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États-Unis

Surveillons la police !

Le jeudi 24 avril 1997.

Par une après-midi ensoleillée d’octobre dernier à St-Petersburg, Floride, deux flics arrêtèrent une voiture pour excès de vitesse. Le conducteur âgé de 18 ans, Tyron Lewis, était sans armes. En l’espace d’une minute il fut abattu, encore assis dans sa voiture.

La Police a affirmé qu’il avait essayé de renverser l’un d’eux mais plus de quarante témoins le contestent.

« Il y a eu cinq coups de feu. Cinq  ! » a déclaré Lisa Craft, un témoin oculaire.

« Le garçon n’allait pas assez vite pour les renverser. Il n’allait même pas à deux miles à l’heure » selon Boriah Watson. « C’est triste mec. Ils ont tué cet homme pour rien. L’homme est mort avec ses mains en l’air. »

Le département de la police « a puni » l’agent Jim Knight pour les coups de feu : soixante jours de suspension avec paye.

L’année dernière la police dans la banlieue de Pittsburgh arrêtèrent Johnny Gammage âgé de trente-et-un ans pour « avoir à plusieurs reprises donné des coups de frein. »

Gammage, un cousin et partenaire dans les affaires du défenseur des Steelers de Pittsburgh Ray Seals, sortit de sa voiture en tenant un téléphone cellulaire. Les flics affirment qu’ils ont cru que c’était une arme à feu. Ils l’empoignèrent, le projetèrent à terre et dans la lutte qui s’ensuivit, M. Gammage fut étranglé.

Un jury entièrement blanc a reconnu un agent « non coupable » et le procès des deux autres a fini entaché de nullité.

« Au départ je ne pensais pas que la couleur avait de l’importance. Mais je vois maintenant qu’elle en a, » a déclaré Niva Gammage, la mère de la victime. « Si un agent de police était mort dans la lutte il y aurait eu une condamnation sur le champ. »

Jean De Flore, l’amie de Johnny, était outragée. « Cet homme est un meurtrier et ils le laissent marcher dans les rues. Tout ce que Johnny a fait c’est de lutter pour respirer et vivre. »

Des centaines de lycéens de Pittsburgh quittèrent l’école et manifestèrent en guise de protestation.

Le 27 août dernier un gang de plus de vingt policiers d’Indianapolis, n’étant plus de service, sortaient d’un bar. Sentant l’alcool, ils commencèrent à tenir des propos vicelards et à harceler les femmes. Deux hommes (un blanc et un noir) essayèrent d’intervenir en faveur des femmes. Ils furent battus et arrêtés par les agents. Un témoin oculaire, le révérend Timothy Keep, déclara : « je dis à un policier "vous les gars, vous êtes une honte." Je veux dire qu’il me soufflait sa Budweiser au visage. »

Bien que quatre des agents sont poursuivis pour des chefs d’accusation criminels, les seize autres furent « punis » en étant réassignés à des emplois de bureau.

L’agent Jack Baird, un vétéran comptant 14 ans dans la police de Philadelphia, admit récemment qu’il battait et menaçait les gens, menait des fouilles illégales, planquait des preuves et donc mentait à leur propos.

Une femme, contre laquelle il monta un coup en fabricant des accusations pour trafics de drogue, a passé trois ans avant que la vérité ne sorte.

Jusqu’alors les enquêteurs du « police department » l’avaient blanchi de toute infraction dans chacune des vingt-trois plaintes déposées à son encontre, permettant à Baird de dire « les flics n’arrêtent pas les flics ».

Baird et cinq autres agents de sa circonscription récemment plaidèrent « coupable » pour des accusations fédérales.

Et la liste s’allonge toujours. À New-York, un policier a frappé à mort Anthony Baez après que son ballon de football américain ait heurté accidentellement une voiture de patrouille. En octobre, un juge a blanchi le flic.

A Cincinnati, une grand-mère de soixante-deux ans fut menottée, contusionnée, recherchée et arrêtée pour avoir mis des pièces dans des parcmètres dont le temps était expiré pour que les propriétaires des voitures ne puissent pas avoir de tickets.

Ce ne sont là que quelques exemples d’un énorme problème.

Les abus de pouvoir de la police sont toujours très importants, une vraie épidémie. Mais ceci est très rarement abordé de cette façon. En tous cas pas par les média, ni par les politiciens et les « leaders communautaires ».

De plus, une étude sur la police de 1995 faite par le Bureau des Services de la Justice Criminelle (Office of Criminal Justice Services) découvrirent que cinquante-six pour cent des agents de l’Ohio admettaient voir un des leurs déployer une force excessive lors des arrestations. Quarante-six pour cent admettaient voir d’autres flics harceler pour des questions de race des citoyens. Le vrai chiffre est probablement beaucoup plus important.

Ara News
7 janvier 1997


anti-racist action, PO Box 82097, Ohio 43202


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