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Pour un affichage libre

Le jeudi 4 décembre 2014.

Si Yvon Robert et ses adjoints apprenaient que des dissidents chinois avaient recouvert les murs de Pékin d’affiches contre la dictature, on peut supposer qu’ils s’en réjouiraient et s’indigneraient de la répression qui forcément s’ensuivrait. Mais si d’aventure, les libertaires de la librairie l’Insoumise apposent quelques affichettes dans leur quartier, pour informer les gens d’un festival de films documentaires ou d’une animation culturelle, Yvon Robert et ses adjoints s’empressent d’envoyer leur police municipale porter plainte contre eux ! D’autres colleurs auraient aussi été poursuivis…

Vouloir faire condamner les militants politiques ou associatifs est digne de régimes totalitaires ou du moins autoritaires et indigne d’une démocratie mais ça ne semble pas les déranger, ils n’en ont même pas honte ! Pourtant, les valeurs républicaines, les libertés démocratiques, ils en ont plein la bouche, mais ce ne sont que des mots creux qui font jolis dans leur propagande électorale, pas question qu’on puisse les mettre en actes !

Aux citoyens qui s’étonnent de voir des dizaines de millions d’euros d’argent public versées aux partis politiques, Yvon Robert et ses amis politiciens expliquent doctement que c’est le coût de la démocratie, le prix à payer pour que vive le débat politique. Mais quand la mairie décolle les affiches apposées çà et là (ce que d’ailleurs la plupart des citoyens lambda n’a jamais demandé) ils trouvent que c’est un coût insupportable pour les contribuables ! Deux poids, deux mesures !

Mais pourquoi en débattre, puisqu’Yvon Robert et son bureau municipal ont l’argument censé clore toute discussion : les affiches salissent ! C’est de la pollution visuelle ! Et depuis quand les idées sont-elles sales ? Depuis quand l’information culturelle et politique pollue-t-elle ? Et ces « responsables », qui assènent ces énormités et nous font la leçon comme à des petits enfants irresponsables (ce n’est pas bien de coller des affiches, ça coûte des sous et ça salit) osent se dire humanistes ! Au fait, le Parti socialiste n’a-t-il jamais collé la moindre affiche ?

Et en plus, de quoi se plaignent-ils, en quoi un peu de papier couleurs collé sur un mobilier urbain, gris et laid, serait-il salissant ? Ça ne le rend pas plutôt plus gai, et ne met pas un peu de vivant dans des rues quelquefois bien tristes, montrant que la vie culturelle et politique existe. Que cherchent-ils, le silence des pantoufles ?

D’ailleurs c’est bien connu, l’air qu’on respire à Rouen est des plus pur, les trottoirs exempts de toute salissure et déjection ! Et à chaque carrefour, pas de danger de tomber sur une sucette publicitaire, vantant souvent des produits pour la plupart hors de portée de la bourse du passant moyen et contenant parfois des images obscènes et dégradantes pour les femmes. Et puis ce n’est pas comme si les associations et mouvements politiques réclamaient depuis des années davantage de panneaux d’affichage libre et que rien n’ait été fait…

Avec leurs faibles moyens, les Ami-e-s de la librairie l’Insoumise sont fiers de défendre cette valeur universelle qu’est la liberté d’expression et continueront à la faire vivre avec un peu de colle et de papier par, entre autres, l’affichage libre !

Les ami-e-s de la librairie l’Insoumise
128, Rue Saint-Hilaire, 76000 ouen


Article 19 de la Déclaration des droits de l’homme du 10 décembre 1948
« Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »





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