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éditorial du n° 1689

Le jeudi 29 novembre 2012.

Mariage gay. Le gouvernement atermoie. Pour une fois que la gouvernance se fait dans la rue, il a fallu que ce soit à propos du mariage, institution dont on n’a rien à faire, et suite à un défilé de réacs et de cagots. Avec les bigots, c’est toujours la même chose, on les fout à la porte, ils rentrent par la fenêtre. ça s’est passé comme ça les 17 et 18 novembre. Qu’il ne soit pas ici question de l’existence de Dieu, de l’archaïque crise de foi en un vague créateur – à l’existence statistiquement fort hasardeuse – mais seulement de cultes, de traditions, de carcans culturels, de manies identitaires… Bref, du caca collé comme un alien aux cerveaux reptiliens des pieux manifestants et de leurs proprettes smalas, de service en ce sombre dimanche. Croire, c’est croire à son dieu de papa-maman contre tous les autres dieux, faire de nécessité vertu en se persuadant que là où l’on est né, c’est le paradis, que ses coutumes à soi, c’est le pied, que l’ennemi, c’est l’étranger, que l’ennemi, c’est tous les autres. On pourra toujours ratiociner sur le fait religieux, l’enseigner en cours d’histoire à l’école ou le rendre obligatoire sous peine de mort, la religion est con, la religion rend con. Les innombrables simagrées religieuses et leurs titatas si variés ont quelques traits communs, et ce n’est pas un hasard si c’est une femme journaliste, des femmes ukrainiennes aux seins nus ou de courageuses femmes brigadistes roses qui se sont fait massacrer lors de ce nauséeux chemin de croix dominical. Toutes des femmes, c’est à dire, en filigrane, des ventres-à-faire-des-chiards, des ventres-à-jouir-dedans, qu’il convient d’asservir de museler, de tondre, de voiler, de violer – au choix selon les époques, les latitudes, les envies –, tellement elles font peur, tellement elles déchaînent la haine et la violence dès qu’elles font mine de relever la tête. Dimanche, ce sont elles qui ont fait les frais de la pieuse vindicte des cohortes de Civitas. Diaboliser le mariage et l’adoption gay tant redoutés fut l’occasion de condamner une fois de plus le sexe à la reproduction, et d’exiger, au nom d’une philosophie de cochon d’Inde, le contrôle moral des alcôves et des petites culottes. Tout à fait logiquement, cette bonne vieille droite rance, qui fleure l’urine et la soutane pédophile, a tombé le masque. Elle a appelé à la rescousse ses alliés naturels : les soudards décérébrés nostalgiques de Dachau, les assoiffés de viol et de baston, les sbires de toutes les Saint-Barthélemy. Sempiternelles épousailles du sabre et du goupillon. Sûr, ce n’est pas fédérateur, pas tolérant, pas citoyen, pas bisounours, pas tendance, mais, foutre Dieu, que ça fait du bien de chanter comme l’autre : « Calotins de tous les pays, lâchez-nous le clito, lâchez-nous le prépuce ! »


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