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Dijon

Les Tanneries, c’est loin d’être fini !

Le jeudi 14 mai 2009.

Un énième projet d’urbanisme plane sur le quartier des Abbatoirs, l’espace autogéré des Tanneries doit dégager. Il a été ouvert en 1998 par un ensemble de collectifs et d’individus, mus par le besoin d’un espace autonome, non soumis aux impératifs de rentabilité, à l’aseptisation bureaucratique et à l’ordre social.

La situation de crise actuelle ravive les débats sur nos modes de vie, la course à la et pousse à renouer avec des solidarités, des pratiques d’entraide, d’action collective que le capitalisme et l’atomisation individuelle avaient tout fait pour éroder.

Ainsi a pris forme le projet de l’espace autogéré des Tanneries, par la distribution directe et sans marge commerciale, de musique ou lectures. Mais aussi en s’attachant à produire des légumes, à collectiviser des outils, à recycler et construire des vélos ou des ordinateurs, ou à mettre en place une zone d’échange non-marchand.

Demander une simple participation aux frais ou développer la gratuité, refuser les subventions et la dépendance aux institutions sont parmi les pistes que nous avons explorées pour ôter à l’argent sa centralité, à défaut de pouvoir totalement s’en passer.

Le collectif des Tanneries s’est souvent directement investi dans les
résistances des sans-papiers, des prisons, des OGM et de l’industrie pétrolière, du logement et des squats, de l’éducation et de la précarité, ou encore de l’installation d’un réseau de vidéo-surveillance à Dijon et de bornes biométriques à l’entrée des écoles…

L’espace autogéré s’est aussi peu à peu constitué en lieu relais où peuvent se débattre et se poursuivre des aventures collectives. Les Tanneries constituent un lieu de réunion et de travail pour divers réseaux et groupes militants à Dijon et à travers la France…

Les rapports conflictuels avec les autorités qui ont essayé à diverses reprises de nous faire partir nous donnent à penser que le pouvoir a peur de voir un nombre sans cesse croissant d’individus s’auto-organiser.

Si les Tanneries existent encore aujourd’hui, au terme d’années de bataille et grâce à un large soutien de Dijonnais et de toute l’Europe, c’est bien la démonstration que l’action directe est nécessaire et que seule la lutte paie !

Aujourd’hui, les Tanneries ne désirent pas rester cloisonnés dans des revendications spécifiques et s’inscrivent dans le collectif du 19 mars et autres initiatives inter-luttes. Nous tenons surtout à ce que puissent éclore des dizaines de ces espaces de possibles et que se rencontrent dans des actions complémentaires, grévistes, employés, chômeurs, révoltés, sans étiquette et autres oubliés.

Collectif des Tanneries, http://squat.net/tanneries





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