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Raymond n’a pas fait la rentrée

Le jeudi 19 octobre 2000.

Bien qu’il n’ait pas fait de « politique », Raymond Fonvieille se reconnaissait dans la formule « Ni dieu, ni maître », comme il l’écrit dans son autobiographie. Ses relations avec Célectin Freinet, Fernand Oury, Georges Lapassade… (qu’il analyse dans ses livres) montre qu’il a su travailler avec beaucoup, mais tout en gardant constamment une liberté de critique, et une capacité étonnante de faire des pas de côté.

D’origine albigeoise, Raymond Fonvieille, né le 26 septembre 1923 à Arras est mort à Viuz-en-Sallaz, en Haute-Savoie, le 3 septembre 2000. R. Fonvieille s’installe très jeune avec ses parents à Saint-Denis, puis à Gennevilliers où il devient instituteur remplaçant en 1946, puis titulaire.

Il restera dans ce poste jusqu’en 1972. N’ayant reçu aucune formation pédagogique, il découvre en 1947 le mouvement Freinet dont il devient vers 1954 le responsable parisien. Son journal : L’Éducateur d’Île-de-France acquiert une audience nationale, grâce au relais de l’Institut pédagogique national (IPN)…

En tant qu’instituteur de banlieue, il tente d’adapter les techniques Freinet à l’urbain… Il installe un hangar à côté de sa classe où ses élèves organisent des ateliers (photo, cinéma, démontage de voiture, imprimerie, etc). Il cherche aussi à intéresser les militants pédagogiques à l’apport des sciences humaines, ce qui lui cause quelques discussions chaudes avec Célestin Freinet avec lequel il se brouille en 1961. Très ouvert sur l’étranger, il stimulait des correspondances de ses classes avec des classes américaines, russes ou suisses… Il organisait de nombreux voyages de classes, etc.

Se sentant proche de Carl Rogers, Alexander Neill et Paulo Freire, R. Fonvieille s’engage avec Fernand Oury dans l’invention de la pédagogie institutionnelle ; il fonde ensuite le Groupe de pédagogie institutionnelle (1964) avec Michel Lobrot, Georges Lapassade et René Lourau (1933-2000). Pendant les évènements de mai 68, il est élu, en assemblée générale, directeur de l’IPN…

Praticien et théoricien de l’autogestion pédagogique, chercheur en analyse institutionnelle et en sciences de l’éducation, Raymond Fonvieille a été président de la Société d’analyse institutionnelle. Membre associé du Laboratoire de recherches en analyse institutionnelle de l’université de Paris VIII, il travaillait ces derniers mois au comité de rédaction des Cahiers de l’implication.

Auteur de très nombreux articles, R. Fonvieille a tenu toute sa carrière un journal détaillé de sa pratique de classe, centré chaque année sur des thèmes particuliers (disciplinaires ou organisationnels) dont il tire la matière de 4 ouvrages écrits lors de sa retraite et qui sont des références dans les milieux de la rénovation pédagogique : L’Aventure du mouvement Freinet (Méridiens Klincksieck, 1989), De l’écolier écœuré à l’enseignant novateur (Ivan Davy, 1996), Naissance de la pédagogie autogestionnaire (Anthropos, 1998) et Face à la violence : participation et création (PUF, 1999).

Ahmed Lamihi, directeur des Dossiers pédagogiques (revue marocaine), a soutenu une thèse de sciences de l’éducation sur la pédagogie de R. Fonvieille : De Freinet à la pédagogie institutionnelle, ou l’école de Gennevilliers (Ivan Davy, 1996).

Remi Hess


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