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Toulouse : l’Espagne libertaire et républicaine en deuil

À Federica Montseny

Le jeudi 27 janvier 1994.

« L’ex-ministre anarchiste Federica Montseny meurt à 88 ans » titrait le quotidien madrilène El Pais dans son édition datée du dimanche 16 janvier, à la suite du décès de notre compagne survenu le vendredi 14 janvier) l’hôpital de La Gardelle, situé dans les environs de Toulouse. À l’intérieur du quotidien, sur trois colonnes, on trouve un article sur celle qui, « historica dirigente anarquista », fut ministre de la Santé et de l’Assistance sociale dans le gouvernement du socialiste Largo Cabarello durant la guerre d’Espagne, et ceci de novembre 1936 à mai 1937.

La participation de militants anarchistes à un gouvernement, même en période révolutionnaire, a été et reste un vaste sujet de polémique. Mais, outre que dans l’Espagne des années 30 Federica Montseny fit autoriser l’avortement et créa des centres de réinsertion sociale pour aider les femmes prostituées, elle fut plus que la protagoniste de la lettre ouverte de Buenaventura Durruti aux « camarades ministres ».

Née à Maddrid le 12 février 1905 dans une famille d’anarchistes catalans [1], Federica ne fréquanta jamais l’école, étant éduquée par ses parents. Elle poursuit néanmoins des études de philosophie et de lettres à l’université de Barcelone.

Elle était déjà militante de la Confédération nationale du travail (CNT) quand, à partir de 1931, elle appuya la Fédération anarchiste ibérique (FAI) dans sa polémique contre les Treintistas, qui s’opposaient à la violence. En 1936, elle était au comité régional de la CNT en Catalogne et au comité péninsulaire de la FAI.

Après la guerre civile où avec Garcia Oliver, Juan Peiro et Juan Lopez Sanchez, elle participa au gouvernement républicain, elle milita activement au sein du mouvement libertaire espagnol en exil en France.

Sur cette vie de militante, Le Monde libertaire vous proposera très prochainement un article d’Abel Paz, qui rendra l’hommage que mérite Federaica Montseny.

À son enterrement au cimetière de Saint-Cyprien à Toulouse, on notait, entre autres organisations, la présence de la CNT espagnole, de la CNT française, de l’Association internationale des travailleurs (représentée par le compagnon Balkanski), de la Fédération anarchiste… ainsi que la participation officielle de la ministre espagnole de la Santé. Un compagnon de la CNT espagnole, Garcia Rua, fit un bref éloge funèbre.

Ont couvert l’événement : les télés catalane et espagnole ; FR3-Toulouse, Radio-France-Toulouse (sur les ondes de laquelle un compagnon du groupe FA Albert-Camus rappela l’œuvre de Federica Montseny) ; La Dépêche du Midi… Ce qui contraste singulièrement avec le silence de nos médias nationaux, préférant parler du défunt cigarier Zino Davidoff (deux poids, deux mesures !).

À un autre salut, donc, de la part du Monde libertaire. Un autre salut à celle qui ne fut pas seulement la première femme à participer à un gouvernement espagnol, mais aussi et surtout une militante anarchiste de la Révolution espagnole et une oratrice exceptionnelle.

T.P.


[1Teresa Mañé et Juan Montseny, plus connus sous les noms de Soledad Gustavo et Federico Urales, fondateurs de Tierra y Libertad et La Rivista blanca.


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