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éditorial du n° 1192

Le jeudi 10 février 2000.

D’honnêtes démocrates voient dans l’arrivée au gouvernement de l’extrême droite autrichienne un formidable bon avant pour l’Europe politique et de s’empresser de saluer les sanctions symboliques qu’ont pris les 14 autres pays membres de l’Union européenne.

L’objectif principal reste que cette dernière puisse continuer de fonctionner plus ou moins normalement. Tel est le sens de la déclaration de principe du gouvernement de Vienne sur le respect des valeurs démocratiques. Ça ne coûte pas cher et le fascisme peut continuer d’avancer tranquillement ses pions, étape par étape en Autriche comme partout ailleurs en Europe.

Les centres de rétentions français accueillent toujours sans relâche les sans-papiers et les maires poursuivent la chasse aux Tsiganes qui viennent s’installer sur leurs fiefs. Le fascisme ne s’identifie pas à un parti mais bien à un ensemble d’attitudes et de pratiques qui attentent à la liberté comme le font explicitement les conventions de Dublin et le traité d’Amsterdam mettant en œuvre une politique commune contre l’immigration.

Lorsque les gens qui ont voté pour la gauche s’aperçoivent que la construction européenne ne bénéficient qu’aux riches, que le chômage et la précarité ne cessent de s’étendre, la désillusion peut être grande. Dans le contexte actuel, les solutions juridiques et légales prônées par les forces de gauche antifascistes sont vouées d’ores et déjà à l’échec puisqu’elles feignent d’oublier que le fascisme et le racisme ne sont que les résultats de la domination capitaliste.

Certes, les nombreux journalistes, écrivains, artistes ou intellectuels qui ont pris part à la protestation contre le retour de la peste brune apportent une contribution à la lutte antifasciste en soulignant notamment la responsabilité de l’État autrichien dans la faiblesse de la « dénazification ».

On ne voit pas comment leur acharnement à vouloir sauvegarder à tout prix les fondations du système pourrait obtenir l’accord de populations écœurées qui ont logiquement appris à être méfiantes vis-à-vis de tous les discours politiques.

Une véritable opposition est indissociable d’une revendication de liberté et d’émancipation sociale.

Combattre le fascisme, c’est lutter contre toutes les formes d’autorités et d’exploitation afin d’éradiquer pour toujours ses causes économiques et politiques profondes : le capitalisme et l’État. Entre l’activisme forcené et un large front antifasciste, dont le compromis porte en germe des risques de dissensions encore plus violents, nous préconisons l’autonomie des différentes forces antifascistes agissant selon leurs principes. À chacun de prendre ses responsabilités et d’être conséquent.





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