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Dominique Lestrat

Désinformation dans « L’Union »

Le jeudi 18 juin 1987.

Le militant Dominique Lestrat du groupe d’Anizy-le-Château de la Fédération anarchiste dans l’Aisne est de nouveau sur le pied de guerre (voir Monde libertaire n° 664 et 666). Deux fois licencié par l’ex-militaire Imbert (nommé par la gauche au pouvoir), directeur de l’hôpital psychiatrique départemental ; deux fois réintégré par le Tribunal administratif d’Amiens, le voilà de nouveau depuis le 13 mai 1987 jeté à la rue.

Désinformation à tout va...

Ce 3e licenciement, aussi scandaleux que les deux premiers, a été accompagné par une campagne de presse calomnieuse et mensongère dans L’Union (depuis un an aux mains d’Hersant et ça se sent !). On y apprenait, le 7 mai, que la procédure disciplinaire intentée contre notre camarade (qui aboutira au licenciement du 13 mai) par le directeur du CHS était faite à la demande « unanime » du conseil d’administration. Le lendemain, 8 mai, L’Union titrait « Lestrat sur la touche » et annonçait que le député communiste Roland Renard, siégeant au conseil d’administration de l’hôpital, avait « donné quitus »
à Imbert pour s’acharner sur Dominique.

Le 11 mai 1987, poursuivant sa campagne de désinformation, L’Union titrait en caractère gras « La CGT ne soutiendra pas Lestrat », alors que la CGT avait déclaré qu’elle n’était pas d’accord avec la technique de lutte adoptée par notre camarade (à savoir la grève de la faim illimitée), mais qu’elle était intervenue auprès du préfet pour demander le respect du jugement du tribunal administratif, dont « elle s’était félicitée ».

Quant au PCF, un rectificatif paraissait quelques jours plus tard à propos de Dominique Lestrat, où le parti communiste rappelait son opposition « à toute mesure sanctionnant un salarié qui exprime opinion sur la politique conduite par son employeur ». C’est donc avec une partie de la presse locale complètement à la botte du directeur de l’hôpital de Prémontré que commençait, le 22 mai 1987, une nouvelle grève de la faim.

Une semaine de répit

Le comité de soutien à Domini-que Lestrat avait décidé d’attendre une semaine avant de commencer vraiment les actions, pour permettre au préfet, de régler cette histoire rapidement comme il se devrait et éviter « les défraiements de la chronique » des années 1984 et 1985, encore présents dans la mémoire collective de la région.

Cela n’a pas empêché de nombreuses mains anonymes de couvrir la ville de Laon et les environs de l’hôpital de Prémontré de graffitis. La préfecture n’ayant pas désavoué Imbert et couvrant ainsi ce licenciement scandaleux, le comité de soutien s’est mis au travail. Distribution de tracts au CHS de Prémontré, dans les rues passantes de Laon, sur les marchés ; campagne d’affichage sur toute la région ; envoi d’une circulaire signé D. Lestrat à tous les élus départementaux et régionaux, aux ministres concernés.

Une lettre type à recopier et à envoyer à tous les notables a été distribuée largement aux nombreuses personnes venues soutenir l’action. Des pétitions circulent. Une émission a été réalisée pour une radio locale sur les événements et les auditeurs de Radio-Libertaire pourront bientôt l’entendre sur leur radio préférée.

Encore des actions...

Des actions menées par un comité de soutien très actif se déroulent continuellement. Samedi 6 juin, des membres du comité déguisés en homme-sandwich promenaient à travers la ville-haute des panneaux du style « Lestrat interdit de travail » ou « Arbitraire acharnement, autoritarisme » et autres dénonciations du « scandale au CHS de Prémontré ».

Ces promenades, qui ont duré toute la journée, agrémentées de distributions de tracts, ont très bien été perçues par la population locale. Cette manifestation du genre « les folles de la place de Mai » s’est renouvelée le samedi suivant sur la place de l’Hotel de Ville où un jeûne de solidarité a eu lieu.

Mercredi 10 juin, pour le vingtième jour de grève de la faim de Dominique, des membres du comité de soutien se sont enchaînés aux grilles de la préfecture. L’action rapide des forces de l’ordre pour évacuer les camarades n’a pu éviter les photos des journalistes locaux. Le même jour, à midi, FR3 se faisait l’écho de cette action.

D’autres actions suivront pour faire savoir que le droit au travail ne sera pas bradé à Prémontré par un directeur « en mal de caserne », tant qu’il y aura des anarchistes.

Gr. Anizy-le-Château


Pour avoir des nouvelles : comité de soutien à D. Lestrat, Moulin-de-Paris, Merlieux, 02000 Laon (tél : [16] 23.80.17.09).

Vous pouvez aussi écrire au préfet de l’Aisne : René Vial, 2, rue Paul-Doumer, 02000 Laon (tél. : [16] 23.20.11.11, poste 8000).





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