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Nice, 7 décembre

la répression bloque la contestation
Le jeudi 14 décembre 2000.

Le 7 décembre devait être la journée du blocage du sommet européen. Trois à cinq mille personnes convergèrent donc dès sept heures, ce jeudi matin, vers l’Acropolis, lieu du sommet, en deux cortèges situés l’un dans la partie est, l’autre dans la partie ouest de la ville coupée en deux par le dispositif policier.

Cependant la répartition entre les cortèges fut très déséquilibrée, le cortège ouest concentrant l’essentiel des manifestant-e-s. Ce sera d’ailleurs celui-ci qui fera l’objet des attaques les plus violentes de la part de forces de police fermement décidées à empêcher tout blocage du sommet. Avec seulement cinq à six cents personnes, les manifestant-e-s cantonné-e-s à l’ouest ne purent mener que des actions symboliques, en tentant de bloquer l’accès au bâtiment à quelques congressistes piétons, tentatives aussitôt avortées par une charge de gardes mobiles.

C’est donc dans la partie est de la ville, directement aux abords du sommet, qu’ont eu lieu ce que toute la presse a appelé des « débordements » par des « casseurs », « anarchistes » (mais aussi « basques », « corses »…) armés comme il se doit de « barres de fer ». Quelques incidents vinrent à point nommé pour permettre une répression sans commune mesure avec les événements qui lui ont servi de prétexte pour permettre la dispersion des manifestant-e-s. La police a employé tous les moyens dont elle disposait pour faire peur : hélicoptère, charges de mobiles, lacrymogènes, canon à eau… C’est dans ces conditions également que quelques vitrines de banques voleront en éclat et qu’une agence de la BNP verra son sas d’entrée incendié. Ces incidents ont dû durer en tout deux heures. Après quoi les manifestants furent complètement dispersés. Le blocage du sommet avait échoué.

À midi, un millier de personnes sont alors parties du gymnase « Leyrit », lieu central du collectif « Nice 2000 », vers le commissariat où se trouvaient quelques personnes interpellées, afin d’obtenir leur libération. Encore une fois, la police a choisi de dégager le terrain sans sommation. Les manifestant-e-s ont alors reflué en ordre dispersé vers la salle Leyrit, salle où atterrit apparemment une grenade lacrymogène policière. De nouvelles arrestations auront lieu quand les manifestants seront coincés dans une souricière du côté de la gare Riquier.

Ce sont là les seuls incidents « sérieux » de toute la journée. Un sit-in d’une centaine de personnes sera à nouveau violemment dispersé vers 17 heures avenue Jean-Médecin… Une cinquantaine de manifestant-e-s se heurtera au service d’ordre d’un cortège de 300 lepénistes…

Au total, on a donc dénombré plus de quarante interpellations et gardes à vue sur toute la journée. Toutes les personnes ont été relâchées et une quinzaine d’entre elles seraient inculpées sous des motifs divers. Deux jeunes basques espagnols ont déjà été condamnés en comparution immédiate le 8 décembre à un mois de prison ferme et deux ans d’inter-diction du territoire. Dans les rangs libertaires, on dénombre cinq personnes inculpées, dont un militant FA lyonnais et deux cénétistes stéphanois. Procès pour tou-te-s en février et mars.

Bertrand Dekoninck. —groupe F.A. de la Métropole lilloise





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