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Louis Simon

Le jeudi 23 octobre 1980.

Un grand compagnon nous a quitté cet été, le 31 juillet 1980 : Louis Simon.

Quelques jours avant son hospitalisation, il faisait une dernière brillante conférence sur Han Ryner et sa pensée — un sujet que nul autre, exceptée sa compagne, Georgette Ryner, qui l’avait précédé dans la mort il y a cinq années, ne connaissait aussi bien, et sur lequel personne ne pouvait mieux transmettre de message.

Louis Simon était un être exceptionnel, en ce sens qu’il était à la fois scientifique, écrivain et poète. Il était aussi un militant infatigable, depuis sa jeunesse jusqu’à ses 80 ans, pour les causes du pacifisme et de l’anarchisme.

Les Amis de Han Ryner (AMR) et leurs Cahiers comptaient beaucoup pour lui, et il n’a cessé de perpétuer la pensée de ce grand philosophe.

Vieux militant de la FA, Louis était un des « grands » du mouvement anarchiste français et international, dans la lignée des penseurs libertaires du début du siècle.

Louis Simon s’est consacré inlassablement à la cause du pacifisme. Militant de toujours de l’IRG (Internationale des Résistants à la Guerre), il y représentait la branche française, autrefois la LAP (Ligue d’Action pacifiste) qu’il animait ; puis, lorsque ces mouvements fusionnèrent, l’Union pacifiste (UPF) dont il a été un des militants les plus dynamiques et engagés. « Individualiste dans le social » lui aussi, tout comme son beau-père et père spirituel, il dédaignait la violence de la politique pour se consacrer à la solidarité entre les hommes. Avec la vigueur de ses positions et la fidélité sans faille de ses idéaux, il s’engageait avec fermeté et bonté à la fois. Mais, ce « puits de science et de philosophie » avait un contact très simple et riche de chaleur humaine, il avait le sens de l’humour, et l’amitié avec lui était grandement partagée. La droiture de ses sentiments égalait celle de ses réflexions.

Nous ne verrons plus sa barbe blanche se dresser dans une salle pour soutenir la position de jeunes objecteurs de vingt ans, violemment pris à partie par des hommes se prétendant plus mûrs…

Avec le départ de Louis Simon, c’est un vide que nous ressentons profon-dément, tant pour les mouvements libertaire et pacifiste que pour ceux qui ont eu la chance d’être ses compagnons.

Maurice MONTET





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