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23 jours de grève au centre de tri Rennes-Airlande

Le mercredi 5 mai 2004.

Le mercredi 24 mars, la majorité du personnel (fonctionnaires et CDI) du centre de tri se met en grève en apprenant que la direction avait prévu au titre de la réorganisation la suppression de 9 positions de travail, de plus la direction prévoit que le service du 2 nuits sur 4 serait à terme supprimé, les agents étant redéployés sur des services de fin d’après-midi, de début de soirée, ce qui à terme devrait les faire travailler 47 jours de plus par an. Les grévistes décident de bloquer le centre de tri pour la nuit du mercredi au jeudi, ils le réouvriront le jeudi de 11 heures à 15 heures, dans l’espoir déçu d’entamer des négociations.

Le 25 mars au matin, les sieurs Guillou, directeur du centre de tri, Jeannin, directeur DOTC 22-35, donnent l’ordre criminel à un chauffeur d’une entreprise privée travaillant pour La Poste de faire sortir un camion resté bloqué à l’intérieur du centre de tri. Le camion fonça sur le piquet de grève, un gréviste eut le réflexe de sauter dans un feu de palette afin d’avoir la vie sauve... L’après-midi même, ces patrons scélérats iront jusqu’à faire envoyer les forces de répression afin de dégager le centre de tri sous le prétexte fallacieux du bon déroulement de la mascarade électorale alors que ces plis avaient pris un autre circuit d’acheminement.

De plus tout au long du mouvement, la direction de La Poste mania comme à son habitude avec dextérité mensonges, désinformations, pressions, tout le manuel du bon manager y est passé. Par exemple, pour le taux de grévistes, elle se permet de prendre en compte la totalité des agents sans défalquer les personnes en congés ou en maladie ou en ARTT, etc. au lieu bien entendu de prendre l’effectif prévu au tableau de service. Quand au projet de réorganisation, le personnel a découvert que la direction avait non seulement prévu de supprimer une vingtaine d’emplois dès cette année mais que pour les années 2005-2006, ils avaient prévu d’en supprimer une quarantaine d’autres. Les patrons disent qu’il n’y a pas de licenciements, mais 40 personnes partant en retraite non remplacées, c’est pourtant 40 autres personnes ne pouvant travailler dans ces emplois là. Si ce ne sont pas des licenciements, le résultat est qu’il y aura bien 40 chômeurs en plus tout de même.

Pendant 3 semaines, les employé.e.s se firent ballotter de séances de négociation en rupture, sans avancée véritable, sauf de reculer l’échéance un peu plus, Guillou se permettant même (sans doute aux ordres de Paris), de reprendre un jour ce qui avait été accordé la veille. Visiblement la Direction jouait le pourrissement du conflit, Rennes étant envisagé comme lieu d’implantation d’une plate-forme nationale, la lutte avait pour les dirigeants valeur de test pour évaluer de la combativité des agents. La grève s’est terminée le vendredi 16 avril, après une victoire au goût amer : 4 CDD sont transformés en CDI temps complet, maintien du service et du personnel 2 nuits sur 4 jusqu’à fin 2006, les grévistes vont devoir payer tous les jours de grève. 7 jours sur la paye d’avril, le reste d’ici fin 2004.

Une autre fin ?

Alors qu’au début la grève affectait tous les services de jour comme de nuit, la direction a joué la division en isolant les services de nuit les plus combatifs, indiquant que le jour n’étant en rien concerné par les suppressions de postes. La chefferie départementale CFDT PTT, comme d’habitude après avoir aboyé est rentré au bercail laissant nombre de ses adhérents pour le moins interloqués. Dans les 2 ou 3 premiers jours, il eut été possible de construire un mouvement d’ampleur au centre de tri et de gagner la solidarité des autres services de la Poste (bureaux, centre de distribution, etc.), mais les organisations syndicales ont très peu communiquer sur le conflit vers les employé.e.s de la Poste, ni non plus aux militants CGT-PTT et SUD-PTT, excepté 2 rassemblements les 1er et 1 avril. Ces appels à la va-vite ont empêché une véritable mobilisation à la mesure des enjeux, laissant la direction faire son travail de désinformation.

In Le Communard 35 n° 4


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