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Alexandre Hébert…

Le jeudi 4 février 2010.

Ce n’est pas souvent que la presse quotidienne parle d’anarchosyndicalisme, du mouvement comme des militants. La disparition d’Alexandre Hébert, figure controversée du courant libertaire français, aura rempli les colonnes d’un journal national du soir. Nous ne reviendrons pas sur l’article nécrologique qui ne comporte aucune inexactitude… mais nous aimerions préciser notre position vis-à-vis d’Alexandre Hébert.

Lorsqu’après Mai 1968, des libertaires militant sur le terrain syndical se réunirent, les divergences étaient déjà là. Alors que le but était de coordonner les efforts pour étendre les idées de l’anarchosyndicalisme, les militants de FO faisaient du prosélytisme syndical. Le fait que nombre d’entre eux étaient permanents n’arrangeait pas les choses.

La personnalité, les déclarations d’Alexandre Hébert interloquaient les jeunes militants « tout justes descendus des barricades » que nous étions. On pouvait avoir des divergences sur la tactique syndicale, mais par exemple entendre dire que l’autogestion était comparable au fascisme, on restait bouche bée…

Nous ne reviendrons pas sur son opinion sur la CFDY, l’histoire a fait le reste [1]. Mais il nous semble important de souligner que les divergences venaient surtout de sa conception de l’anarchosyndicalisme. Il ne la concevait pas comme un mouvement à part entière. D’où son alliance (sic) avec le courant trotskiste lambertiste pour un front ouvrier [2]. Ce qui l’amènera à épouser toutes les idées anti-européennes et à considérer le FN comme un partenaire politique… La ligne jaune avait été franchie.

À la fin de sa vie, Hébert se déclarait anarchiste individualiste, ce qui pour un ancien permanent syndical durant des décennies ne manquait pas de piquant ! Avoir été (en gros de 1947 à 1992) secrétaire de l’UD FO de Loire-Atlantique ferait-il partie de la philosophie stirnérienne ?

S’il faut avoir un meilleur souvenir de l’éditeur de L’Anarchosyndicaliste, on se souviendra de ce qu’il déclarait en 1948 au premier congrès confédéral de FO : « Il est inadmissible que l’État s’interpose entre nous et les patrons. C’est une gageure, une fantaisie que de parler de dépolitiser le mouvement syndical si onlaisse le droit aux politiciens de fixer nos salaires. » C’était le temps de la grande grève des rotativistes parisiens du livre CGT, dénoncée par le ministre communiste du travail, Croizat.

Des anciens de l’Alliance syndicaliste (Région parisienne)


[1La jeune CFDT laissait la bride sur le cou aux revendications ouvrières. De nombreux camarades libertaires se sont engagés syndicalement. Quand le PS a voulu jouer dans la cour des grands, la direction de la CFDT a exclu en masse structures et syndicats. La CNT n’a pas su accueillir toute cette militance. L’histoire ne repasse jamais deux fois les plats.

[2En consultant la toile on a tous les détails. Un manque : il y avait dans Informations ouvrières une page « anachosyndicaliste ». Dans un hebdo ça compte…





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