont écoper de sanctions qui vont de six mois à un an de prison et une amende cumulée de 130 000 francs.

C’est dans le cadre d’un appel de cette sanction que la centrale syndicale de Montreuil avait mobilisé ses troupes. Il est vrai que cette tendance à la criminalisation de l’action syndicale devient une tendance lourde. Et encore faut-il rappeler que les syndicalistes ne sont pas les seuls touchés par la justice et la répression : il y a ceux qui protestent contre les conditions carcérales, les soutiens aux sans-papiers (1), les militants antinucléraires, on criminalise aussi les luttes contre la mondialisation de l’économie en France.

Toujours est-il que la mobilisation de la CGT devra sans doute être renouvelée puisque la décision d’appel a été mise en délibéré pour le 29 juin. Tiens, c’est juste la veille du procès de José Bové à Millau ! Cette fin du mois de juin devra donc être marquée du sceau de la solidarité entre acteurs et actrices des mouvements de contestation sociale dans l’action ou face à la répression, ici comme ailleurs. Mais des barrières subsistent. Elles sont sans doute le fait des état-majors politiques et syndicaux : on a souvent vu des libertaires se mobiliser en faveur de militants syndicaux (2), rarement les centrales syndicales se mobiliser pour des libertaires. Pourtant, cette solidarité devra être plus marquée sous peine de voir se généraliser la criminalisation à ceux qui s’en croyaient à l’abri. Car la respectabilité n’a rien à voir là-dedans.

Daniel. — groupe Gard-Vaucluse de la FA

(1) dont notre amie Marie-Athée du groupe FA Claaaaaash de Paris.
(2) L’Union régionale FA du Sud à propos de l’emprisonnement de José Bové en 1999, le groupe FA de Clermont-Ferrand à propos de Michel Beurier…


Fait d’hiver

Vive les flics !

Ici, là, ou ailleurs, ça maugréait, ça ronchonne, ça persifle, ça médit et ça râle sur le fait que les flics arrivent toujours après la bataille ou feraient mieux de… !

C’est facile !

Bon, d’accord, le ou les assassins du préfet machin courent toujours. Bon, okey, les gros cons qui molestent tous les ans le président de la Ligue de Protection des Oiseaux le font en toute illégalité et en toute impunité. Bon, c’est vrai, quand tu te fais tirer ta mob ou ta caisse par trois zonards connards, la famille poulaga a souvent tendance à te rire au nez. Bon, c’est clair, les keufs n’assurent pas vraiment !

Mais t’imagine pas ! Dans le cadre d’un service public égorgé par la mondialisation nos poulets n’ont pas d’autres choix que de faire des choix !

On peut pas être partout !

Une affiche du genre gribouillée à été collée à Oust (en Ariège) sur un transfo EDF, sans mentionner le nom et l’adresse de l’imprimeur, pour annoncer une réunion publique à Foix à propos de la sortie d’un bouquin sur la guerre d’Algérie. La gendarmerie pouvait-elle faire comme si ?

Elle a, bien sûr, fait comme ça. Faut pas déc ! Un sauvageon comme Gérard Lorne (70 balais au compteur) qui se permet d’écrire ses mémoires de porteur de valises, lors de la guerre d’Algérie, aux éditions du Monde Libertaire, et qui a l’audace de tchatcher à ce propos en Ariège, faut quand même pas… ! Ça mérite quand même qu’on traîne ce vieux zèbre devant les tribunaux au motif que même si c’est pas lui qui a collé l’affiche en question, c’est quand même lui (alors que tous les bénefs de la vente de son livre vont à l’école libertaire gratuite Bonaventure) qui tire profit (lequel ?) de tout ça !

Et puis, quand, en août 1999, au tribunal de simple police de Saint-Girons, 50 personnes s’accusent d’avoir participé au collage de ladite affiche, pouvait-on s’éviter une commission rogatoire, pour plus ample information ; afin d’inculper une militante du glorieux groupe Michel Bakounine (les zanars de Charente-Maritime sont réputés pour aller coller tous les jours des affiches à 500 bornes de chez eux) ? M’enfin !

Après trois séances de tribunal et deux ans d’enquête Gérard Lorne a été innocenté, mais condamné aux dépens. Thérèse Preux, du groupe Bakounine, a pris 500 balles d’amende dans la tronche et ses 49 co-revendiquateurs d’affichage ont été ignorés. En tout, ça nous aura coûté 4 000 balles !

Merci à Tony Clay, un vieux camarade du Sussex, retraité modeste des Post Office de là bas, d’avoir réglé la facture.

Et quant à ceux qui douteraient encore, et de la solidarité internationale et de la justice bourgeoise et de ses valets, qu’ils aillent mourir I

Tu faisais quoi lors de la rafle du Vel d’Hiv ?

Tu faisais quoi lors de… ?

Jean-Marc Raynaud


Meeting international anarcho-syndicaliste

Pour un autre Futur

C’est le dimanche 30 avril que s’est déroulé le meeting international anarcho-syndicaliste, point d’orgue de la semaine de la CNT « Un autre futur ». Dans l’enceinte parisienne du Trianon, entre 600 à 1 000 personnes sont passées, soit pour assister aux déclarations des délégations étrangères, soit pour s’attarder aux nombreuses tables de presse présentes, parmi lesquelles celles bien sûr de la CNT, du collectif de lutte des étudiants sans-papiers de Paris VIII, des collectifs contre la video-surveillance, de la Fédération anarchiste, du SCALP et d’autres composantes du mouvement libertaire de Paris ou de province. C’est à 16 heures que le meeting a commencé, pendant lequel se sont succédées les déclarations des quinze délégations étrangères amies présentes : l’USI, et l’Unicobas italiennes, la SAC suédoise, son organisation de jeunesse, Le Trade Union council anglais, la Worker Solidarity Federation irlandaise, les wobblies de l’International workers of the world (syndicat principalement américain mais avec des sections disséminées en Grande-Bretagne, Nouvelle Zélande, Canada, Australie), L’Ishara media Network d’Afrique du Sud, la CGT espagnole, Les Ukrainiens et les Sibériens, les Freier Arbeiter Union d’Allemagne et de Suisse allemande, sections de l’AIT, la Confédération Autonome des Travailleurs de Belgique, et la Voie Démocratique marocaine.

Panorama des luttes anarchistes

Après une brève introduction de la part de plusieurs militants de la CNT se félicitant du succès de l’événement, décrivant la solidarité active avec les travailleurs du Kosovo pendant la guerre à travers un convoi syndical, dénonçant l’exclusion de la CNT-Vignoles et de l’USI de l’AIT et rendant hommage à Monica, une compagne espagnole de la CGT-E morte dans un accident de voiture en venant au meeting et à ses 3 compatriotes blessés, c’est au tour de la CAT de parler. Petit syndicat encore à ses débuts, il est notamment impliqué dans les mouvements de chômeurs, travaille de concert avec son homologue flamande et souhaite davantage de coopération internationale. Ce thème va d’ailleurs revenir tout au long des déclarations des délégations. Face au capitalisme globalisé, globalisons nos luttes.

La CGT-E, forte de 40 à 50 000 adhérents, la plus forte composante numérique du mouvement syndical se revendiquant de l’anarcho-syndicalisme, et l’Unicobas qui prennent la parole par la suite, sont plus sur des positions privilégiant un syndicalisme large et « alternatif » et non anarcho-syndicaliste spécifique. Il est vrai que ces centrales, même si elles s’en réclament, n’en applique pas le mode de fonctionnement. Elles possèdent ainsi des permanent et, malgré un discours et des actes radicaux, elles possèdent quelques travers réformistes. La SAC suédoise, quant à elle, bien qu’elle soit également dans ce cas, a eu un discours beaucoup plus radical que ce qui était attendu d’elle. Après avoir rendu hommage à Björn Söderberg, un de leur compagnon assassiné en octobre par les Néo-Nazis suédois de trois balles dans le corps, et décrit la campagne d’intimidation subie de leur part (plasticage du siège historique de la Confédération : la maison de Joe Hill, son fondateur, membre des IWW), les 3 déléguées, toutes des femmes, ont insisté sur la lutte à mener à l’extérieur mais aussi à l’intérieur du syndicat contre le patriarcat : la SAC a ainsi inséré dans sa plate-forme organisationnelle une phrase le définissant comme un syndicat féministe, les femmes de la SAC ont lutté dans le syndicat pour affirmer l’égalité entre les sexes. Les déléguées ont défini le membre « moyen » de la SAC comme étant une femme sous-payée, peu qualifiée. Elles estiment que si des femmes ont adhéré nombreuses au syndicat, c’est bien parce que celui-ci rompait avec l’univers masculin et souvent machiste des syndicats. Leur organisation de jeunesse, quant à elle, revendique 500 adhérents dans toute la Suède.

Les Ukrainiens, eux, ont parlé des difficultés auxquelles ils se heurtaient avec leur gouvernement, notamment sur la politique de collaboration avec les Russes en ce qui concerne la guerre en Tchétchénie et le retard des salaires. Ils ont organisé de nombreuses actions de solidarité avec les travailleurs tchétchènes. Les Sibériens, eux, ont souligné le même problème de retard de paiement des salaires et revendiquent avec modestie 6 000 adhérents, ce qui est considérable, surtout par rapport à la réalité géographique de la Sibérie. Les Américains, eux, sont revenus sur les événements récents de Seattle et de Washington, tout en insistant sur la nécessité des grèves de très grande ampleur. Ainsi, ils ont décrit une campagne de boycott et de grève simultanée dans 5 pays, qui à porté ses fruits. Les sud-africains ont décrit leurs actions simultanées et leurs tentatives d’implantation dans plusieurs pays mitoyens de l’Afrique du sud. L’USI italienne a évoqué la nécessité de la mise en place d’une internationale de l’action, non bureaucratique. Les Anglais y ont fait écho, en précisant qu’après de nombreux congrès internationaux passés à construire et échanger sur le mouvement, il était temps de passer à l’action.

Les deux FAU ont décrit leurs efforts à construire un mouvement anarcho-syndicaliste organisé dans un pays qui n’en avait pas la tradition. La voie démocratique marocaine a,quant à elle, évoqué son travail de coordination du courant révolutionnaire au sein des deux grosses centrales réformistes marocaines et ses difficultés liées au régime. La WSF irlandaise a, pour sa part, décrit l’émergence d’un courant anarcho-syndicaliste dans un pays de tradition conservatrice et catholique à la suite de l’indépendance, et ses luttes en faveur de la liberté de circulation et contre le racisme qui accompagne le boom économique alors que l’Irlande a une tradition d’immigration.

Une mobilisation réussie

Toutes les délégations ont été fortement applaudies. Elles ont toutes remercié la CNT pour son accueil et l’organisation de la semaine. C’est donc éventuellement les bases d’une coopération internationale souple contre le capital qui ont été posées, et ce dans un contexte d’essor général du mouvement anarcho-syndicaliste et anarchiste. En effet, le 1er mai ce sont 5 000 personnes qui défilaient le matin dans le cortège libertaire (CNT, et délégations, FA, SCALP, AL), et plus de 6 000 personnes l’après midi dans le seul cortège de la CNT, rivalisant avec bien d’autres syndicats, créant un effet d’appel sur les personnes présentes dans d’autres cortèges ou spectatrices. L’initiative « Un autre futur » a été un succès, elle pose les bases, quoique balbutiantes, d’une contre-attaque globale contre le capital qui, lui, s’est organisé depuis longtemps. Des échéances sont données : un meeting semblable en Suède l’année prochaine à la même époque, une action dans un pays de l’est où l’anarcho-syndicalisme est balbutiant, pour le renforcer (pourquoi pas à Prague, pour le FMI, du 23 au 26 septembre), et une action à Nice lors de la pré-réunion du FMI en décembre 2000. Gageons que le mouvement libertaire sera à la hauteur de ses ambitions pour un autre futur et un autre présent.

Sam. — groupe Durruti (Lyon)


Crise de foi

Pauvres prêtresses !

La femme a toujours été niée par les religions. Cela s’est parfois très mal passé. Les bûchers de sorcières sont là pour nous le rappeler. Aujourd’hui encore, pour l’Église catholique, la femme n’est pas un être à part entière mais une aide pour l’homme, elle n’a qu’une fonction, la procréation et la maternité.

L’Église ne veut pas reconnaître l’égalité entre les hommes et les femmes, c’est pourquoi elle s’oppose à l’ordination de femmes au rang de prêtres. Seul un homme peut remplir cette tache si noble. L’Église chrétienne anglicane a décidé, elle, il y a quelques années, d’ordonner des femmes. Cela fait progressiste, et puis il y a peu de personnes qui veulent devenir prêtre… il fallait bien trouver une solution.

Cette Église, a réalisé cette année un sondage auprès des femmes prêtres. Le résultat parle de lui-même : 68 % des femmes prêtres ont essuyé le refus de fidèles de recevoir la communion de leur main… Car ce sont des femmes.

Pas besoin de donner une image caricaturale de la pensée religieuse sur ce qu’ils pensent de la nature de la femme. Tous ces religieux le font mieux que moi… Pour eux, la femme reste un être impur, imparfait et pervers.

Régis Boussières. — groupe Kronstatd (Lyon)


Colloque « Un autre futur »

Refonder le syndicalisme révolutionnaire ?

Le 27 avril dernier, à la Bourse du travail de Paris, à l’occasion de l’initiative de la CNT Pour un autre futur, s’est tenu un intéressant débat public dont le thème était : Y a-t-il aujourd’hui renaissance d’un syndicalisme révolutionnaire ? Il est impossible, en ce bref article, de citer toutes les idées et propositions exposées durant cette soirée par les nombreux participants. Nous ne présenterons à nos lecteurs qu’un résumé des interventions d’introduction de Thierry Renard, de Sud-PTT, et de Raphaël Romnée, de la CNT, chacune représentative de leur organisation syndicale respective.

Une refondation du mouvement syndical

Thierry Renard, qui a tenu à préciser qu’il s’exprimait en son nom propre, rappela dans un premier temps que Sud-PTT et tous les Sud ne se réclament pas explicitement du syndicalisme révolutionnaire. Dans leur charte identitaire, les Sud se revendiquent d’une double filiation, celle de la Charte d’Amiens et celle du socialisme autogestionnaire de la CFDT des années soixante-dix.

Quelques faits, quelques tendances observés dans le mouvement social, selon le camarade Renard, incitent à penser que quelques-unes des idées-forces et des pratiques du syndicalisme révolutionnaire sont en train de renaître : en particulier une revendication d’indépendance et d’autonomie très présente ainsi qu’une résurgence d’une action directe de masse, due principalement au fait que la moindre lutte exige un rapport de force très important. En outre, un nombre de plus en plus grand de personnes estiment qu’on doit non seulement combattre les effets du capitalisme mais également s’attaquer à ses causes. Et la réflexion sur le type de transformation sociale à opérer n’est plus si incongrue qu’elle le fut qu’il y a quelques années. Cette recherche s’accompagne aussi d’une demande relativement forte d’un syndicalisme authentique, sans connivence avec le patronat, syndicalisme qui pourrait être un réel outil collectif pour les travailleurs.

On doit, pourtant, continue Renard, observer nombre de différences d’avec le syndicalisme révolutionnaire historique. Aujourd’hui il y a pluralité d’organisations dont la pratique et les valeurs ne sont pas sans rappeler le syndicalisme révolutionnaire. Il constate aussi, dans cette même mouvance, qu’on a coutume d’appeler mouvement social, l’existence d’associations, de mouvements de lutte qui ne sont pas des organisations syndicales, parce que les organisations confédérées d’aujourd’hui ont déserté la pratique interprofessionnelle sur toute une série de questions importantes, comme le logement ou la lutte contre le chômage, à la différence du syndicalisme révolutionnaire, qui était lui réellement interprofessionnel…

Puis Renard énumère quelques-unes des grandes différences politiques et sociales d’avec les périodes historiques précédentes : ce qu’on a présenté comme étant un communisme d’État, comme un État ouvrier, s’est écroulé ; les partis se réclamant du marxisme-léninisme sont en crise d’orientation très importante, ils n’ont plus ni projet ni stratégie ; la gauche a montré ses limites, ceux qui croyaient qu’elle pourrait initier un changement de société commencent à comprendre qu’ils se sont fourvoyés ; le réformisme syndical n’existe plus, les grandes centrales ont abandonné toute idée de transformer la société, même par réformes progressives…

En revanche, nombre de revendications d’aujourd’hui viennent directement du mouvement social, comme le partage des richesses, les luttes contre la précarité et pour l’accroissement des minima sociaux.

L’étape d’aujourd’hui se formule donc de la manière suivante : Comment, face au Medef et à son projet de société libérale, organiser une riposte du mouvement social qui pèsera concrètement sur la réalité. Commencer à répondre à cette question, c’est préparer une refondation du mouvement syndicaliste révolutionnaire.

Exprimer un objectif révolutionaire

Si se pose aujourd’hui la question de la renaissance d’un syndicalisme révolutionnaire, commence Raphaël Romnée, c’est parce que, sous des formes multiples, syndicales ou extrasyndicales, depuis plusieurs années, au moins depuis 1995, dans divers secteurs de la société et dans une partie de la jeunesse, s’est exprimé un fort besoin d’auto-organisation. Ce fait, ce renouveau est désormais un acquis.

Le point essentiel à examiner, la question la plus importante, c’est le contenu de ces diverses formes d’auto-organisation, leur orientation, leur mode de fonctionnement. Contenu qui ne peut être compris que replacé dans la perspective de ce que fut le syndicalisme révolutionnaire du début du siècle et de sa progressive dégénérescence…

Qu’est-ce qu’a donc été le syndicalisme révolutionnaire du commencement du siècle et la Charte d’Amiens ? Ça a été l’affirmation du monde du travail, du parti du travail, comme le disait Émile Pouget, à un moment donné, face aux institutions bourgeoises ; une sorte de contre-société ouvrière qui se dressait en opposition au monde de la bourgeoisie, avec ses syndicats, ses bourses du travail, ses universités populaires, etc. C’était la volonté, pour les travailleurs, d’avoir des outils bien à eux. Telle était la démarche première, qui s’était construite contre la bourgeoisie et aussi contre les différents partis politiques, y compris ceux qualifiés d’ouvriers ou de socialistes. Il en était résulté un compromis, la Charte d’Amiens, affirmation que tous devaient s’accepter. On était à côté des partis politiques et, grâce aux syndicats, les travailleurs se réappropriaient leurs luttes.

C’est en 1914 que cet équilibre se rompt. Parce que des militants, issus du mouvement syndical, vont tendre la main à la bourgeoisie et apporter une caution ouvrière à la boucherie impérialiste. C’est la première brèche : celle de la collaboration de classe dans la défense de la patrie puis dans la gestion de la société, la recherche d’un fallacieux intérêt général entre le travail et le capital…

La deuxième brèche dans le syndicalisme révolutionnaire fut l’organisation de séduction opérée par l’Internationale communiste auprès des militants syndicalistes et anarchistes dans le but de construire le parti communiste, opération qui s’appuyait sur l’apparent succès de la Révolution russe et réussit à tromper nombre de camarades, au moins dans un premier temps. Les résistances qui s’organisèrent, comme la CGTSR, approfondirent la réflexion et affirmèrent que pour que le syndicalisme existe il était nécessaire qu’il s’oppose et combatte les partis politiques en tant que tels.

Une troisième phase viendra plus tard, celle de l’intégration progressive du syndicalisme à l’État, au travers du paritarisme et de la cogestion. Des résistances à cette intégration ont toujours existé, avec plus ou moins d’intensité.

Durant les années soixante-dix, des comités de base tentèrent de s’y opposer, sans grand succès. Divers courants politiques, y compris libertaires, s’essayèrent à construire des oppositions syndicales dont l’objectif était de changer la nature des confédérations intégrées. Toutes furent plus ou moins brisées…

Aujourd’hui, l’axe de construction d’un nouveau syndicalisme révolutionnaire se résume à reprendre en main les luttes ; c’est cela le syndicalisme d’action directe : gérer les luttes aujourd’hui pour gérer la société demain. Et, si on veut être crédible, c’est promouvoir l’indépendance par rapport aux institutions et refuser toute forme de paritarisme et de cogestion.

Enfin, même si aujourd’hui la volonté révolutionnaire n’est pas majoritaire parmi les travailleurs, si on parle de syndicalisme révolutionnaire, on se doit de dire explicitement, en tant qu’organisation, que l’objectif est de transformer la société. C’est le premier acte d’indépendance et d’autonomie ouvrière face à tous ceux qui veulent nous représenter, que ce soit sur le plan électoral ou, comme ce fut la situation hier, ceux qui prétendent se constituer en avant-garde dirigeante. C’est le premier acte de refondation du syndicalisme révolutionnaire.

Compte rendu rédigé par J. Toublet


Pierre Besnard et le syndicalisme révolutionnaire

Après l’union sacrée durant la guerre de 1914-1918 et la Révolution russe, quelques syndicalistes révolutionnaires changèrent leur position s’agissant de la neutralité syndicale envers les partis et les groupements philosophiques.

« La Charte d’Amiens, rappelait Pierre Besnard dans l’Encyclopédie anarchiste, contient six affirmations capitales, qui sont les fondements du syndicalisme. » Ce sont : l’affirmation d’unité ; l’affirmation de lutte de classe ; l’affirmation de la nécessité de la lutte quotidienne dans le régime actuel ; l’affirmation de la capacité d’action révolutionnaire des syndicats ; l’affirmation d’indépendance et d’autonomie ; l’affirmation d’action directe et de neutralité envers les partis et les groupements philosophiques. « Ces principes forment un tout. Il est clair, continue-t-il, qu’en cessant de respecter l’un ou plusieurs d’entre eux, on ne pouvait que provoquer l’écroulement de l’édifice. » C’est ce qui s’est produit avec les deux scissions successives de la CGT.

Plus tard, avec la création de la CGTSR, Pierre Besnard affirma, dans le même ouvrage, que le syndicalisme ne pouvait être neutre :
« Le fait de proclamer la faillite des partis et de leur substituer les groupements naturels de classe que sont les syndicats, implique la nécessité absolue, pour le syndicalisme, de combattre tous les partis politiques sans exception.
« La neutralité des syndicats proclamée à Amiens, en 1906, a été dénoncée, en novembre 1926, par le congrès constitutif de la CGTSR.
« Cette décision, très controversée à l’époque, même dans nos milieux, n’était pourtant que la conséquence logique de la substitution de la notion de classe à la notion de parti. Il est à peine besoin d’affirmer que les événements actuels, qui démontrent avec une force accrue la carence totale des partis, nous font une obligation indiscutable, non seulement de rompre la neutralité à l’égard des partis, mais encore d’engager ouvertement la lutte contre eux. […] Il se trouvera encore, même dans nos rangs anarchistes, des camarades pour prétendre que cette attitude nous contraint à n’être jamais qu’un mouvement de secte. J’ose leur dire que c’est le contraire qui est vrai. Ce ne sont pas des chrétiens, des radicaux, des socialistes, des communistes qu’il s’agit de réunir dans un mouvement de classe, mais des travailleurs en tant que tels. Nous leur demandons donc de cesser d’être des chrétiens, des radicaux, des socialistes, des communistes, réunis dans un groupement voué à l’avance à l’impuissance, en raison de la diversité des idées de ses composants ­ ce qui est bien le cas actuellement ­ pour devenir des travailleurs, exclusivement des travailleurs aux intérêts concordants. Nous les prions, en somme, d’abandonner les luttes politiques stériles pour les luttes sociales pratiques et fécondes ; de passer de la constatation de fait à l’action nécessaire ; de s’unir, sur un terrain solide, au lieu de se diviser pour des fictions. »


Une société sans drogue, ça n’existe pas

[ article à retrouver : https://web.archive.org/web/20031229193940/http://federation-anarchiste.org/ml/numeros/1205/index.html ]


Crocq en Creuse

Oui à la vie, non au nucléaire

Depuis quelques mois, le petit village de Crocq dans la Creuse est en ébullition : les sbires de l’ANDRA (Agence nationale des déchets radio-actifs) sont venus fouler le sol de la commune. Expliquant qu’ils étaient uniquement là pour effectuer quelques anodins forages dits scientifiques ; juste pour tester la solidité du granit… (comme si on pouvait savoir si le granit ne se dégradera pas dans quelques millions d’années… !). En vue d’un éventuel stockage de matières radio-actives mais ça n’est pas la peine de le crier sur les toits…

Manque de bol, Crocq (ville natale de Jacquou le Croquant) a eu vent de l’affaire et ne souhaite pas plier genoux devant la manne financière offerte, la pluie d’argent… Comme Monory dans le département voisin (la Vienne) ; Monory, le sénateur tribun n’a rien contre le nucléaire : il est pour, il a déjà la centrale atomique de Civaux ; pourquoi pas quelques déchets radio-actifs en plus ?

En Creuse, tout le monde semble être au contraire contre ce projet de stockage déguisé en labo. Les élu-e-s, toutes tendances confondues, se sont prononcé-e-s contre. Une manif à Guéret a rassemblé 800 personnes… Une réunion organisée par les Verts a également attiré du monde mais petit hic, on a bien senti que le discours était très « anti-déchets » mais pas fondamentalement « antinucléaire ». Style « not in my garden » et voisin débrouilles-toi !

Une association s’est montée (Oui à la Vie —­ Mairie de Crocq 23260 CROCQ) afin de prévenir du retour des sinistres valets de l’ANDRA : nous attendons leurs infos… Pour nous, nous refusons le nucléaire dans sa globalité : société nucléaire = société militaire !

Alayn Dropsy. — FA Creuse


Lycée autogéré de Paris

Nouvelles agressions fascistes

Vendredi 5 mai vers 10 heures, une fois encore, un membre du lycée autogéré de Paris a été agressé par six nervis fascistes proche du GUD ou de l’Action française.

Alors qu’il arrivait dans l’établissement, un enseignant a pu observer la présence d’individus en faction aux abords de l’établissement. Voulant comprendre qui était là, il descend dans la rue ; alors plusieurs personnes le frappent à la tête. Des élèves alarmés sortent de l’établissement en vue de lui porter secours. À ce moment, le groupe prend la fuite. Le professeur est actuellement à l’hôpital.

Cet événement fait suite à d’autres :
- le mercredi 26 avril au matin, des individus qui semblent appartenir au même groupe rentrent dans l’établissement et frappent un élève à la jambe à l’aide d’une barre. Quelques instants plus tard, alors que la grille est refermée, ce groupe crie plusieurs fois « Zieg Heil ». Dans la nuit suivante, des inscriptions avec des croix celtiques et les initiales GUD sont bombées sur l’entrée du lycée.
- le vendredi 21 avril vers midi, aux abords de la faculté d’Assas, dont l’annexe est située au 389, rue de Vaugirard à 100 mètres du lycée, des élèves se sont fait frapper et asperger de gaz lacrymogène par des individus connus pour être proches de l’équipe pédagogique.

Les services du rectorat, des Brigades anticriminalité, du commissariat du 15e arrondissement et des renseignements généraux ont été prévenus. Un sentiment justifié d’insécurité domine chez les élèves et chez les membres de l’équipe pédagogique.

Par ailleurs, plusieurs assemblées générales de notre établissement se sont positionnées pour s’opposer à de tels actes qui sont contraires aux valeurs que défend notre lieu autogéré et que prône l’Éducation nationale.

Lycée autogéré de Paris

Alayn Dropsy. — FA Creuse


France-Soir : les ouvriers unis ne seront pas vaincus

Tout le monde à Aubervilliers, à deux pas de l’Est parisien, se le demande : qui a payé les oliviers qui, bien empotés, encadrent le hall d’entrée de France Soir ? Le groupe italien Poligrafi Editoriale (1) serait insidieusement avancé… Mais oui, bien sûr, ceux qui prennent 15 % du capital de Presse Alliance en en promettant plus à la rentrée seraient les vrais annonceurs du printemps francilien. C’est en tout cas sûr pour Georges Gohsn, toujours en quête d’argent frais pour relancer le convalescent France Soir. Le sémillant patron de presse, depuis son arrivée aux rênes de l’ancien quotidien de la rue Réaumur n’a de cesse de réduire les coûts. En jouant notamment sur les divisions organiques qui existent entre les ouvriers du livre, les journalistes, les employés (2).

Nous avons, il y a quelques mois, relaté les « secousses telluriques » qui existaient dans les rangs de l’ex-Fédération du livre. Il est trop tôt pour les partisans de la « commune libre » d’Aubervilliers de prédire que le phénix va renaître de ses cendres mais… Le mois dernier, suivant une provocation de Georges Goshn, contestant, par écrit, le professionnalisme d’ouvriers du Livre, amena à une grève de tout le secteur pré-presse (typos, correcteurs, photograveurs). Un bout d’unité retrouvé ne fait pas le printemps, mais il aura permis de stopper le « maître des lieux ».

Ce qui ne résoudra pas le problème de la vie syndicale de l’entreprise. Certes tout le monde dénonce le manque de dialogue social, la volonté affichée de G. Goshn de tout trancher du haut de son piédestal, mais ne vaudrait-il pas mieux balayer devant sa porte ?

Certes chacun relève de conventions collectives différentes, mais la tentation de l’hégémonie est encore grande, effaçant les germes de fédéralisme qui pourraient faire entrevoir l’espoir.

L’exemple de Libération où existe une structure syndicale rassemblant techniques et journalistes ne semble pas jusqu’ici avoir beaucoup fait parler de lui. Donc, à Aubervilliers, il manque encore un peu trop de volontés pour qu’une force s’assemble !

Sitting Bull

(1) Côté à la Bourse de Milan, Poligrafi Editorial, édite des quotidiens régionaux : Il Resto des Carlino, La Nazione, Il Giorno.
(2) De mauvaises langues affirment que chez les journalistes, il y a plus de délégués syndicaux que de syndiqués…


Festival de Cannes : Un saut dans le vide ?

[ article manquant : https://web.archive.org/web/20031229193940/http://federation-anarchiste.org/ml/numeros/1205/article_17.html ]


Hommes en guerre , Andreas Latzko

Latzko est né à Budapest le 1er janvier 1876 ; il est mort le 11 novembre 1943. Ce Hongrois s’exile en 1902 à Berlin pour trouver une situation politique plus libre. Il choisit l’allemand comme langue d’expression littéraire. Avant 1914, il publie à Berlin deux romans et deux pièces de théâtre. Il va être entraîné contre son gré dans la guerre. Officier hongrois, il sera blessé lors des combats du front italien-autrichien en 1915-1916. C’est alors qu’il entreprend, à chaud, la rédaction du livre réédité aujourd’hui par Agone.

Hommes en guerre est un recueil de nouvelles mettant en scène des personnages différents, mais organisés selon un ordre chronologique quant au sujet : on a « Le Départ », celui d’un bidasse, dans la liesse générale des ivresses nationalistes ; le premier combat, « Le Baptême du feu », « Le Vainqueur » où l’arrière du front est décrit, avec les parades de gradaille planquée, qui entretient le moral des populations, en cachant les blessés, en passant les morts sous silence, comme ces élus qui « au fond de leur abri décident de tout ». « Le Front » par un soldat grièvement touché qui raconte l’horreur réelle, et les raisons perdues, c’est « Le Camarade ». Puis vient « La mort du héros », « martyrs dont la souffrance restait disciplinée jusqu’à la mort, réglementée jusqu’à la fosse où les jetait pêle-mêle […] en les saupoudrant de mots glorieux et de salves assourdissantes », et dont les monuments aux morts omettront la fin affreuse, pour ne vanter que le courage d’une vie offerte à la patrie ; enfin, « Le Retour » des « infirmes rapiécés » dont personne ne veut plus et promis à l’hospice des oublis.

Le livre a été composé dans une intime nécessité d’écriture, comme si son auteur voulait éloigner, par la plume, la griffure des fantômes des choses vues. Hommes en guerre est d’abord une critique de l’endoctrinement guerrier : « qui ne part pas est un lâche… Pas de lâches, c’est compris ? La mode est aux héros maintenant… » ; il s’agit de « mettre tout le monde dans le même moule ». Mais le vrai courage c’est de dire non. L’acte littéraire doit être un acte de scrupule, qui fouille les véritables lâchetés quotidiennes, dont celles des discours des chefs, tapies dans leurs omissions volontaires : « surtout pas de langue de bois patriotique, ça sentait trop le sapin. Il se refusait farouchement au style dulce est pro patria mori. Répugnant ce tam-tam sur le cercueil des héros » se dit l’officier du « Baptême du feu », dont le doute confine peu à peu à une sourde révolte.

Avec la guerre, surgit l’absurde, « les buts n’avaient plus aucune réalité devant ce trou noir », qui est aussi un trou noir des consciences : « tous ces maçons, mécaniciens, paysans, penchés depuis toujours sur la besogne quotidienne, que pouvaient-ils dire quand les intellectuels, de grands messieurs au-dessus d’eux, leur capitaine, avec son col étoilé d’or, leur assuraient que le devoir, la gloire, c’était de tirer sur des maçons, des mécaniciens, des paysans italiens » ?

Avec la guerre, la vie est absurde et « les mots ne vont plus aux choses ». Du cœur même de la guerre, Latzko dénonce la mise en œuvre des massacres. Il stigmatise les gouvernements assassins et « les guignols gagalonnés » non par un discours à thèse mais en montrant la guerre dans la crudité du quotidien de la soldatesque.

Philippe Geneste

Hommes en guerre. Andreas Latzko. Traduit de l’allemand par H-F Blanc et M. Wachendorff. Éditions Agone. 1999. 167 p. 68 FF.


Télé

La révolution d’octobre

vendredi 12 mai à 17 h 55

La cinquième nous présente à partir du 12 mai, et pendant six semaines, des documentaires mis en forme par Orlando Figes. Cette série se voulant « l’histoire du communisme », nous y rencontrerons Lénine, Staline, Mao, Che Guevara.

Le premier épisode, consacré à la révolution d’octobre, n’offre que peu d’intérêt pour les militants libertaires. Depuis les années 20, nos compagnons (Voline, Berkman, Body, Makhno, Rocker…) nous avaient renseigné sur la réalité de la prise du pouvoir par les bolcheviks. L’historien Marc Ferro nous donnait même des éléments historiques complémentaires en 1967. La prise du Palais d’hiver n’était qu’un petit coup d’État fomenté par une poignée de Bolcheviks.

Seuls, les marxistes à œillères, qu’ils soient staliniens, trotskistes ou maoïstes, fidèles à la méthode Coué, maintenaient l’imagerie d’une révolution largement populaire. Les historiens et cinéastes, abonnés au râtelier marxiste, n’étaient pas de reste pour conforter ce mensonge historique.

Depuis la chute des régimes marxistes, les risques ayant disparu, d’autres historiens (et quelquefois les mêmes) ne se privent pas de cracher sur les anciennes idoles au point que cela en est souvent indécent. Ce documentaire de la cinquième ne semble pas échapper à cette nouvelle déontologie.

Pendant 26 minutes, au gré d’une musique de fond se voulant pathétique et grandiloquente, nous assistons à une nouvelle mise en place du mythe léniniste et à sa condamnation au profit de la démocratie.

Comme si la révolution russe pouvait se résumer aux agissements d’un seul homme sans une mise en situation de son idéologie. Comme si la condamnation d’un régime totalitaire suffisait pour sacraliser dans le même temps le système démocratique.

Ce refus d’installer Marx à la source même de la pratique léniniste, longtemps apanage de la mouvance trotskiste, est aujourd’hui repris par le dernier quarteron de militants se réclamant de Marx. Il est curieux de constater que ce procédé sert aujourd’hui les tenants de l’idéologie démocratique.

Lapider un dictateur mort depuis plus de 70 ans et profiter de l’émotionnel d’une telle mise en situation pour se faire — sans aucune démonstration idéologique — le chantre de la démocratie est inacceptable de la part d’un soi-disant historien.

Jean-Claude Richard. — groupe Henry Poulaille


Du devoir de mémoire

À propos de la guerre d’Algérie ; À propos de toutes les guerres

Fort du succès incontestable (trois éditions en six mois) rencontré par Les Égorgeurs (1), le groupe Michel Bakounine (Charente-Maritime) s’était décidé à inviter son auteur à trois réunions débat.

Le mardi 25 avril c’était l’école libertaire Bonaventure qui ouvrait le bal et une quinzaine de personnes se retrouvèrent à écouter un jeune homme de 60 ans raconter (lui qui avait refusé de tirer et qui, de ce fait. fut systématiquement envoyé à la riflette, comme infirmier des commandos de chasse) les abominations (lors de la guerre d’Algérie) d’une armée française composée d’engagés et d’appelés.

Le mercredi 26 avril, à Saint-James, une autre quinzaine de personnes, entre apéro. petite bouffe et grand digestif, pressèrent de nouveau Benoist de questions, jeudi 27 avril, à La Rochelle, salle Gérard Philippe, malgré une absence d’annonce dans la presse et les médias locaux, c’était soixante personnes qui, sur le thème « Du devoir de mémoire, à propos de la guerre d’Algérie, à propos de toutes les guerres », se pressaient pour rencontrer Benoist Rey et Henri Alleg. L’émotion fut au rendez-vous

Benoist Rey, son mètre quatre-vingt-dix, ses cent trente kilos, sa tchatche, son désarroi toujours présent, ponctué par quelques coups de gueule distillés, mâchoires serrées, à l’aune d’une authenticité sans tambours ni trompettes. Henri Alleg, 80 ans, un mètre cinquante, un petit bonhomme illuminé par un regard désarçonnant de volonté, d’humour et de gravité, quelques phrases, seulement, toutes de pudeur, sur les tortures (2) qu’il dut subir pendant plus d’un mois et qui ne le firent pas parlé, une entrée en matière tonitruante sur un devoir de mémoire dont il nous a expliqué, du haut de ses 80 ans, qu’il ne valait que s’il chaussait les robustes galoches du présent et les bottes de sept lieux d’un autre futur, des analyses politiques, des anecdotes, ensuite, à foison, phénoménales. En une demi-heure la salle était sous le choc.

Anars, pas anars, anciens appelés de la FNACA ouvrant, enfin, leur cœur, beurettes désarçonnées, pieds noirs détonants, un vieux militaire engagé demandant pardon, algériens d’aujourd’hui sans haine et déterminés à continuer à se battre au présent, tous, toutes, nous en avons pris plein la tronche de ce courage ordinaire qui fait les poings levé de révoltes et d’espoirs.

À trois heures du mat, Henri Alleg, qui devait prendre un train à cinq heures, nous parlait encore de Camus et…

Merci à Benoist Rey qui commence à se dire libertaire et à Henri Alleg qui continue à se dire communiste d’avoir accepté notre invitation. Ça n’était pas évident !

Si la révolution libertaire a quelques chances d’être un jour, elle le sera quand, sur nos bases, de telles rencontres se seront multipliées à l’infini d’une volonté d’agir sur l’essentiel.

Et de ce point de vue, entre des Alleg au cœur pur et des Kmers noirs aux semelles de plomb, le groupe Michel Bakounine a, depuis toujours, fait son choix. Comprenne qui voudra !

Groupe Michel Bakounine

(1) Les Égorgeurs, Benoist Rey. Editions du Monde Libertaire, 130 p, 60 FF, grand prix « Ni dieu ni maître 1999 », chèque à l’ordre de Publico (rajoutez 10 FF pour le port), à envoyer à Librairie du Monde Libertaire, 145 rue Amelot, 75011 Paris
(2) La question, Henri Alleg, Les éditions de Minuit, 115 p, 60 FF, chèque à l’ordre de Publico, le livre à lire sur la torture subie par le directeur d’Alger républicain lors de la bataille d’Alger à l’initiative de l’armée française. Le livre à lire sur cette « question ».


Souscription

Un camion pour Bonaventure

Bonaventure est une association qui regroupe des enfants, des parents, des professionnels pour animer une « république éducative » en dehors de l’éducation nationale. Ni école publique, ni école privée : les parents déscolarisent leurs enfants et se rencontrent pour que l’éducation soit collective… Ce projet vit depuis 7 ans sans subvention aucune… la « scolarité » y est gratuite, laïque… l’autogestion économique que nous visons passe par les adhésions… et les appel à l’aide !
Bonaventure début avril 2000

Dans la même semaine, le photocopieur et le camion (9 places) pour transporter les enfants se sont retrouvés hors d’usage… Le camion offert par souscription il y a 5 ans, a vécu (13 ans, 200 000 km).
En ce mois de mai, le nouveau camion devrait être utilisé pour se rendre dans le Tarn (pour voir les correspondants des enfants) et dans l’Hérault à Marseillan sur les bords de la mer Méditerranée. À Marseillan (qu’on se le dise) s’ouvre un camping autogestionnaire du samedi 27 mai au dimanche 4 juin 2000 ! Il faut juste avoir envie de vivre, enfants et adultes ensemble, amener sa bonne humeur, ses affaires pour camper et organiser sur place ses journées… Du lundi 29 mai au dimanche 4 juin, Bonaventure sera également présent à ce camping autogéré et tiendra un congrès extraordinaire . Pour tout contact : Camping Le Paradou, BP 37, 34340 Marseillan-Plage ; Tel : 04.67.21.90.10.

Pour ce 9 places d’occasion, il nous faut réunir 45 000 francs. Nous ouvrons donc une souscription : chèques à l’ordre de Bonaventure, mention au dos « souscription camion ».
(50 FF, 100 FF, … individuellement ou collectivement, les petites sommes nous permettront d’acquérir ce camion pour les différents projets des enfants !)
merci de faire passer l’infos
Bonaventure, 35 allée de l’angle, Chaucre, 17190 Saint Georges d’Oléron
bonaventure@wanadoo.fr
site http://perso.wanadoo.fr/bonaventure

liste des souscripteurs :
Iorfida P. (Dijon, 21) 50F, Frega F.(Châlon, 71) 50f, Gauthier P. (Brétigny, 91) 100f, Granier M (Dollus, 17) 100 F, Latru G.(Clermont, 63), 100 F, Lesgent Y, 100 F, Groupe La Commune FA, 100 F, Benattre R., 100 F, Pierre E.(Paris, 75), 150 F, Saxel J.B.(Colomiers, 31) 200 F, Rey Benoit (Montfa, 09) 200 F, Lesgent Y., 200 F, Abassof A. (Boulogne B., 92) 300 F, Lestrat D. (Merlieux, 02) 300 F, Sakanouk S (Meaux, 77), 500 F, Baude Geneviève 800 F, groupe Sacco et Vanzetti FA, 1000 F, Thomas Philippe, 1000 F
Total du 20 avril au 4 mai 2000 : 5350 francs
ancien total : 1800 francs
Total général : 7150 francs
Merci à toutes et tous

Bernard Leboeuf pour l’association Bonaventure


Chambéry : Transports gratuits pour tous !

Samedi 6 mai, 10 heures : un rassemblement pour la gratuité des transports ferroviaires sur la région Rhône-Alpes, à l’initiative du groupe libertaire de Chambéry-F.A. (avec la participation de quelques militants de Lyon), AC !, JCR-RED, CNT-AIT, MACP, MNCP et APRES, investit la gare de Chambéry. Les revendications exprimées vont de la gratuité des transports pour les faibles revenus (revenu inférieur ou égal au SMIC, au chômage, étudiants, salariés précaires et leurs ayants droits) à la gratuité pour tous. Une cinquantaine de personnes interpelle les usagers, les invite à se mobiliser et bloque l’utilisation des composteurs.

Un impressionnant comité d’accueil (plus d’un CRS par manifestant), accompagné du « directeur de l’ordre public » (selon ses propres mots), nous attend et nous force à évacuer les quais, usant de leurs méthodes habituelles… La violence ne vient que d’eux. « Police partout, Justice nulle part » fusent de tous côtés. La tension monte… et les renforts de police ne sont pas loin. Un long tête à tête avec les CRS.

Une action directe qui s’est, malgré cela, dans l’ensemble bien déroulée, l’idée de la gratuité faisant son petit bonhomme de chemin dans les esprits. Une action à renouveler dans les différentes villes de la région (et ailleurs !). Tous les militants des différentes organisations sont prêts à se mobiliser à nouveau dans les mois à venir.

Lutter pour la gratuité des transports pour tous sans condition (de statut, de revenus, de recherche d’emploi ou de transport sur le lieu de travail), c’est lutter pour la liberté de circuler, de se déplacer, quel qu’en soit la raison ou la motivation. L’action directe reste le seul moyen dont nous devons user.

Sophie. — groupe libertaire de Chambéry-FA


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