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Le point sur Usinor-Denain

Le jeudi 10 mai 1979.

Aujourd’hui à Denain, on est loin des périodes d’intense mobilisation. Toutefois des questions se posent les sidérurgistes se sont-ils résignés ou une nouvelle explosion de colère est-elle en-core possible ? Que laisse sous-entendre leur faible participation à la manifestation du 1er Mai : découragement ou rancoeur envers les syndicats ? En fait, il y a sûrement des deux. Il convient cependant de souligner deux points importants :

  • tout d’abord, la violence qui relevait plus d’une haine viscérale que d’un acte politique réfléchi, ne pouvait se suffire à elle-même
  • d’autre part, les patrons d’Usinor ont changé de tactique. La bourgeoisie ne s’attaque plus à tous les sidérurgistes en bloc, elle essaie au contraire de les diviser, de les démobiliser. Ainsi, après le recul des échéances à l’année 1980 (sauf pour certains secteurs qu’elle veut couper des autres), voilà qu’elle met en place ses fameuses « mesures sociales » : prime de 5 millions, lettres envoyées à tous les sidérurgistes concernant les pré-retraites et les départs volontaires. Et voila le plan de restructuration qui s’amorce en douceur. Évidemment, plus personne ne parle des 5 000 licenciements mais ces « mesures », qu’on le veuille ou non, sont bel et bien des licenciements camouflés. Ce sera donc d’abord des milliers de pré-retraites, puis la fermeture en août de 3 secteurs comme les agglo, le four à chaux, avec bien entendu des reconversions (l’automobile ?!).

En échelonnant ainsi le plan, en créant des illusions, la tâche du patronat est simple. Il est donc nécessaire de s’opposer d toutes les manoeuvres de division, de reprendre l’offensive et de créer un véritable courant de solidarité (Usinor-Dunkerque est en lutte elle aussi depuis peu).

Il est essentiel également que les sidérurgistes se démarquent de leurs syndicats et s’organisent de façon autonome. Malheureusement ils manquent énormément ans ce domaine de perspectives organisationnelles. Après de longues années de réformisme et de luttes syndicales, la pratique de la démocratie directe et de l’autonomie ouvrière n’est plus qu’un vague soutenir. D’autre part, il est clair que les syndicats supporteraient difficilement un quelconque débordement. Comme le disait dans Libération un délégué CFDT d’Usinor : « Ce qu’on redoute maintenant, c’est que les gars s’organisent entre eux et montent des coups sans nous avertir, parce qu’ils sauraient qu’ils ne peuvent plus compter sur notre soutien ». Nous voyons donc que même si elle existe de façon ponctuelle, l’autonomie ouvrière se heurte encore à de nombreux obstacles.

De toute façon, si rien n’est fait, le Valenciennois se dirige à grands pas vers les 30 000 chômeurs (n’oublions pas que des dizaines d’entreprises dépendent d’Usinor). Pour un arrondissement, c’est beaucoup !

Liaison FA de Valenciennes


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