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Le Temps des bouchers

Le jeudi 25 mars 2004.

Ça découpe, ça tranche, ça taille, ça déchire, ça désosse, ça enlève des bouts, ça passe le couteau, ça hache, et zou ! il ne reste rien des services sociaux.



Décidément, ce gouvernement veille jalousement à ce que les intérêts privés des nantis ne souffrent d’aucun préjudice. Les législateurs du Sénat et du Parlement ne laissent rien au hasard pour satisfaire leurs désirs et faire en sorte que les actionnaires soient satisfaits.

Les hommes politiques sont des gaveurs qui servent à engraisser, à faire grossir toujours un peu plus le portefeuille des actionnaires et des grandes entreprises.

Les législateurs, les politiciens, les juristes, les ministres et les fonctionnaires mettent leur tête au service du grand capital.

Après s’être attaqué aux retraites, aux chômeurs, au Code du travail, à l’université, à l’Éducation nationale, ils souhaitent supprimer les CCAS (Centres communaux d’action sociale). L’affaire est évoquée en première lecture, le 17 novembre 2003 au Sénat. L’article 100 bis du projet de loi relatif aux responsabilités locales précise que « lorsque la commune renonce à constituer un centre d’action sociale, elle exerce directement les attributions dévolues à celui-ci ».

Cela signifie en clair que la création d’un CCAS dans une commune n’est pas une obligation. Ce gouvernement réactionnaire remet en cause le positionnement stratégique des CCAS, comme outil des politiques sociales et voudrait leur faire réintégrer le giron communal et placer ainsi le CCAS sous la responsabilité directe du maire et du directeur général des services.

Aujourd’hui, les conseils d’administration des CCAS sont composés d’élus, mais aussi de représentants des différentes associations qui œuvrent dans le champ social.

— Ils échappent aux débats et choix politiques élaborés par les conseils municipaux.
— Ils permettent une souplesse d’intervention appréciable auprès des publics les plus démunis.
— Les CCAS gèrent ou peuvent gérer des institutions sociales et médico-sociales (CHRS : centre d’hébergement et de réinsertion sociale), des foyers, des maisons de retraite, des CAT (centre d’aide par le travail), ce que ne peut pas faire une ville.
— Les CCAS sont reconnus pour être de bons instruments de réponse rapide et efficace aux plus démunis.

Si cette loi est votée au Parlement, les maires de plus de 15 000 communes pourront, en fonction de choix politiques, supprimer tout ou partiede ces services sociaux.

Et, pourtant, ne serait-ce pas un juste retour des choses, que cet argent public revienne aux travailleurs et plus particulièrement à ceux qui en ont le plus besoin, plutôt que d’aller grossir les richesses et le portefeuilles des actionnaires ?

Que l’orage me patafiole ! Je suis de plus en plus convaincu qu’à l’égard de toute la question publique, il est urgent que nous ne laissions pas entre les mains d’élus de droite ou de gauche, la gestion de notre quotidien.

Depuis déjà des années, n’ont-ils pas bradé des pans entiers du service public, cette clique de politiciens à la solde des trusts ? Ne leur a-t-on pas offert sur un plateau d’argent les cantines scolaires, les services des eaux, la gestion de certains secteurs des services municipaux comme l’entretien des bâtiments, l’entretien des espaces verts, etc. ? Ils démantèlent les services municipaux « rentables » et, maintenant, ils passent à la vitesse supérieure en voulant supprimer les services sociaux non rentables.

En supprimant les CCAS, vous allez, messieurs les politiciens, faire en sorte que les plus démunis, les plus affaiblis soient encore plus précaires. Vous n’êtes que des prédateurs au service d’un monstre encore plus puissant : le capital.

Vous obligez le peuple à devenir des traînards, des vagabonds, à mendier. Le Marcheur est en mouvement, il est en train de devenir la première force de ce pays. Il est fatigué, écœuré d’être trompé par des grigous sans scrupules. Vous n’êtes plus crédibles, vous avez perdu votre réputation, si toutefois vous en avez jamais eu une, aussi sûrement que l’eau s’écoule d’un vase qui fuit.

Nous n’avons pas d’autre ressource que de vous jeter au Minotaure, sous terre, vous qui nous empoisonnez l’existence.

Nous, les libertaires, ne reconnaissons aucun maître et nous n’aurons de cesse de lutter pour délivrer ceux que vous maintenez en esclavage. Une vie qui a bien tourné ne reconnaît pas la loi.

Justhom, groupe de Rouen


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