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éditorial du n° 1629

Le jeudi 31 mars 2011.

Entre les tsunamis, les catastrophes nucléaires, les explosions de révolte dans les pays arabes et la montée du Front national aux élections cantonales, il y a des sujets qui passent à la trappe et tombent dans l’oubli, sans doute parce que moins sensationnels, peut-être aussi moins « spectaculaires ». Les horreurs qui se déroulent actuellement en Côte d’Ivoire font partie des événements touchés par cet oubli médiatique. Et pourtant, la situation est critique, révoltante. Depuis les élections du 31 octobre 2010 – qui, par trucage, avaient renouvelé le mandat de l’immonde Laurent Gbagbo – ce qui ressemble de plus en plus à une guerre civile fait rage en Côte d’Ivoire entre les pro-Gbagbo et les pro-Ouattara (son opposant pendant la campagne électorale). Depuis la mi-décembre, on compte déjà plus de 300 morts. À Abidjan, désormais, les forces de sécurité (sic) tirent à balles réelles sur les foules de manifestants réclamant le départ immédiat du président illégitime. Sur place, certains journalistes disent même avoir vu des tirs d’obus atteindre les cortèges des anti-Gbagbo. De leur côté, les pro-Ouattara, qui n’entendent pas se laisser massacrer, n’hésitent pas, pour certains, à résister avec violence aux forces de l’ordre et aux milices pro-Gbagbo. C’est donc une mini guerre civile qui se joue à nouveau en Côte d’Ivoire, avec, comme à l’accoutumée, son lot d’atrocités : tirs sur des civils, enlèvements dans les hôpitaux, égorgements, etc. Conséquence inévitable de cette tragédie, un million de personnes se seraient déplacées à l’intérieur du pays pour fuir les harcèlements, les exactions et autres représailles. Des quartiers entiers d’Abidjan, la capitale, seraient désormais quasiment vides, leurs habitants les ayant désertés pour se réfugier dans des villages voisins dans l’espoir d’y trouver un peu de sécurité, loin des autorités et des milices des fidèles de Gbagbo. Si ce tableau est déjà bien sinistre, il est fort probable qu’il le soit encore davantage mais, la presse étant muselée, les informations circulent mal et peinent à sortir du pays. Si, parmi les heureux lecteurs du Monde libertaire, certains ont des contacts sur place, nous sommes preneurs. En attendant, nous ne pouvons qu’être les tristes spectateurs de la violence du pouvoir et de ses luttes.


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