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« Histoire méconnue et oubliée du syndicalisme havrais, 1907-1939 » Groupe Jules Durand

Au temps de l’autonomie ouvrière…

Le jeudi 24 avril 1997.

Le syndicalisme Havrais majoritaire jusqu’en 1962 était représenté par des anarchistes. Il s’est fortifié face au patronat local au guesdisme et au PC (de 21 à 39). Il se réfugie dès 1924 dans l’autonomie syndicale jusqu’à en devenir le centre en France. La réunification syndicale qui suivra en 36 gardera la devise : « l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ».



Les rares écrits sur l’histoire syndicale du Havre étaient jusqu’ici le fait de la CGT et consort, avec un sens tout particulier de l’objectivité historique… Dès lors, si l’influence prépondérante des anarchistes sur le syndicalisme havrais au début du siècle est connue, essentiellement par le bais de l’affaire Durand, on sait généralement moins qu’au cours de l’entre deux guerres, l’union locale Autonome (d’où le titre de mon article !), forte de 6000 adhérents, se réfère toujours au syndicalisme révolutionnaire. Et que la réunification syndicale du 15 janvier 36 s’y fait sous la devise emblématique de la 1re Internationale « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ». C’est aujourd’hui chose réparée avec la publication par les camarades du groupe libertaire Jules Durand de leur ouvrage, intitulé Histoire méconnue et oubliée du syndicalisme havrais, 1907-1939.

Le premier tome, qui regroupe un certains nombre d’articles paru dans leur journal Le Libertaire, ainsi que des inédits, concerne la période s’étendant grosso-modo de 1907 à la première guerre mondiale, avec un rappel sur l’historique de la bourse du travail. On y découvre évidemment les grandes luttes de l’histoire locale : grève des charbonniers en 1910 (celle de l’affaire Durand), celle des métallurgistes de Westinghouse de 1908 et 1909, ainsi que d’autres plus cocasses : celles des ménagères de 1911, par exemple. Ainsi que le développement de toutes les activités liées au syndicalisme révolutionnaire : presse, d’abord, avec le quotidien " Vérités ", coopératives de distribution, et même un dispensaire syndical. Et aussi toute l’histoire de la CGT, tant par le récit du congrès confédéral de 1912 au Havre, et la lutte interne contre les diverses fractions socialistes voulant assujettir le syndicalisme à leur servir de tremplin pour la mairie. Manque de bol pour eux, l’omniprésence de l’influence anarchiste y fera toujours obstacle.

Malgré un plan parfois un peu décousu, du à sa nature de compilation d’article, ce livre reste très intéressant, dans une ville longtemps dominée par le PCF, avec une CGT hégémonique qui n’aime par trop qu’on lui rappelle son passé. Ce premier volume à déjà fait grincé pas mal de dents, il y a fort à parier que le suivant, annoncé pour l’automne, et consacré à l’entre deux guerres, fera encore plus de dégâts chez les phagocyteurs de l’histoire.

Guillaume


Éditions du Libertaire, 172 pages, 120 FF.


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