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Les forçats du textile

juin 2019.

Au Cambodge, on compte 800 usines de confection qui emploient autour de 700 000 personnes dont 90 % de femmes. La plupart de ces femmes sont des jeunes filles issues de la campagne. Elles travaillent dans des conditions abominables, pour les plus grandes marques internationales de vêtements. Elles sont sous-payées, sous alimentées, elles louent des chambres malsaines et exiguës, sans eau potable qu’elles partagent à plusieurs dans des endroits propices aux harcèlements et aux vols. Jusqu’au début des années 2000, l’industrie du vêtement employait 30 % d’hommes. Seulement, ils étaient réputés plus contestataires. Ils étaient également vus comme des meneurs lors des grèves et des manifestations. Aussi, les investisseurs et les superviseurs chinois, aujourd’hui majoritaires dans le secteur de l’habillement, préfèrent embaucher des femmes considérées comme plus dociles et surtout elles seront moins payées. C’est ainsi qu’elles perçoivent des salaires de 100 euros par mois pour des journées de travail de 12 voire 14 heures. Si elles osent se rebeller, la répression s’abat inexorablement et cela peut aller jusqu’à l’emprisonnement.

À cet égard, je ne résiste pas à reproduire la déclaration de Van Sou Leng, le président de l’association des usines de confection du textile du Cambodge, multimilliardaire cambodgien d’origine chinoise : « Nous avons une force de travail abondante, mais ils sont fainéants. S’ils veulent gagner plus, une seule solution, qu’ils travaillent plus. » Les injustices et l’exploitation forcenée que subissent les travailleurs et les travailleuses du Cambodge sont liées au commerce et aux investissements internationaux.

Le boycott de tous ces magasins de luxe s’impose

La solidarité internationale passe par la dénonciation des méthodes esclavagistes mais aussi par le boycott de tous les magasins « de marque » qui vendent dans les pays « dits développés », à des prix exorbitants, des produits qui sentent la mort. Comment porter de beaux vêtements, de belles chaussures quand on sait qu’ils sont souillés par le sang, les larmes et la sueur de celles et de ceux qui les ont confectionnés. C’est donc à ce niveau que doit se faire la lutte, de la base au sommet, du pays où les travailleurs et les travailleuses sont exploités(es) et maintenus(es) à l’état d’esclave en passant par les pays dits en voie de développement ou développés. Contrairement aux apparences, malgré la répression, les travailleuses et les travailleurs luttent.

Ainsi, le 27 décembre 2017, 300 travailleurs et travailleuses de la firme coréenne Gamon Apparel Factory à Takhmao sont en grève pour les salaires impayés. Le 30 décembre 2017, dans une autre usine Tai Easy International à Passat, les ouvrières et les ouvriers en grève bloquent les routes et présentent 12 revendications dont des augmentations de salaire, une amélioration des conditions de travail et le licenciement d’un chefaillon.

Il nous faut impérativement apporter notre solidarité à ces travailleuses et travailleurs qui luttent pour leur survie et surtout faire connaître nos actions afin de leur montrer qu’elles, qu’ils, ne sont pas seuls(es).

Face au capitalisme international, l’union et la solidarité internationales
Les réseaux sociaux et Internet devraient être aujourd’hui des outils indispensables pour communiquer entre les travailleurs(ses) du monde entier. Certes, ils ne remplaceront certainement pas la nécessité première de la lutte sur le terrain. L’union des travailleurs(es) face au dur combat de classe à mener contre le capitalisme international et ses soutiens les politicards, passe par la plus grande solidarité internationale. Il nous faut inverser le rapport des forces, ne sommes-nous pas le nombre…

Justhom (goupe de Rouen)

Chester

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