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CGT-FO

Cronstadt, Joyeux… Notat

Le jeudi 29 mai 1997.

Depuis quelques temps, les opposants internes à l’orientation de la CGT-FO ou plutôt ceux que le microcosme des chroniqueurs sociaux de la presse parisienne affuble de ces prétentions semble vouloir se prévaloir d’une légitimité libertaire.

Hormis que le drapeau noir n’est pas un lieu de vagabondage pour tout opposant en mal d’existence, il est nécessaire pour ceux qui l’ont porté et le porte toujours de couper court à tout amalgame. L’anarchie n’a pas à faire l’objet d’une manipulation dont le seul objectif est de faire adhérer le mouvement ouvrier aux objectifs du capital et nier ainsi l’essence révolutionnaire du combat des libertaires. En premier lieu sur Cronstadt, puisque dans un écrit récent, ceux qui incarneraient dans la CGT-FO un rempart contre la mainmise des trotskistes y font référence.

Du bon usage de Cronstadt

Cronstadt n’est pas l’expression d’une simple opposition à l’armée rouge conduite par Trotsky mais la volonté de poursuivre la révolution par ceux-là même qui en étaient les initiateurs. Donc, revenir sur les faits, laisser croire aujourd’hui que les aspirations des « marins » de Cronstadt étaient uniquement d’être un rempart face à l’armée rouge participe à la même analyse qu’en ont fait les bolcheviques de l’époque. Cela permet ainsi aux organisations trotskistes d’aujourd’hui de légitimer la répression au titre de la « sauvegarde de la révolution » dont tous savent maintenant qu’elle se résumait aux seuls intérêts du parti « ouvrier », des « travailleurs » et autre qualificatif en fonction des époques.

Mais dans tous les cas, ceux qui se refusent à s’orienter vers le renversement de l’ordre établi et qui par leur passivité et leur veulerie laissent les régimes liberticides rouges ou bruns s’installer, ne sont pas qualifiés pour revendiquer ce combat.

Ainsi les anarchistes ont toujours en mémoire que nos camarades espagnols attendent encore les armes du Front populaire pour combattre Franco. Les mêmes, en exil, après avoir été internés dans les camps de concentration français d’un gouvernement républicain et remis aux nazis par les sbires de l’État français pour être déportés, furent parmi les premiers à refuser l’emprise du PC sur la CGT et à reconstruire un syndicalisme libre et indépendant. À l’occasion et en fonction des nécessités, ils surent reprendre notamment les armes à Paris pour défendre le siège de la CGT-FO et ne pas laisser la rue aux communistes dans le combat contre les généraux putschistes (voir sur le sujet les témoignages de Pépito Rosell et de Maurice Joyeux dans les éditions du Monde libertaire).

Pour mémoire, et afin de couper court à toute supputation, rappelons qu’à la même époque, la Fédération anarchiste, et d’autres, dont le PCI, s’allièrent au sein de comités pour combattre l’OAS tandis que d’autres brillaient de nouveau par leur absence et se limitaient aux déclarations de principe quand ils ne s’assoyaient pas dessus.

Que penser alors de l’utilisation du nom de Joyeux par un secrétaire d’union départementale pour justifier d’une part sa participation à la manifestation parisienne du 1er Mai qui s’assimilait en 1997 au retour de l’union de la gauche et d’autre part son opposition à Blondel.

Une manœuvre politicienne

Si par ces manœuvres, certains souhaitent faire perdre aux anarchistes le bréviaire qu’ils n’ont pas, ils font fausse route. Refusant le dogmatisme, nous confrontons nos idées à la réalité des faits.

Les anarchistes engagés dans le combats social ne peuvent pas soutenir ceux et celles qui, notamment en novembre-décembre 1995, faisaient les yeux doux à Nicole Notat et ont conclu depuis des alliances avec la CFDT pour appliquer les mesures du gouvernement et surtout préserver leur fauteuil de président.

Cela n’est pas concevable. Si certains l’ont espéré, c’est qu’ils sont devenus trop imprégnés des manœuvres politiciennes pour comprendre de quelle nature sont les débats dans le mouvement syndical et il est « souhaitable » qu’ils ne confondent pas notre drapeau noir avec un paillasson pour opposant en mal de virginité.

De même, assimiler ces lignes à un soutien à un parti dont ici-même nous avons eu l’occasion de dénoncer les méthodes relèverait de la même logique.

Les militants anarchistes n’ont pas le souci de plaire ou déplaire, seul leur importe de défendre leurs positions dans le cadre du respect mutuel propre à la liberté.

Delgranados


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