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éditorial du n° 1238

Le jeudi 29 mars 2001.

Depuis plusieurs mois, les « affaires » concernant l’environnement, l’hygiène, la santé publique, se succèdent. Le naufrage de l’Erika puis celui du Ievoli Sun, l’affaire de la vache folle (succédant elle-même aux poulets aux hormones, aux porcs…), les OGM, le « syndrome de la guerre du Golfe » sont déjà autant de raisons d’être inquiets et révoltés face à des pratiques de criminels, car il n’y a pas d’autres mots.

Aujourd’hui, d’autres affaires traversent l’actualité. La fièvre aphteuse se répand comme une traînée de poudre aux quatre coins de la planète, favorisée en cela par les déplacements que l’on fait faire aux bestiaux afin de réduire au maximum les coûts d’engraissage. Il faut également citer le naufrage d’un chimiquier au large des côtes espagnoles ou celui d’une plate-forme pétrolière au Brésil. On aurait pu penser que la marée noire provoquée par l’Erika entraîne une plus grande prudence et surtout une plus grande rigueur à l’égard de l’état des bateaux qui transportent des produits polluants. Mais force est de constater que les accidents de ce type se succèdent comme si les mêmes erreurs devaient être répétées inlassablement.

Quant à la volonté des États-Unis de marchandiser le droit à polluer, elle est le reflet le plus entier d’une logique où tout doit s’acheter et se vendre, sans limite et en dépit de tout respect de l’environnement.

Á chaque fois, on nous ressort la même rengaine libérale qui, cherchant à justifier l’injustifiable, s’efforce de faire croire que tout cela est sans conséquence pour l’homme.

Le point commun de toutes ces histoires sordides ? La volonté de tout rendre rentable et le plus possible. Un même système qui impose que toute économie, aussi minime soit-elle, passe avant la considération de ses conséquences. Dans le même temps, la justice se fait claire à l’égard de José Bové et de ses acolytes en prononçant trois mois ferme pour le démontage du McDo et 10 mois avec sursis assortis de deux ans de mise à l’épreuve pour le saccage du riz transgénique. S’il y a récidive, la sanction sera lourde. Il est clair que la justice, en bonne alliée du capitalisme, ne laissera pas faire ces empêcheurs de profiter en rond.

Cette condamnation s’inscrit d’ailleurs dans un contexte plus large : les peines de plus en plus lourdes qui frappent les mouvements de contestation et d’action directe cherchent à faire taire ceux qui dénoncent, par des faits, les absurdités qu’on veut nous faire avaler. Deux logiques parfaitement incompatibles s’affrontent et notre capacité à peser dans la gestion des ressources reste largement à construire.

Dans le rapport de forces qui nous confronte à la gestion libérale de la planète, notre détermination est appelée à être sans faille !





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