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Violence autour des stades

Le jeudi 25 juin 1998.

Le match Angleterre-Tunisie a été l’occasion d’affrontements sévères face aux caméras du monde entier. Depuis, plusieurs préfets ont renforcé leurs mesures de sécurité (fermeture de bars, suppression de certaines fêtes de la musique, renforcement de la présence policière).

Le hooliganisme n’est pas un phénomène nouveau ! Comme le rappelle les statistiques de l’Union nationale des arbitres de football, les violences font partie du paysage de tous les week-end footballistique.

Dans le sport professionnel avec sa logique du spectacle de masse, cette logique de la violence monte d’un degré. Du Heysel en 1985 à Sheffied en 1989, toutes les rencontres nationales ou internationales connaissent leur flot de violence. : Le Monde, à huit mois de la coupe, signalait lors d’un match de la coupe d’Europe : « Ce coin de la tribune ressemblait, durant toute la première période, à un champ de bataille où deux armées s’observent, se défient, se toisent avant de charger. Des scènes incroyables qui doivent faire réfléchir les responsables de la sécurité du Mondial 98 ».

La violence autour des stades étaient elles prévisibles ? Les manifestations sportives remplissent un rôle social de tout premier ordre. C’est un moyen licite et organisé de canaliser un trop plein d’énergie. En ce sens la dramatique qui entoure un match constitue pour l’ordre établi une soupape de sécurité et donc un outil de contrôle social relativement efficace. De plus le match diffuse une forme de violence : violence ritualisée par la compétition, chauvinisme avec des logiques identitaires autour des équipes… Cette violence sublimée n’arrive plus à contenir ses diverses expressions dans le cadre des règles de l’institution (on a le droit de dire dans les tribunes « À mort l’arbitre » mais pas de passer à l’acte…). Une population souvent marginalisée, précarisée, paumée politiquement (facilement récupérable par l’extrême droite qui se développe dans les stades souvent avec aisance) ne trouve pas à déverser, à refouler sa violence dans le cadres des règles et exprime l’antagonisme réel qui existe entre une population au bas des classes sociales sans espoirs et le culte de la réussite, de la performance que véhicule le sport. En ce sens les accidents de Marseille ne sont pas étonnant mais logiques.

L’alcool, une drogue dure ?

Ironie de l’histoire ? Au moment où les préfets tentent de prendre des mesures contre la distribution d’alcool malgré la résistance de leurs dealers que l’on appelle cafetiers, un rapport tombe sur le bureau de Kouchner. Ce rapport (Roques-lNSERM) chamboule nombre de préjugés. Les journaux de 20 heures en parleront, Le Monde en fera sa « une »… La première pierre jetée par ce rapport est à chercher dans le classement des psychotropes : alors que l’alcool est classée parmi les drogues dures en compagnie de l’héroïne et de la cocaïne, le cannabis fait partie des drogues douces. Le dessin de Plantu fait dire à un hooligan arrêté par la police autour du stade de Marseille : « Et après j’ai laissé tomber le Hasch pour les drogues dures : l’alcool, le foot, le nationalisme ! » Effectivement ne serait-ce qu’en France l’alcool provoque de grave dégâts (2 millions de personnes dépendantes, près de 30 000 morts annuels…). Loin de nous l’idée cocasse de vouloir criminalise les usagers d’alcool dont je suis à l’occasion mais ce rapport tombe à un moment où tout le monde peut constater dans les villes d’accueil de la Coupe les bienfaits de ce produit quand il est consommé abusivement et en groupe…

Régis
groupe de Nantes


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