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Décès

Robert Jospin n’est plus !

Le jeudi 31 mai 1990.

J’ai quelque fois entendu dire qu’on ne mesure l’importance de l’existence d’un homme que lorsque ce dernier nous a quittés à jamais. comme je mesure aujourd’hui la véracité de ce propos !

Ainsi, je lisais toujours avec le plus vif intérêt, et ce, depuis une douzaine d’années, les articles de Robert Jospin dans Le Réfractaire d’abord, puis dans Le Libertaire et enfin, avec la même attention et le même intérêt sa chronique mensuelle dans L’Union pacifiste.

Il aimait à citer Jaurès qui disait : « le combat pour la paix est le plus noble des combats. » C’est qu’originaire du nord de la France, il connut, adolescent, la guerre de 1914 et en subit toutes les misères et tous les avatars, « prisonnier civil » dans une ville occupée.

Tout cela le fit réfléchir. Notons qu’il fut élevé dans un milieu très religieux mais, comme Han Ryner qu’il estimera et dont il défendra l’œuvre, il considère très vite le christianime comme ayant été, à ses débuts, admirable dans ses leçons, mais complètement trahi par la suite par ceux qui prétendent le servir.

Dès les années vingt, Robert Jospin sait une fois pour toute que les hommes sont partout les mêmes. avec de semblables souffrances mais aussi avec d’identiques espérances.

Vers les années 1925-1926. rencontrant par hasard des camarades qui vendaient La Patrie humaine de Victor Méric, Roger Monclin et quelques autres, il les suit et commence à écrire dans ce journal. parallèlement il devient le secrétaire général de la Ligue internationale des combattants de la paix [LICP] et le restera jusqu’en 1939.

Ainsi commence sa longue « croisade » de militant et d’apôtre de la paix qui ne prendra fin qu’avec sa mort survenue en ce début de mois de mai.

Je suis pacifiste !

Parallèlement à son activité de militant pacifiste et libertaire, étant licencié ès-Lettres en 1930, il sera professeur de cours complémentaires jusqu’en 1944, année où sa vie professionnelle prendra une orientation nouvelle. il se tourne, en effet, vers l’enfance délinquante et devient délégué à la Liberté surveillée et est nommé directeur d’un établissement pour délinquants. Nul doute qu’il sut prodiguer la meilleure influence qui soit auprès de ces enfants, et ceci jusqu’à sa retraite survenue dans les années soixante.

Terminons ces propos en citant Robert Jospin, lui-même : « Homme âgé, je suis pacifiste, persuadé que c’est la vérité suprême. Qu’il n’en est point d’autre et que l’humanité s’en va vers un péril extrême si elle continue sa folle politique d’armement qui ruine et qui ne construit pas, qui meurtrit et qui n’ouvre pas devant nous les portes de l’espérance entrevue. Je suis pacifiste, plus que d’instinct, de réflexion, plus que de réflexion, d’expérience, et ce pacifisme là est comme un roc que les flots de la sottise pourront battre inlassablement sans jamais l’ébranler. »

Et c’est pourquoi, par-delà la mort, par ses écrits, par la mémoire de l’exemplarité de sa vie qui reste en chacun de ceux, jeunes et moins jeunes, qui l’ont connu, Robert Jospin reste et restera un « pur levain pour l’homme à venir » pour reprendre cette belle image dont il usait souvent lorsqu’il évoquait les thèses anarcho-pacifistes qui nous sont chères.

Le Père Chat (chroniqueur au Libertaire)





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