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éditorial du n° 1688

Le jeudi 22 novembre 2012.

Il y a des enterrements qui courent vite. Celui d’Ahmed al-Jaabari, leader militaire du sinistre Hamas palestinien, s’est fait au pas de charge. On voudrait vous y voir, avec des drones au cul… al-Jaabari, donc, a été assassiné. Par des voyous au coin d’un bois ? Non. Enfin, oui, mais pas au coin d’un bois. Il a été proprement détruit, avec son véhicule, lui et quiconque avait eu la maladresse de l’accompagner, par un drone militaire israélien. Quant au voyou, il était bien au chaud un peu plus loin, puisque les drones sont des avions sans pilote embarqué, mais pas sans personne aux manettes. Bien au chaud dans son uniforme. Bien au chaud sous son supérieur et le supérieur de son supérieur.
Assassiné, donc, al-Jaabari l’a été de la manière la plus officielle par l’armée de l’État d’Israël. Un meurtre d’État, prémédité et accompli froidement, puis officiellement revendiqué et défendu, par le gouvernement démocratiquement élu. Israël est une démocratie. Un petit bout d’Occident en forme de porte-avions au milieu de l’Orient. Un point focal du prétendu « choc des civilisations ». Un État qui pratique le terrorisme au nom de la lutte contre le terrorisme. À l’heure où nous mettons sous presse, au prétexte de cet homicide par lui perpétré, Israël a déjà bombardé des centaines de maisons, tuant et mutilant encore, et concentre des forces pour une attaque terrestre. La haine de l’autre et le racisme poussent sur le fumier de la guerre.

D’autres enterrements traînent la patte. À Paris, et en général en France, peu de monde pour dénoncer les politiques d’austérité. En Europe, même en Grèce, flop aussi. Sauf en Espagne. Les travailleurs et les chômeurs ibériques sont, au plan de la lutte de classe, bien plus compétitifs que leurs frères du continent. C’est sans doute pour ça que les agences de notation, les banques et les dirigeants de l’Union européenne ne les aiment pas.
Les Espagnols, écrasés par l’offensive concertée du capital, ont massivement répondu à l’appel pour la journée d’action du 14 novembre. Mais les journées d’action, même suivies et combatives, ne suffisent pas à faire reculer le pouvoir : il faut la grève, les blocages, l’action directe. Pour imposer durablement une autre répartition des richesses qui toutes naissent du travail : des organisations pérennes et libres du mouvement ouvrier. Et, pour mettre fin à cette lutte incessante pour gérer l’inégalité, une belle et bonne révolution sociale.


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