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éditorial du n° 1197

Le jeudi 16 mars 2000.

Il n’y a pas plus de hasard dans les prises de positions politiques des élus corses partagés entre autonomie et décentralisation que dans celles de Jospin prêt à discuter de tout si rien ne remet en cause l’unicité de la République ou celles de Chirac qui évoque pour les Antilles une possible évolution de leur statut politique sans rien expliquer de son contenu.

Autant de belles déclarations qui ne mangent pas de pain et qui permettent de temporiser et de repousser à plus tard toutes démarches et décisions sur des enjeux qui taraudent l’État depuis des lustres. En attendant, des centaines de prisonniers basques, antillais, corses, guyanais et autres croupissent dans des prisons bien françaises.

Pourtant le principe de la République une et indivisible, à l’image du dieu des chrétiens, n’a jamais été et sera à l’avenir, de moins en moins en mesure s’assurer une cohésion sociale et politique aux populations qu’elle prétend rassembler et contrôler. Depuis 1789, notre histoire est jalonné de révoltes et de répressions envers des populations qui n’ont jamais accepté la domination que l’État français leur imposait.

Cette incapacité de l’État à garantir une égalité d’existence entre les différentes collectivités socio-culturelles à été faite par les anarchistes depuis belle lurette, c’est pourquoi nous proposons que les rapports sociaux se structurent autour du concept de fédéralisme dont nous précisons qu’il doit être libertaire.

Nous sommes pour l’autonomie individuelle et collective et la libre association qui implique la possibilité de se dissocier. Le fédéralisme libertaire repose sur un constat simple : les êtres humains sont des êtres qui entretiennent des liens d’interdépendance hors desquels ils ne pourraient survivre. L’entraide et l’échange sont des nécessités incontournables à l’évolution de tout groupe humain. Et toute volonté tendant à vouloir réguler, contrôler et normaliser ces relations ne peut que se traduire par la mise en place d’un système coercitif et autoritaire. C’est bien ce qui nous distingue des mouvements indépendantistes et nationalistes qui se définissent d’abord contre les autres.

La liberté de la population basque et corse ne sera que le jour où cette revendication saura s’articuler avec celles des populations françaises, espagnoles,… dans la liberté et l’égalité. C’est-à-dire lorsque nous aurons su définir et mettre en œuvre, ensemble, un projet porteur d’émancipation assurant à chacun une totale liberté et égalité économique et sociale. Pour le moment, nous ne connaissons que l’arrogance des nationalistes qui prétendent être propriétaires de nos existences en nous collant des identités que nous n’avons pas forcément choisis !


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