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Dominique Lestrat (suite)

Le jeudi 4 juin 1987.

Ce 22 mai 1987, trois ans après jour pour jour, Dominique Lestrat — éducateur à l’hôpital psychiatrique de Prémontré — recommence une grève de la faim illimitée. Cette fois-ci, il s’est installé dans une salle de la Maison des associations à Laon, en face de la mairie et à quelques centaines de mètres de la préfecture [1].

Jamais deux sans trois…

Il réclame l’annulation de son troisième licenciement prononcé le 13 mai 1987 par le sieur Imbert, directeur du CHS de Prémontré, licenciement aussi abusif que ceux des 25 avril 1984 et 19 juillet 1985, annulés tous deux par le Tribunal administratif d’Amiens, successivement les 2 juillet 1985 et 24 mars 1987 (voir ML n° 664, du 21 mai 1987). Outre l’annulation de ce licenciement scandaleux du 13 mai, Dominique réclame le respect des engagements pris le 3 juillet 1984 par le préfet de l’époque, M. Leroy, au nom du gouvernement.

Ces engagements, qui mettaient un terme à la grève de la faim de 43 jours menée par notre camarade, stipulaient qu’en cas d’annulation du licenciement par le tribunal administratif, la réintégration se ferait sur le poste d’éducateur occupé par Dominique avant le licenciement et à l’hôpital de jour de Laon. En justifiant ce troisième licenciement par des « fautes graves », Imbert non seulement se débarrasse encore une fois de notre camarade militant de la Fédération anarchiste, mais le prive du droit aux allocations pour perte d’emploi.

Or, quelles sont ces fautes graves ? Le « tutoiement » envers un supérieur hiérarchique qui constitue une faute selon l’éthique de M. Imbert, ancien lieutenant-colonel, récemment décoré chevalier de la Légion d’honneur. Outre le reproche de cette « familiarité », le directeur du CHS reproche à Dominique le fait d’avoir été condamné pour diffamation sur sa personne par le Tribunal correctionnel de Laon en juillet 1986.

Le préfet au champ

En effet, suite à son second licenciement, Dominique a distribué avec d’autres personnes un tract du comité de soutien dénonçant ce qui se passait dans l’hôpital… Imbert ayant porté plainte, le tribunal de Laon a accepté de reconnaître le caractère diffamatoire de certains passages et accordé une petite peine d’amende… avec sursis. Imbert n’a pas hésité à se servir de cette condamnation très modérée pour justifier ce troisième licenciement, alors même qu’elle n’était que l’aboutissement d’une action visant à dénoncer ses agissements envers Dominique.

Nous connaissons tous Dominique et nous pouvons être sûr que M. Imbert n’en a pas fini avec ce militant de la FA. Dès l’annonce de l’annulation de son second licenciement par le tribunal administratif, il avait aussitôt écrit au préfet et demandé un rendez-vous pour éviter ce troisième licenciement prévisible de la part d’Imbert qui en fait un point d’honneur (« C’est lui ou moi ! »). Le préfet était donc déjà prévenu qu’en cas de nouveau licenciement, l’affaire reviendrait dans la rue. Il n’a rien fait.

L’affaire est de nouveau dans la rue, depuis le 22 mai 1987, et suscite déjà de nombreuses réactions dans la région (une douzaine d’articles de presse dans les journaux locaux). Faut dire que Dominique y est connu comme le loup noir.

Gr. Anizy-Ie-Château


[1À noter que l’occupation de cette salle qui avait été proposée par le socialiste René Dosière, maire de Laon, à Dominique lors d’une entrevue le 11 mai 1987, vient d’être contestée par lettre en date du 22 mai 1987… par Dosière lui-même. Quand on vous dit que les » politicards » ne manquent pas de « toupet » !





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