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éditorial du n° 1292

Le jeudi 10 octobre 2002.

Interdiction des raves non déclarées à l’Autorité, des rassemblements dans les cages d’escaliers, amende de 7 500 euros, voire une peine de prison pour ceux qui collectionnent plus de dix contraventions dans les transports en commun sur une période de douze mois, renforcements incessants du plan Vigipirate, une nouvelle politique de construction pénitentiaire dont la mise en place de centres éducatifs « pédagogiquement » fermés, des militants sous les barreaux comme cet été Ahmed lors du camp No Border à Strabourg ou José Bové, chasse aux prostitués, arrêtés contre la mendicité, interdiction des squats, du nomadisme, fermeture du centre de Sangatte, accords de police entre la France et le Royaume-Uni, la France et la Roumanie, extradition de militants vers l’Italie berlusconnienne, lutte contre l’école buissonnière avec la suppression des allocations familiales et peut-être bientôt une amende pour bien se faire comprendre… et toutes ces mesures mises en place ou en débat que nous oublions. Mais jusqu’où iront-ils ? Qu’est-ce qui pourra bien arrêter cette logique apparue aux yeux de tous après le 11 septembre 2001. La loi sur la sécurité quotidienne votée par la gauche a ouvert le bal. Quand est-ce que Sarkozy fermera le bal ?

Faut-il attendre les bavures ? Elles sont déjà présentes et justifiées : rappelons-nous, si nécessaire, les événements cet été de Damnarie-les-Lys et de « ses petits terroristes de banlieue ». Nous sommes face à une logique qu’il va bien être difficile d’infléchir. Ces lois liberticides, qui ne sont en rien sécuritaires, veulent museler les mouvements sociaux et les plus pauvres. Hier, nous avions peur d’être au chômage, aujourd’hui nous sommes des criminels. Nos gouvernants accentuent de jour en jour un système qui génère toujours plus d’exclusions et laissent le bras répressif de l’État s’occuper des dégats collatéraux. Tel le docteur Knock qui trouve une maladie à tous ses patients, sauf à sa secrétaire qui lui est encore utile, docteur Raffarin marche d’un bon train. La tension fasciste est là. Nous n’attendrons pas le scalpel de Le Pen pour attendre nos responsabilités.





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