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éditorial du n° 1220

Le jeudi 9 novembre 2000.

Depuis son arrivée au gouvernement en 1997, la gauche plurielle se gargarise d’avoir fait baisser le chômage, faisant de la question de l’emploi un axe central des réformes engagées. Ainsi la mise en place des 35 heures et des mesures telles que les emplois-jeunes sont aujourd’hui présentées comme des avancées sociales en matière d’emploi. La baisse du nombre de chômeurs, 58 600 en septembre, serait là pour nous convaincre du bien-fondé des réformes liées au travail. Dans cette vision idyllique de l’action du gouvernement, exit la question de la précarité des emplois, de la flexibilité introduite ou accentuée, des salaires qui stagnent alors que l’inflation est bien réelle. Car, c’est bien connu, avoir un emploi, même précaire, mal payé et avec des conditions de travail déplorables, c’est déjà avoir de la chance, car il y a toujours plus mal loti que soi.

C’est d’ailleurs ce qu’on semble nous inciter à penser en annonçant que plus de 1,8 millions de travailleurs sont considérés comme pauvres, avec un revenu inférieur à 3 500 FF, et que près de 3 millions de personnes vivent dans un ménage pauvre (moins de 7 340 FF pour quatre personnes). Or ces travailleurs pauvres sont précisément les victimes des formes de travail les plus flexibles tant prisées par les employeurs : temps partiels, vacataires, contractuels, intérimaires, CES, etc.

Ne considérer que la baisse ou la hausse des demandeurs d’emplois officiels, c’est donc fonctionner avec une vision bien partielle des choses. Mais il s’agit là bien sûr d’un subtile stratagème pour faire bonne figure devant un électorat qu’il est toujours bon d’amadouer. Martine Aubry peut se tenir la tête haute après avoir quitté le gouvernement pour d’autres horizons électoraux, l’optimisme affiché sur la question du chômage reste de la poudre aux yeux. Pis, le gouvernement prend toutes les précautions pour éviter des mouvements de revendications salariales qui commencent à titiller sérieusement chez les laissés pour compte de la croissance. Le chômage devrait cesser de baisser d’ici 2003-2004, les effets des 35 heures, des emplois-jeunes et autres « contrats aidés » arrivant à leur terme.
Par cet épouvantail, le gouvernement utilise la question de l’emploi et du chômage pour faire valoir l’« impossibilité » de satisfaire des revendications sociales, notamment sur les salaires. Nous ne nous laisserons pas duper.


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