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éditorial du n° 1102

Le jeudi 27 novembre 1997.

Il fut une époque où le syndicalisme avait pour but de mettre à bas la société capitaliste et donc le système du salariat… Mais c’était il y a bien longtemps. Puis vint pour lui le temps de défendre seulement l’existant… Mais hélas, même cette volonté semble aujourd’hui s’émousser. Il n’y a qu’à voir combien le « tous ensemble » contre le plan Juppé est retombé comme un soufflé, et comment les différentes directions syndicales laissent finalement les mains libres à Jospin pour appliquer cette étatisation de la Sécurité sociale à nos frais. Comme pour les politiciens, il leur reste heureusement la foire aux élections. Vu la suppression de celles-ci aux caisses de la sécu, les prud’homales sont donc l’ultime os à ronger. Alors, pas question de lésiner sur l’investissement financier pour ce scrutin. Par contre, au niveau idéologique, cela vole bas : sigles fluos, affiches aux slogans dignes d’une marque de lessive ou d’ordinateurs couvrent les murs des villes depuis un mois. Bref, puisque spectacle il y a, autant en être la star. Blondel a décidé que ce serait lui. Utilisant de façon répétée des propos sexistes et homophobes, F.O. sera donc le syndicat « des mecs qui en ont », faute d’offrir d’autres perspectives. Si l’on rajoute les propos tenus par son ami Roger Poletti sur Canal+, déclarant que « tout bon communiste est un communiste mort », on voit vite que cette démagogie, ce populisme, cette vulgarité engraissent un peu plus le terrain du F.N. Blondel entraîne lourdement son « indépendance syndicale » sur des eaux dangereuses… pour sauver sa barque.

En tout cas, il est clair qu’au vu du résultat du conflit des routiers, aussi bien qu’au travers des enjeux des prud’homales, les militants syndicaux de base n’ont plus rien à attendre des manœuvres des bureaucrates. Basta la cogestion de la C.F.D.T., basta les discours écœurants et faussement radicaux de F.O., basta le silence radio de la C.G.T. soucieuse d’aider les camarades-ministres. Les salariés ont plus que jamais besoin de déclencher un mouvement social en se donnant les moyens de contrôler leur lutte. Cela par des liens et des réseaux nécessaires entre grévistes, par-dessus les appareils syndicaux concurrents. Les anarchistes sont partie prenante de cette perspective.





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