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éditorial du n° 1207

Le jeudi 25 mai 2000.

Cul-de-sac. Depuis des dizaines d’années la population palestinienne vit dans un cul-de-sac et rien ne permet de penser que sa situation puisse s’améliorer dans un avenir prévisible. L’Autorité palestinienne remet toujours à plus tard sa décision quant à sa transformation officielle en État dûment répertorié, ce qui par-delà notre opposition à cette structure répressive, signifie que l’État d’Israël s’y oppose par tous les moyens et que la communauté internationale ne veut pas lui forcer la main.
Force est de constater que les seuls « avancées » politiques ont été obtenus par l’Intifada, c’est-à-dire dans des émeutes permanentes extrêmement violentes et meurtrières, sans avoir rien demandé à Arafat. Le processus de paix, issu de cette révolte avait fait espérer aux palestiniens une amélioration de leurs conditions de vie.

Force est de constater que de négociations en concessions et promesses bidon, cet espoir de paix a été un marché de dupe. L’État israélien a torpillé le peu de confiance mise en lui par l’extension des colonies, dont on sait qu’elles sont l’œuvre des partis religieux les plus extrémistes. La seule chose que voient les palestiniens, ce sont les policiers d’Arafat, omniprésents et super équipés, qui contrôlent tout et n’hésitent pas à réprimer durement toute manifestation critique vis-à-vis d’Arafat. Cette police procède à de nombreuses arrestations de militants palestiniens hostiles à l’Autorité et les cas de tortures émaillent régulièrement les chroniques des organisations de défense des droits de l’homme.

Sur le plan économique c’est la catastrophe permanente et toute une population vit en otage, parquée dans une myriade de territoires enclavés et encerclés par l’armée et les colons israéliens. Ce qui permet à une petite minorité de bourgeois palestiniens, proche de l’Autorité et d’Arafat, de s’enrichir par le trafic et la corruption inhérents à ce genre de situation.

Est-il étonnant, dans ces conditions, que la colère et la désespérance poussent les palestiniens à se lancer à nouveau dans la violence. Il y a eu sept morts entre le 15 et le 20 mai dernier. C’est pourtant cette nouvelle révolte sanglante qui a obligé le gouvernement d’Ehud Barak à faire une concession, en décrétant le passage de trois localités proche de Jérusalem sous contrôle palestinien.

N’y aura-t-il donc jamais d’autres moyens que la force pour faire aboutir les revendications ? Il est probable que oui, tant que les populations israélienne et palestinienne resteront enfermées dans le carcan étatique.

La solution passera à un moment ou à un autre par celles et ceux qui des deux côtés agissent pour une pratique de l’entraide et un fédéralisme respectueux des identités respectives.


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