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éditorial du n° 1189

Le jeudi 20 janvier 2000.

C’est Jacques Chirac qui le 12 janvier 1996 avait lancé le projet de réforme de la justice. Ce même projet repris par É. Guigou en 1998 était alors voté par la droite. Il fait aujourd’hui l’objet d’une vive opposition de cette même droite. On pourrait se perdre dans les arguties juridiques et chercher à situer la divergence d’opinion, ce serait peine perdue. Pour l’essentiel, la modernisation de l’appareil juridique répond aux mêmes exigences pour la gauche et pour la droite.

Il s’agit d’abord d’adapter l’exercice de l’« injustice d’État » au nombre croissant des inculpations, qui rien qu’en ce qui concerne les affaires civiles ont augmenté de 330 % depuis 1958. La rentabilisation souhaitée se traduirait par des jugements expéditifs pour les prévenus (sans relations)… un moyen économique de gérer le problème. Cette mesure doit s’accompagner d’un contrôle accru sur les magistrats, prétendument pour démocratiser la machine. En fait, il s’agit de contenir la prolifération des mises en examen qui discrédite l’ensemble des partis politiques. Donc si la droite est aujourd’hui contre ce projet ce n’est pas par conviction, mais pour tenter par tous les moyens de déstabiliser Jospin avant les élections.

Pendant que les dirigeants jouent au chat et à la souris sous couvert de démocratisation de la justice, la situation carcérale en France continue d’empirer. Les prisonniers s’entassent à quatre dans 10m2, victimes de violence sexuelles, maltraités par les matons, avec un suivi médical tronqué. Ces conditions épouvantables conduisent certains d’entre eux au suicide. Chirac, lui, quelles que soient les magouilles dans lesquelles il ait trempé, bénéficie d’une immunité totale.

De toute manière les puissants de ce monde seront toujours au-dessus des lois, puisqu’ils les produisent en fonction de leurs intérêts pour continuer à asservir ceux qui sont déjà victimes de la loi du marché. Moderniser la Justice, pour l’État, c’est la rendre plus efficace au détriment des plus démunis. Quant au véritable combat contre l’injustice, les anarchistes ne s’y trompent pas, en soutenant les sans-papiers, les déserteurs, les prisonniers et de plus en plus souvent les militants, victimes de la répression. N’attendons rien de l’indépendance des magistrats. L’expérience a montré que c’est par l’action directe, en se mobilisant devant les palais de justice que l’on peut faire reculer les juges.


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