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« Pêche à la ligne et pêche aux voix à Montpellier »

par le Marmotton
Le jeudi 25 mars 2004.

La région Languedoc-Roussillon a la chance de posséder un combattant de choc face au « péril fasciste » : Georges Frêche. Pour battre le candidat de la droite, Jacques Blanc, élu président de la région grâce aux voix du Front national, le maire de Montpellier ne cesse depuis des mois d’appeler à la mobilisation générale. Il a même poussé l’audace, avant que l’état-major social-libéral de la rue de Solférino n’y mettre le holà, jusqu’à proposer à quelques petits notables trotskistes locaux de figurer sur sa liste. Il pensait ainsi rééditer l’OPA qui avait si bien réussi, lors de son premier mandat : récupérer les voix d’une partie de l’extrême gauche en débauchant les leaders de la LCR de l’époque (Paul Aliès, Henri Talvat, etc.) qu’il récompensera par la suite en sièges de conseillers municipal ou régional et autres sinécures pour prix de leur servilité.

À tous les gens-de-gauche qui seraient tentés de voir dans cet ex-maoïste passé au rocardisme — un de plus ! — un rempart contre le fascisme, il faut tout de même rappeler quelques vérités.

Depuis 1977, date de son accession aux responsabilités municipales, et même avant, Georges Frêche a monté une grande part de son fonds de commerce politicien sur sa popularité auprès des rapatriés, OAS comprise, et sur la « communauté juive », qui compte d’ailleurs nombre des précédents dans ses rangs. Avec les deux créneaux idéologiques qui en découlaient : une nostalgie puante pour l’Algérie française et le soutien inconditionnel à l’État sioniste.

Deux initiatives récentes témoignent de la fidélité de Georges Frêche à ce double engagement. Non content de faire mettre les drapeaux en berne, chaque année à Montpellier, le jour anniversaire du cessez-le-feu de 1962, notre tartarin antifasciste se glorifie de l’inauguration proche d’un musée sur l’« Histoire de la France en Algérie », en plein centre-ville et, choix hautement symbolique, aménagé dans l’ancien siège de la région militaire.

Va-t-on pouvoir y admirer l’une de ces baignoires ou de ces « gégènes » qui servaient au « renseignement » ? Il est permis d’en douter. Dans cette même bonne ville de Montpellier, dont il célèbre à longueur d’année la « tradition d’ouverture et de tolérance », le premier magistrat a profité des pouvoirs qui lui sont conférés en matière d’« ordre public » pour interdire de stand les missions civiles pour la paix en Palestine lors d’une « foire aux associations ».

Pour nauséabond qu’il soit, le clientélisme réactionnaire de Frêche ne semble cependant pas répugner à José Bové. Comment le leader de la Confédération paysanne, qui s’était attiré les foudres du lobby sioniste lors d’une visite mouvementée en territoire occupé, a-t-il pu, pour manifester son appui au maire de Montpellier dans sa campagne pour les régionales — ce qui confirme l’état avancé de décomposition idéologique de l’altercapitalisme — « faire la bise » en public et devant les photographes de presse à ce répugnant potentat ? Pour le faire, il faudrait au minimum un préservatif sur la tête.

« Le fascisme ne passera pas ! »

Quelle blague ! Quoi qu’en prétende le maire et grâce à lui, il a déjà en partie établi ses quartiers à Montpellier.

Le Marmotton





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