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Nouvelles des fronts

Le jeudi 25 mars 2004.

France : le Medef nuit gravement à la santé, nous le savions, et, depuis quelques jours, les prolos espagnols et français, héritiers de la défunte Seita, fabricante de clopes, en savent quelque chose, tout comme les intermittents et les 264 800 chômeurs qui avec la complicité de la CFDT ont perdu leurs allocs en janvier.

Mais Antoine rêve sans doute d’être un patron british et de pouvoir écrire, après avoir vidé les locaux, sans préavis et autres procédures bureaucratiques, à ses loyaux serviteurs, tout comme à OCT Ltd : « Votre emploi prend fin dès à présent, et vous êtes conséquemment officiellement licencié. » Encore un patron voyou (pléonasme) qui met la clé dans sa poche malgré le dévouement sans faille des salariés qui, tout comme chez Moulinex ou Flodor, toujours naïfs, comprennent mais un peu tard que le renard libre dans le poulailler libre a bouffé les poules avant de se tirer avec la caisse !

À La GIAT où le prolo ne s’est jamais soucié ou si peu de transformer les usines d’armement où il travaillait en industrie de paix, on annonce 3 400 suppressions d’emploi d’ici à 2006. Comment ne pas se réjouir pour une fois de la disparition de boulots de merde dans des usines de merde ! Quant à ceux qui y travaillent ou y travaillaient, on ne peut leur souhaiter qu’une pacifique reconversion.

Allemagne, du côté de la social-démocratie et de son système de cogestion longtemps envié par d’autres naïfs, le torchon brûle, et la toute-puissante DGB (mon oil !) en toute collaboration de classe vient d’accepter le retour aux 40 heures sans paiement des heures sup — au-delà du temps de travail légal — en heures sup. Pour remercier nos collabos, Volkswagen s’apprête à supprimer 5 000 emplois d’ici à la fin 2005, dont 2 500 en Allemagne. Les autres seront répartis équitablement entre les différents sites de production en Europe (Seat et Skoda).

Dans la même foulée, les labos pharmaceutiques néerlandais DSM, bien que ce secteur soit l’un des plus capitalistiquement rentable, va supprimer 500 emplois, peut-être même 900, pour cause de restructuration. Pendant ce temps-là, les pleureuses du Bureau international du travail se lamentent. Elles croyaient en effet, les braves fées, qu’une mondialisation « juste » était possible ; eh bien, pas du tout, et qu’en fait de résultats (on nous prend une fois de plus pour des billes), elle n’a pas répondu aux « aspirations simples et légitimes des femmes et des hommes à un travail décent et à un avenir meilleur pour leurs enfants ». Pire encore, mais qui l’eût cru : la mondialisation « a augmenté la flexibilité du marché du travail et rogné sur la protection des travailleurs ». La bureaucratie syndicale recyclée à l’international mérite vraiment des coups de pied au cul ! Afin de ne pas désespérer Billancourt, une bonne nouvelle, la cour d’appel de Reims vient de condamner l’entreprise Faurecia (équipementier automobile) à payer 600 ans de salaires à 185 employés pour licenciements abusifs. Comme quoi, on peut avoir confiance dans la justice de son pays !

Hugues, groupe Pierre-Besnard


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