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éditorial du n° 1295

Le jeudi 31 octobre 2002.

Qui a dit : « Pas de pitié pour les terroristes ! » ? Bush ? Poutine ? Sharon ? Ces derniers temps, les médias font leurs choux fras de ces flambées de violence qui émaillent d’un zeste de fantaisie la vie fade et absurde de millions d’individus condamnés à survivre, sans autre perspective qu’une misérable existence de pauvreté et d’exploitation, au service d’une poignée de nouveaux seigneurs qui s’offrent des vacances à Bali ou des virées nocturnes dans les plus beaux théâtres de la ville.

Évidemment, agir de la sorte est inexcusable ! La violence est une calamité qui mine l’humanité depuis des millénaires. À commencer, il ne faudrait pas l’oublier, celle des puissants, toujours prompts à en user contre les mécontents, les esclaves en révolte, les grévistes, les révolutionnaires. Que cerrtains pensent retourner leurs armes contre ceux qui passent leur temps et le budget de leurs contribuables à en fabriquer n’a finalement rien d’étonnant. Qui est entré dans cet engrenage de la violence ? Qui a bâti des empires sur des millions de cadavres ?

Nous n’excuserons la violence ni des uns ni des autres. Nous ne prendrons parti ni pour le maintien d’une tyrannie — se parerait-elle des oripeaux outrageusement flamboyants d’une démocratie toute formelle — ni pour l’instauration d’une nouvelle — au nom d’une ethnie, d’une religion, ou d’une nation, tout opprimée fut-elle, réclamant à son tour son taux de cadavres, d’esclaves et de soumissions.

L’Europe s’est construite sur la domination. L’Amérique aussi. Nous en sommes les descendants. Nous avons l’éducation, la médecine, une vie dont on pourrait finalement se satisfaire. Et pourtant, nous ne nous résignons pas. Nous nous battons quotidiennement pour que les richesses de cette planète profitent à tous, pour abolir les esclavages de tous ordres, pour une humanité de partage, d’entraide et de solidarité.

Le terrorisme, c’est l’utilisation de la terreur. Les États en sont les experts : certains, petits joueurs, aimeraient pisser plus loin, et s’attaquent au Moloch frontalement, brutalement, désespérément. Les médias les stigmatisent, et oublient trop vite de condamner les maitres.

Nous n’entrerons pas dans cette logique. Contre la violence d’État, une seule solution, l’abolition de tout État. Contre la violence de la misère, une seule solution, l’abolition de la misère et le partage des richesses. Nous y viendrons, si la folie des uns et des autres n’a pas tout anéanti avant.





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