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éditorial du n° 1611

Le jeudi 4 novembre 2010.

Alors, ça y est, paraît qu’c’est fini et qu’le populo se r’met au turbin ? Enfin, c’est c’que nous disent tous les jours les torchons depuis c’te lundi là. En tout cas, nous c’qu’on voit ici, c’est que le mouvement n’est pas mort partout. Ce vendredi soir, les gars de la Tiru (le plus grand incinérateur de flics – pardon, de déchets – d’Europe) ont reconduit la grève et le blocage jusqu’à mardi. à Marseille, les copains du port refusent toujours de reprendre le boulot et regardent avec satisfaction les bateaux pleins de pétrole faire la queu-leu-leu. Si la dernière manif a connu un petit essoufflement (qui n’en connaîtrait pas après deux mois de mobilisation quotidienne, de marches hebdomadaires interminables et de jours de salaires supprimés ?), on voit toujours des centaines de milliers de travailleurs, de chômeurs et d’étudiants battre le pavé des rues aux cris de « Grève générale ». On voit même des soviets qui se mettent en place : l’assemblée générale interpro du Havre, après avoir constaté la permanence de la mobilisation et d’un soutien populaire considérable, a appelé cette semaine l’intersyndicale nationale à inviter, pour sa réunion du 4 novembre, des délégués représentatifs de toutes les assemblées générales de grévistes pour qu’ils puissent y apporter des propositions d’actions et un véritable calendrier de mobilisations. C’est que les bases syndicales ont fini par piger que leurs directions confédérales essayaient de leur mettre une carotte dans le derrière et que s’ils voulaient parvenir à mettre la réforme des retraites au placard – à côté du CPE, il leur faudrait les dépasser, si ce n’est s’en débarrasser. Au niveau des universités, ça commence aussi – bien que tardivement – à se bouger le popotin. Cette semaine – prétendument de « démobilisation » – a vu la plupart des facs d’Ile-de-France bloquées les jours de manif. Et ces mêmes blocages ont été reconduits pour les prochaines journées de mobilisation. Du côté des actions directes, on peut noter l’occupation du siège de Médéric, l’entreprise de retraites par capitalisation tenue par le frère de notre président, par une alliance syndicale Solidaires-CNT. On a aussi eu le droit à l’intervention remarquable de militants syndicaux, anarchistes et autonomes sur l’antenne de France Inter ce mercredi, qui, après avoir interrompue l’émission en cours, ont lu, en direct, un communiqué dénonçant l’odieuse réforme du gouvernement. L’état des lieux n’est pas donc aussi pessimiste que ce que les médias essaient de montrer. Quoi qu’il en soit, essoufflement ou pas, on ne lâchera rien. Non, vraiment rien.


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