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éditorial du n° 1648

Le jeudi 27 octobre 2011.

La semaine dernière, les travailleurs grecs ont à nouveau lâché l’outil de travail pour rejoindre étudiants et chômeurs dans la rue, et ce afin de protester contre l’austérité qui ruine un peu plus chaque jour leur niveau de vie. Plus de 125 000 personnes battaient le pavé des rues. Un record, nous dit-on. En face, la réaction se sentant menacée, ses chiens de garde officiels protégeaient les alentours du Parlement à l’aide, entre autre, de palissades antiémeutes. La colère grogne de plus en plus, la tension ne cesse de monter. Les affrontements avec les cognes, jusqu’alors essentiellement le fait de quelques groupes de jeunes se revendiquant de certains courants de l’anarchisme, ont cette fois impliqués des personnes plus âgées, moins politisées également, bref, des gens qui en ont simplement ras-le-bol d’être ignorés et systématiquement réprimés. Si tout cela peut sembler promettre une radicalisation certaine de la lutte, on ne peut toutefois s’empêcher de se demander si, une fois encore, les choses iront vraiment plus loin. Ça fait déjà plusieurs années que la Grèce vit au rythme des « grèves générales » sporadiques, des manifestations et des quelques affrontements violents avec la flicaille, abondamment retransmis par les médias de la société du Spectacle. Mais, pourtant, rien ne change. Au contraire, le mouvement social grec semble stagner dans cette spirale et se répéter inlassablement, sans évoluer. C’est que, de leur côté, les syndicats se refusent à assumer ce pourquoi ils ont été créé à l’origine : organiser les travailleurs jusqu’à l’abolition du salariat et de l’État. Du coup, les travailleurs – qui, dans leur majorité, ne semblent pas vouloir ou pouvoir se réapproprier leurs organisations – s’épuisent dans des grèves et des manifs sans perspectives et se condamnent à vivre encore et encore dans la même merde. Et tant que ça ne bougera pas à ce niveau là, la sortie de crise ne sera qu’un doux lendemain qu’on rêve.


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