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éditorial du n° 1596

Le jeudi 20 mai 2010.

Christine Lagarde, ministre des nuisances de la ploutocratie hexagonale, entonnait il y a moins de deux ans un édifiant titata médiatique, qualifiant de simple « trou d’air » la crise mondiale due aux banquiers fous. Las, il a fallu en rabattre. À ce jour, la crise, les échotiers en ont plein la bouche et s’en gargarisent avec délectation, tantôt pessimistes Cassandre, tantôt chantres appointés des thèses officielles. L’anniversaire des trois ans de règne de qui l’on-sait a été discrètement escamoté par l’intéressé, pour cause de fausses promesses et de médiocrité : bouclier fiscal maintenu contre toute logique et équité, utilisation cynique de la crise contre les retraites, les aides sociales (-10 %), les fonctionnaires et le service public en général. Tout cela serait dû à un endettement non négligeable qu’il faut rembourser à raison de 42 milliards d’intérêt par an.

M. Bernard Maris, que l’on imagine mal un couteau entre les dents, constate sur Radio-Paris que cette somme rondelette correspond à la moitié des dépenses publiques et salaires des fonctionnaires hors pension. D’après la bienvenue traduction de M. Maris, ça veut dire qu’on rend aux banquiers prêteurs 42 milliards par an, gagnés sans travailler, et que, pour ce faire, les politicards ont décidé de tailler dans les effectifs et les salaires de ceux qui justement travaillent : la dette sociale est sacrifiée à la dette financière.

À rapprocher du trou farceur de la sécu, payé trois fois par les bonnes pommes : une première fois dans les charges salariales, une seconde fois par la CSG toujours salariale, une troisième enfin par les contre-réformes d’austérité qui déferlent. Exonérations, boucliers et autres niches fiscales en dispensent bien sûr les plus aisés ; enfin, ceux qui n’auraient pas déjà choisi plus simplement depuis longtemps de ne pas payer du tout de charges patronales en abusant du chantage aux licenciements (armée, grands industriels, etc.).

Finances ou retraites, ils ont choisi ! Ailleurs, les dettes des PIGS (élégante appellation financière des Portugal, Irlande, Grèce et Espagne) sont autant de sources de juteux profits pour les félons qui prêtent à 5 ou 10 % l’argent qu’on leur cède entre 1 et 3 %. Milton Friedman et la sinistre École de Chicago peuvent pavoiser : plus il y a de désastres et de misère, plus il est facile aux dirigeants d’infliger l’insupportable à leurs peuples de clients. Belle image que celle des 800 000 litres de merde noire répandue chaque jour vers les côtes de la Louisiane par un capitalisme visqueux et mortifère.

Face à tant d’hypocrisie, de détournements et de rackets, les révoltes, la révolution, la reprise en main de nos affaires sont plus que jamais d’urgence. Sinon, on va bientôt manger à la table qui recule.


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