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éditorial du n° 1209

Le jeudi 8 juin 2000.

La gouvernance, concept qui a tout d’abord été utilisé par les géographes pour apporter une réponse politique à l’extension ultra rapide des périphéries urbaines et aux problèmes de gestion et de contrôle que cela induisaient, fait aujourd’hui le bonheur de la social-démocratie en quête de projet porteur dans les relations internationales.

Quand on est à la tête de 14 États, parmi les plus riches du monde, on se doit d’avoir des idées sur la gestion de la planète. C’est pourquoi le destin de la gouvernance serait d’être l’avenir de l’humanité. Décidément notre époque est en mal d’inspiration sociétaire.

Après le MEDEF qui en pince pour la « refondation sociale », voilà la gauche qui agite l’idée d’un « projet progressiste global face à la mondialisation » qui consisterait en une gouvernance.

À l’avenir les citoyens ne seraient plus gouvernés mais accompagnés et guidés par de gentils animateurs qui se chargeraient seulement d’articuler et mettre en place les politiques définies par la démocratie participative. Sous ce contrôle citoyen, l’État-camarade assurerait la régulation des échanges économiques équitables entre les nations et entre les individus citoyens. Le monde en serait plus beau… À petits pas nous irions enfin vers une société pacifiée. Sauf que la rénovation sociale dont se revendique un patronat militant risque fort de faire tâche dans ce beau dispositif de gauche œcuménique.

Précarisation systématique de l’emploi et baisse continuelle des salaires est le seul credo du MEDEF. Les méthodes de gestion du personnel laisse peu d’espoir à une démocratisation des rapports hiérarchiques en dépit de quelques discours circonstanciés.
Pour le salarié, même rebaptisé collaborateur, la seule issue proposée est de tout sacrifier à son boulot, et avec un peu de chance il bénéficiera de quelques actions comme seule garantie pour ses vieux jours.

Les conséquences sociales d’une telle stratégie économique peuvent être facilement imaginées au vu ce que qui se passe déjà. On ne voit pas comment et en quoi les velléités de régulations économiques de la gauche vont être en capacité de stopper ce processus de dégradation des conditions de vie de franges de plus en plus importantes de populations.

Nous ne pouvons que constater la convergence de fait existant entre la contre-révolution impulsée par un capitalisme sûr de sa force et un État organisant le contrôle social nécessaire à l’encadrement des populations. Reste un verni de progressisme, sorte d’exutoire et d’espoir qui canalise la contestation dans des structures et associations relevant plus du lobbying et de la charité que de la lutte de classes. Jusqu’à ce qu’au grand étonnement de tous, une révolte ne vienne briser ce bel édifice.


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