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éditorial du n° 1200

Le jeudi 6 avril 2000.

Alors que les députés avaient adoptés, le 10 février dernier, un amendement sur l’enregistrement sonore des gardes à vue, les sénateurs viennent de refuser la réforme de la garde à vue. Pour les flics et les magistrats, cela reviendrait ni plus ni moins à paralyser l’institution judiciaire. De Chevènement aux syndicats, tous redoutent une explosion de la délinquance si une telle mesure entre en vigueur. Déjà en 1993, la plupart de ces adeptes des coups de matraque et de bottin prédisaient la fin du système pénal quand les avocats ont eu le droit d’intervenir à la vingtième heure de garde à vue. Il n’en a bien sûr rien été. Flics et matons assassinent encore impunément.

C’est ainsi que récemment l’institution judiciaire a envoyé au mitard un prisonnier malade. Il est mort la semaine dernière.
Pour autant, il est illusoire de croire que les enregistrements sonores ou même vidéo des gardes à vue empêcheront les violences policières car celles-ci se poursuivraient alors à l’abri des micros et des caméras. Détention arbitraire, la garde à vue vise à casser les individus. Impossibilité de communiquer, voire de se soigner pendant de longues heures, cellules crades et exiguës, à cela il faut ajouter les brimades et vexations, tel est l’univers quotidien que réserve la police à toute personne qui passe entre ses mains. Les flics ne se cachent pas d’humilier les individus puisqu’ils viennent maintenant jusque dans les lycées, comme à Lyon, expliquer à la jeunesse ce qui l’attend lorsqu’elle enfreint la loi sur les stupéfiants et en particulier le cannabis. Dans ce cas comme en matière de terrorisme, l’intervention de l’avocat ne se fait d’ailleurs qu’à la 72e heure, preuve supplémentaire de l’inefficacité de la loi autorisant l’intervention de l’avocat après vingt heures de garde à vue.

De même, la présence de l’avocat dès la première heure de garde à vue que prévoit le projet de loi sur la présomption d’innocence ne changera rien non plus. Elle ne s’applique pas aux affaires de stupéfiants, de terrorisme, de bandes organisées et de proxénétisme et l’avocat ne pourra toujours pas accéder au dossier et assister aux interrogatoires. Ce ne sont pas des réformes qui mettront fin aux brutalités policières. Au contraire. En ces temps où la misère gangrène la société, la chasse aux pauvres et aux militant-e-s s’intensifie de jours en jours. Et on ne peut que vous recommander la lecture du Petit guide des situations délicates, brochure du groupe grenoblois Jules-Vallès de la Fédération anarchiste.


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