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Soutien

Du côté des artistes…

Le jeudi 12 novembre 1987.

Pour célébrer intelligemment cet anniversaire, il serait souhaitable, non de dresser la liste d’artistes ou de spectacles dont Le Monde libertaire a rendu compte pendant ces 470 numéros passés, mais bien de parler des arts vivants dans leurs implications, plus importantes qu’il n’y paraît pour notre vie et par la grande importance de la page « Expressions ».

Le « Monde libertaire » mensuel

Rappelez-vous (peut-être ?), à l’époque du Monde libertaire mensuel, la rubrique dite « artistique » se limitait à quelques colonnes : livres, théâtre, parfois chansons. Bien sûr, l’espace d’écriture était — si l’on peut dire — quatre fois plus rare et cela obligeait pratiquement à ne rendre compte que d’événements supposés « importants ». Ce qui, pour la chanson, si l’on consulte les archives, se résumait à la glorieuse trilogie Brassens-Brel-Ferré. Entre-nous preuve, si besoin était, que nos anciens avaient déjà (1) bon goût.

Évidemment à cette époque, et tout comme maintenant, quelques éreintements injustes (par exemple Trenet) et quelques dithyrambes superflus : c’était, et c’est, le droit à l’erreur qu’ont et que con-servent les passionnés des différents arts, journalistes « amateurs » au vrai sens du terme. Au passage lançons un appel vibrant (Flo et compagnie où êtes-vous ?) aux lecteurs qui voudraient eux aussi faire connaître aux autres lecteurs les sans-grade et autres étouffés des différents arts. Pour cela un papier, un crayon, une rédaction, une seule adresse, 145, rue Amelot, Paris 11e.

À ce sujet, il est à remarquer que les nombreux chroniqueurs ont tous évité l’écueil de dégringoler en flammes — ce qui ne serait que justice — les abrutisseurs publics genre Lama, Sardou ou Chantal Goya : personne ne s’est donné le mot ; pourtant tout le monde a bien senti que c’était perdre de la place pour autre chose et leur faire indirectement de la pub.

Maintenant que Le Monde libertaire est hebdo cela fait, comme dirait La Palisse, quatre fois plus de place par mois qu’avant. Ce qui a permis de rendre compte de manifestations et de spectacles tellement nouveaux et divers que j’en viens à me demander si la rubrique arts du Monde libertaire ne serait pas dans dix ans l’annuaire des grands talents de demain. Dresser une liste des découvertes de ce journal serait difficile pour beaucoup de raisons. La principale étant de montrer l’ingratitude de quelques artistes.

Le « Monde libertaire » hebdo

En un mot : quand ils étaient inconnus les anars en ont parlé les premiers, maintenant qu’ils sont connus (ou plutôt médiatisés…), ils ont oublié les sans-grade et autres étouffés de la presse militante. Espérons que cet article sera le coup de pied au cul salutaire qui, ma foi, aide souvent à réfléchir.

Qu’importe les renégats, il est réjouissant de constater que l’immense majorité des artistes — quand bien même ne sont-ils pas d’accord avec nous — soutiennent aussi bien le journal que la Radio et le prouvent. En faire la liste serait tout aussi difficile pour la simple raison qu’en oublier un seul serait lui faire injure : chacun s’y reconnaîtra.

Un monde sans musique ?

Car il est une évidence, et je voudrais bien vous en persuader : le combat anarchiste s’il passe forcément par des luttes, des conquêtes et des propositions sociales a aussi, conjointement un aspect qui englobe intimement et totalement la vie de tout un chacun. On peut vivre sans usine, sans atelier, sans travail salarié peut-être mais sûrement pas dans un monde sans musique ni art. À ce moment quel est le plus important ?

Combien d’entre nous sont venus soit à l’anarchisme, théorie sociale, soit aux idées libertaires dans un sens plus large simplement grâce à une chanson de Léo Ferré ? ou un livre de Camus ? Plus qu’on ne peut l’imaginer à première vue. Ce n’était certes que ce petit déclic dans la tête qui nous a permis d’aller plus loin, de mieux réfléchir, mais il ne faut pas en négliger l’importance.

En résumé, je maintiens qu’un sketch de Desproges ou de Bedos sur, par exemple, les racistes va cent fois plus loin que 23 prestations télé de Harlem Désir ou 123 lois ou décrets ministériels sur le sujet. Qu’en pensez-vous ?

J. Julien


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