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éditorial du n° 1210

Le jeudi 15 juin 2000.

La modernisation de la société française va son petit bonhomme. L’innocent Fabius fête son retour aux affaires par une opération spectaculaire et, pense-t-il, populaire. Nous aurions donc « gagné » un financement des fonds de pension, pardon des fonds de réserve des retraites. Et il faudrait avoir la mauvaise foi d’un anarchiste pour trouver à redire dans cette opération parfaitement transparente et citoyenne !

L’attribution des licences de téléphonie mobile de troisième génération est exemplaire de ce que la gouvernance de gauche plurielle entend mettre en œuvre. Ni loi du marché avec mise en concurrence internationale, ni étatisme outrancier. Simplement un arbitrage qui privilégie les entreprises locales tout en créant des ressources au profit de l’intérêt général. Un chef-d’œuvre du politiquement correct.

Sauf que les dés sont pipés. Qui peut croire que Vivendi ou France Télécom sont des entreprises françaises qui peuvent cracher 32 milliards au bassinet ? Il y a déjà belle lurette que leurs activités et leurs capitaux sont croisés avec d’autres trusts transnationaux. Les enjeux de pouvoir internes ont lieu entre gros actionnaires qui n’ont rien à faire d’aucune patrie. La gouvernance entretient un jeu de dupe, histoire de ménager des sensibilités nationales attardées. Son argumentaire de garant d’une régulation économique ne tient pas la route face aux intérêt et aux capacités politiques du marché.

Plus crapuleux encore. Le pouvoir démolit un peu plus le principe d’entraide entre générations. Il permet aux groupes capitalistes tels qu’Axa ou de la mutualité française de se renforcer. Les ventes d’assurance et de retraites complémentaires sensées assurer les « imprévus de la vie », qui n’ont rien d’imprévu en soi, vont être dynamisées car légitimées. Nous devrions réfléchir à ce qui vient de se produire en Roumanie. 300 000 personnes ont tout perdu avec la faillite du Fonds National d’Investissements, mutuelle qui se gargarisait d’assurer les vieux jours des travailleurs. Est-il éthique et acceptable de faire dépendre notre protection des revenus tirés de l’exploitation d’autres travailleurs. Bien sûr que non. La seule richesse de l’humanité reste et restera sa force de travail collective.

C’est sur le socle de l’entraide qu’il nous faut penser et construire les relations sociales. Mort à la Bourse !


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