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Bérégovoy assassin ?

laissera-t-il mourir Dominique Lestrat en grève de la faim depuis le 22 mai ?
Le jeudi 5 juillet 1984.

Dominique Lestrat, éducateur, licencié arbitrairement.



À l’heure où j’écris ces lignes, Dominique Lestrat en est à son 40e jour de grève de la faim. Rappelons que Dominique a entamé cette grève depuis le 22 mai, à la suite de son licenciement, le 24 avril 1984, par le nouveau directeur du CHS de Prémontré où il était éducateur, depuis 14 ans (voir précédents numéros du Monde libertaire).

Samedi 23 juin, une manifestation organisée à Laon a regroupé environ 150 personnes qui se sont rendues devant la préfecture pour y déployer une banderole et sensibiliser la population de Laon au problème de Dominique. Le cortège s’est ensuite rendu devant les grilles du CHS de Prémontré où la banderole a été accrochée et laissée. Cette manifestation aura au moins eu pour effet d’avancer de deux jours une rencontre initialement prévue le 29 juin, entre l’intersyndicale et le directeur du CHS, M. Imbert, chez le préfet. On pouvait ainsi espérer que, par cette démarche, la préfecture ait eu un souci d’accélérer les choses et de débloquer la situation.

La semaine suivante, plu-sieurs démarches ont eu lieu : lundi, la famille de Dominique rencontrait le préfet de l’Aisne, M. Leroy, qui proposait qu’un poste soit recherché dans un autre établissement du conseil général, avec une indemnisation de salaire de 80 % en attendant qu’un poste se libère. Mercredi, eut lieu, chez le pré-fet, une rencontre entre M. Imbert, l’intersyndicale, l’association des parents d’enfants, et le Dr Cadoret, chef du service de psychiatrie infanto-juvénile. À l’issue de cette rencontre, les mêmes propositions étaient formulées, auxquelles venait s’ajouter une troisième : une formation d’éducateur.

Ces propositions seront refusées par Dominique qui les jugera inacceptables dans la mesure où les postes proposés ne sont pas des postes en psychiatrie (l’hôpital de Prémontré étant le seul établissement psychiatrique du département). À titre d’exemple, l’un des postes qui lui avait été proposé à l’hôpital de jour de Laon, s’est avéré être en fait un emploi de… standardiste !

Vendredi matin, Dominique s’est rendu, accompagné de membres de la Fédération anarchiste, au ministère des Affaires sociales et de la Solidarité nationale, afin d’y rencontré M. Provot et de lui exposer ses revendications, à savoir : levée de toutes les sanctions, réintégration dans leur service d’origine des 11 agents mutés dans les services d’adultes, réintégration de Dominique à l’hôpital de jour de Laon dès son ouverture, avec 100 % de son salaire en attendant. De même, des lettres rappelant ces revendications ont été adressées par Dominique au préfet de l’Aisne ainsi qu’au président de la République.

À l’heure actuelle, l’état de santé de Dominique est plus que préoccupant : outre une importante fatigue avec vertiges, la tension artérielle continue de baisser (7,5, le 29 juin 1984). Nous ne pouvons tous qu’espérer qu’à l’heure où ces lignes paraîtront, la situation sera enfin débloquée avec des propositions acceptables et que Dominique aura commencé à se réalimenter !

Liliane


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