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C’est beau un monde qui joue !

Le jeudi 25 juin 1998.

Malgré ce qui peut paraître une contradiction, nous sommes vachement contents que la France organise la coupe du monde de football. En effet, cela motive notre inspiration militante vus tous les thèmes que cela nous permet d’aborder : société du spectacle, sexisme, capitalisme destructeur, aliénation, enfermement de l’imaginaire, nationalisme. Et le slogan « La France accueille le monde », ce n’est pas une provocation pour tout Comité anti-expulsion. Bref, la manne.

C’est officiel, il nous est formellement interdit de penser dans les stades : « les tracts et autres symboles de nature politique, idéologique, philosophiques ou publicitaires sont interdits dans l’enceinte du stade » comme le précise le règlement vu dans le métro marseillais (quoique pour le publicitaire, c’est quand même se foutre de notre gueule). Par contre, il n’est indiqué nulle part que les pulsions nationalistes, sexistes ou racistes sont proscrites.

C’est beau un monde qui se joue de nous

La ville de Marseille nous enjoint de faire la fête pendant un mois (et ensuite, on se la ferme ?). Nous avons décidé de la prendre au mot pour notre première action. AC ! a donc décidé d’organiser un match-spectacle sur le cours Estienne-d’Orves où la plupart des bars exhibent des produits footballistiques, ravis de la fête officielle et quasi-obligatoire qui se déroule. Évidemment, les libertaires marseillais sont de la fête. Et d’ailleurs nous en profitions pour présenter les affiches antifootix sorties par notre groupe et elles eurent un vif succès.

Le match opposa une équipe de « plein aux as » (FMI, CNPF, AMI, FIFA, etc.) à une équipe de gueux, quelques sans (papiers, revenu, toit, etc.) et des anonymes code-barrés. L’homme en noir est un certain « arbitraire ». Le coup d’envoi est donné par les pleins aux as sans tirage au sort, Arbitraire sourit, quelques billets dépassent de sa poche. La première mi-temps voit quatre buts inscrits par les pleins aux as, ceux-ci corrompant arbitrage et quelques gueux, modifiant les règles du jeu à leur guise (rétrécissement de leurs cages), envoyant les flics sur les gueux récalcitrants.

La deuxième mi-temps voit les gueux se multiplier et mettre la tannée aux pleins aux as. C’est naïf mais beau. Les spectateurs présents acclament les gueux et nous prenons l’apéro sur place (apéro amené par nos soins, le mot d’ordre étant de ne rien consommer sur place).

Le spectacle a été un succès. Cela nous a permis de diffuser nos idées et de donner un coup d’envoi à notre campagne sur la coupe. Les bars nous ont plutôt bien accueillis, sauf un qui nous a reproché d’attirer les clochards et qui a profité du match pour nettoyer sa terrasse et arrosé le « terrain ».

Après ce début festif, ludique et spectaculaire (bonne couverture médiatique), les actions suivantes risquent d’être moins appréciées des pouvoirs publics. Déjà ce vendredi 12 a vu l’occupation de la direction régionale de la SNCF à cause de sa collaboration dans le processus d’expulsion suite à la journée nationale co-organisée lors des rencontres de la Gryffe à Lyon.

La société du spectacle tend la joue. On ne va tout de même pas se retenir…

Stéphan
groupe de Marseille


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