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Affaire Dominique Lestrat

Après 70 jours de grève de la faim

Le jeudi 10 septembre 1987.

Bien qu’il n’ait pas obtenu gain de cause sur sa principale revendication, à savoir sa réintégration à l’Hôpital de jour de Laon sur un poste d’éducateur, Dominique Lestrat a cessé sa grève de la faim le 30 juillet 1987 à 21 h [1].

Nous ne reviendrons pas sur les détails de cette affaire, que nous avons traitée dans les Monde libertaire de mai et juin 1987. Nous invitons les lecteurs à s’y reporter. La mobilisation s’est accentuée en juillet, avec une « bonne couverture » audio-visuelle de FR3-Picardie et Antenne 2. C’est d’ailleurs à la suite du reportage diffusé sur cette télévision nationale qu’un poste d’animateur, donc respectant les qualifications professionnelles de notre camarade, lui a été proposé au Centre hospitalier de Laon, aux mêmes conditions matérielles qu’à l’Hôpital de jour de Laon (salaires, horaires, moyens de travailler, etc.).

Une action de longue haleine

À partir de cette époque, de nombreuses personnalités politiques, aussi bien de droite que de gauche, se sont manifestées pour, sinon apporter un soutien franc et massif à notre camarade libertaire, du moins pour dénoncer sans équivoque le comportement outrancier de M. Imbert, le directeur du CHS de Prémontré, qui rappelons-le avait, le 13 mai 1987, pour la troisième fois consécutive, licencié Dominique Lestrat après que le tribunal administratif ait cassé les deux premiers licenciements. Un nouveau recours a été déposé devant ce tribunal, et ce troisième licenciement illégal sera à coup sûr annulé comme les autres.

Cette action de longue haleine aura permis d’isoler politiquement, et de manière définitive, ce directeur bien particulier. Il serait pour
le moins dangereux pour un candidat aux élections de se réclamer d’une quelconque solidarité avec ce triste individu, tant sa réputation s’est dégradée. Et chacun de laisser entendre à Dominique que des efforts sont faits pour qu’Imbert foute le camp…

Cette action aura eu aussi une autre incidence : le renforcement du groupe de la Fédération anarchiste d’Anizy-le-Château, qui a considérablement augmenté son audience et « fait le plein » de militants et de sympathisants formés dans l’action. Imbert et tous les gens de sa sorte n’en ont pas fini avec les anarchistes… Le combat continue donc sous d’autres formes : procédures devant le tribunal administratif, et harcèlement politique pour précipiter le départ d’Imbert vers d’autres horizons que la direction d’hôpitaux psychiatriques.

Nous terminerons cet article en donnant la parole à Dominique, qui notait dans le communiqué annonçant la fin de son action :
« L’analyse de cette expérience douloureuse renforce mes convictions libertaires, et mon principal souci, en tant que citoyen et mili-tant de la Fédération anarchiste, sera plus que jamais de combattre ce prétendu système démocratique, qui démontre une fois de plus qu’il est incapable de rendre justice et d’assurer l’émergence de la vérité ».

Gr. d’Anizy-le-Château


[1Dont 10 jours sous médicaments.





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