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éditorial du n° 1195

Le jeudi 2 mars 2000.

La troisième voie du PS, la troisième gauche de Cohn-Bendit et les appels à adhésion du PC en direction de personnalités associatives et des intellectuels, annoncent la volonté pour la gauche plurielle de faire peau neuve en prévision des municipales de 2001. La tâche s’annonce tout de même difficile vue la multiplication des conflits sociaux provoqués par la marche forcée vers les 35 heures. Celle-ci s’accompagne le plus souvent de restrictions salariales qui donnent à penser que le gouvernement se fait des « cagnottes » sur le dos des services publics. Du coup la deuxième étape de la « nouvelle donne » proposée par le gouvernement Jospin risque de ne pas rencontrer le plébiscite souhaité. Surtout que la réforme de la fiscalité et des retraites ainsi que le développement de l’épargne salariale n’enthousiasme pas vraiment le monde du travail, y compris les syndicats de gauche.

Ainsi pour les différentes composantes de la gauche plurielle, les petits meurtres entre amis vont bon train. Ne voit-on pas Voynet manifester pour la Tchétchénie contrastant ainsi avec la passivité du gouvernement sur le sujet. Mais ces stratégies de démarcation visent à ce que chacun puisse tirer son épingle du jeu, en refusant de prendre à son compte la politique libérale du gouvernement.

Pourtant tous ont aujourd’hui en commun l’acceptation des lois du marché. C’est justement pour leur laisser libre cours que les dirigeants mettent en place des minima sociaux. Garantir la survie de ceux que le marché laisse sur la paille, évite des conflits qui empêchent de profiter en rond. Par conséquent au moment venu chacun rentrera dans le rang pour conserver sa place au pouvoir, y compris l’extrême gauche qui appellera à voter « contre la droite », c’est-à-dire « pour la gauche plurielle » au second tour. Les jeux sont faits…

Seul facteur d’incertitude : les affaires qui vont sans doute décider de qui pourra se retrouver sur la ligne de départ. Pour ceux qui seront passés au travers, le projet politique sera à droite comme à gauche, un projet libéral. À nous de leur mettre des bâtons dans les roues. Imposons nos choix à des nantis qui ne cèdent que face aux luttes. Les mouvements dans l’éducation, aux PTT, dans les hôpitaux semblent de plus en plus affirmer des revendications qui visent à une remise en cause globale des logiques de fonctionnement des services sociaux, vers une prise en compte des besoins humains. C’est un espoir de changement, pour ceux qui, de plus en plus nombreux, ne croient plus que l’alternance des partis au pouvoir soit un remède à leurs maux.





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